FDA III : Définir les priorités de l'intégration régionale, 3-8 mars 2002, Addis Abeba, Ethiopie


CONTEXTE

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FDA III - Définir les priorités de l'intégration régionale



FDA III

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INTRODUCTION

Le troisième Forum pour le développement de l’Afrique (ADF III) est consacré à l’intégration économique. Il s’inscrit dans le droit fil de la décision de créer l’Union africaine prise par le Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement africains tenu en juillet 2001 à Lusaka. Le lancement de l’Union africaine offre une occasion historique d’accélérer l’intégration régionale –tâche d’autant plus urgente pour l’Afrique que l’économie mondiale est en pleine mutation. L’Acte constitutif de l’Union africaine prévoit la création d’une union économique et monétaire dont la responsabilité incombera à toutes les parties prenantes, en particulier les grandes institutions régionales et sous-régionales du continent –l’Organisation de l’Unité africaine (OUA) et les organes qui la remplaceront, la Commission économique pour l’Afrique (CEA) , la Banque africaine de développement (BAD) et les communautés économiques régionales.

L’accélération du développement de l’Afrique passe par l’intégration économique. ADF III réfléchira à l’expérience acquise en matière d’intégration régionale, en Afrique et dans les autres régions du monde. Il identifiera les priorités et les grandes options de nature à accélérer l’intégration du continent et il définira les mesures à prendre sur la voie de l’union économique et monétaire dans un cadre africain. Il rassemblera des acteurs très divers –gouvernements, parlements, milieux d’affaires, finance, syndicats, société civile, organisations internationales et diaspora- qui examineront ces problèmes, affineront les termes des choix qui se présentent et chercheront un consensus sur les mesures à prendre. Exploitant l’élan politique donné par l’entrée en vigueur de l’Union africaine, ADF III cherchera à impulser un processus participatif et inclusif, à accélérer les efforts d’intégration de l’Afrique et à trouver un consensus sur les mesures clés à prendre. Il sera également l’occasion de lancer un processus de suivi systématique des efforts d’intégration en Afrique.

Depuis sa création, il y a deux ans seulement, ADF a eu un impact significatif. Il s’est taillé une réputation d’efficacité car il permet de mener un dialogue approfondi et de rechercher un consensus sur des problèmes de développement urgents pour l’Afrique, ainsi que de définir des priorités et des stratégies d’application, au niveau national, au niveau régional et au niveau sous-régional. ADF 99 avait réfléchi aux moyens de faire entrer l'Afrique dans l'ère de l'information et ADF 2000 aux mesures que devaient prendre les dirigeants pour juguler le VIH/SIDA.

ADF III s'articulera autour de cinq modules thématiques: "Politiques économiques propres à accélérer l’intégration régionale"; "L'intégration physique par le développement des infrastructures"; "Solutions régionales à des problèmes régionaux"; "Arrangements et capacités institutionnels "; "Architecture de paix et de sécurité".

CONTEXTE

Dans le monde entier le mouvement vers l’intégration régionale est en plein essor, sous la pression des trois superpuissances économiques que sont les États-Unis, l’Union européenne et le Japon. La mondialisation a sonné le glas du nationalisme économique et l’on recense de par le monde plusieurs expériences d’intégration régionale. Leur principal enseignement est toujours que l’intégration régionale est avant tout un processus politique qui part du principe que les intérêts souverains sont mieux défendus par une action régionale. Une ferme volonté politique est donc la condition première de l’intégration régionale.

Le panafricanisme instauré par Kwame Nkrumah ainsi que d’autres grands dirigeants politiques et penseurs de l’indépendance a fait naître une forte volonté d’unité, véritablement ancrée dans la tradition politique du continent. Ces quarante dernières années, les tentatives de promouvoir l’intégration politique et économique du continent n’ont certes pas manqué mais, si quelques réussites ont été enregistrées dans le domaine de la coopération et de l’intégration sous-régionales, les efforts d’intégration à l’échelle de l’Afrique toute entière n’ont encore guère donné de résultats concrets. Pour ce qui est de l’avenir, les circonstances particulières du continent rendent l’intégration régionale particulièrement difficile dans le contexte de mondialisation. L’Afrique a des niveaux de pauvreté extrêmes. Sa part dans le commerce mondial est dérisoire. Son capital humain et ses infrastructures sont les moins développés du monde.

En juillet 2000, les dirigeants africains se sont engagés à créer l’Union africaine et à transformer l’OUA en Commission de l’Union africaine. Ce projet politique a une composante économique majeure, comme en témoigne l’engagement de créer une union politique et monétaire. L’avènement de l’Union africaine offre également une occasion de raffermir la volonté politique en faveur de l’unité africaine et il place l’intégration régionale au coeur de l’agenda de développement du continent. Les dirigeants africains, à tous les niveaux, sont désormais obligés de réfléchir aux moyens de transformer les processus actuels d’intégration, qui sont importants mais limités, en des instruments plus ambitieux et plus efficaces pour l’unification économique et politique de tout le continent.

Pour accélérer l’intégration régionale de l’Afrique, il faut bien comprendre les nuances qui distinguent les processus d’intégration des différentes régions, de même que les caractéristiques de l’Afrique. Il convient à cet égard de garder un certain nombre de choses à l’esprit. L’intégration régionale de l’Afrique sera nécessairement différente de celle de l’Europe, des Amériques ou de l’Asie de l’Est. Il s’agira de l’intégration « Sud-Sud » d’économies peu industrialisées, généralement tributaires de l’agriculture et dont le commerce intrarégional est négligeable. Le rôle des pays les plus puissants du continent doit être analysé avec soin. Il ressort des exemples d’intégration régionale réussie que des Etats économiquement puissants en sont toujours le moteur. Les relations entre les grandes économies africaines et leurs voisins moins nantis seront donc un élément crucial pour l'élaboration et la réussite des programmes d'intégration régionale. Enfin, puisque les communautés économiques régionales sont la réalité économique d’aujourd’hui, l’un des grands problèmes sera de savoir comment harmoniser leur configuration pour les rendre mieux à même de jouer leur rôle de piliers de l'union continentale en gestation.

La rapidité de l’intégration est un facteur clé. A ce jour, l’intégration de l’Afrique a été lente. Les réussites enregistrées dans le domaine de l’intégration sous-régionale et les perspectives d’avenir en la matière doivent faire l’objet d’une évaluation critique. La régionalisation de l’Afrique doit en outre être considérée comme une étape de l'intégration dans une économie mondialisée. Néanmoins, si elle est porteuse d'immenses opportunités, une telle mutation n'en risque pas moins de créer des laissés-pour-compte. Parce que le processus d’intégration pèsera sur d’importants secteurs économiques, il faudra des institutions et des mécanismes pour éviter qu'il ne fasse des laissés-pour-compte.

Jusqu'à présent, les institutions en place n’ont guère permis de réaliser les objectifs d’intégration souhaités et le processus a été miné par une instabilité politique endémique et des conflits persistants. Or, l’histoire de l’intégration va de pair avec l’instauration d’institutions multinationales fortes. Pratiquement toutes les grandes questions que l’Afrique doit résoudre - et plus particulièrement celles du commerce et de l’investissement au niveau régional - supposent des organisations régionales et sous-régionales plus fortes et plus viables financièrement. En outre, pour participer et contribuer à l’économie mondiale, il faut absolument des connaissances et des compétences spécialisées.

Mais surtout, l’intégration est un projet politique tout autant qu’économique, qui ne peut aboutir que si les incitations, les mécanismes et les moyens politiques sont en place. Cependant, jusqu’à présent, le débat sur la façon dont l’Afrique peut parvenir à l’union s’est essentiellement déroulé dans le cadre intergouvernemental, sous la médiation de l’Organisation de l’unité africaine (OUA). Ce problème a été souligné à une réunion organisée récemment par l’OUA afin d’élargir la participation de la société civile à l’instauration de l’Union africaine. Il a également été évoqué au Sommet de l’OUA tenu à Lusaka. La réussite de l’intégration passe obligatoirement par la participation de toutes les composantes de la société civile, y compris le secteur privé.

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3 - 8 mars 2002, Addis-Abeba, Ethiopie

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Dernière mise à jour: February 11, 2002 10:44
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