LE SECTEUR PRIVE
SE MOBILISE POUR AMELIORER LE MILIEU DES AFFAIRES
Doua Gouly,
FDA info, 3ème numéro,
mercredi 6 mars 2002 [sommaire]
Tracasserie policière et douanière sur les routes; Coût des facteurs
de production très élevé; Mauvaise gestion des gouvernements…
La liste des critiques des représentants du secteur privé est
longue, et mardi, à la réunion de groupe restreint qui les a réunis
sur le thème «quel secteur privé dans une Afrique intégrée?»,
dans le cadre du FDA III, ils n’y sont pas allés avec le dos de
la cuillère pour fustiger les raisons de l’inexistence d’un secteur
privé fort en Afrique.
M. Bamaga Toko, Président de la Table Ronde des hommes d’affaires
de l’Afrique de l’Est, qui a dirigé cette réunion de groupe, a
promis que les résolutions de celles- ci seront versées aux recommandations
du FDA III.
Les participants ne se sont pas contentés d’émettre des critiques.
Ils ont par la même occasion fait des propositions qui doivent
assurer, selon eux, l’intégration régionale africaine. Mais ils
ont estimé que les critiques formulées étaient nécessaires pour
permettre à l’Afrique d’atteindre son but d’intégration, de participation
et de coopération.
C’est le représentant de l’Union monétaire et économique ouest-
africaine (UMEOA) qui a ouvert le bal. Pour lui, le secteur privé
a besoin d’un environnement stable du point de vue politique et
économique. «Il n’y a pas de secteur privé fort sans États forts»,
a- t- il dit.
M. Asrat Beguala du réseau des entreprises de l’Afrique de l’Est
estime pour sa part que les dirigeants africains doivent songer
à faire des études approfondies pour assurer l’avenir du secteur
privé. «Les clichés classiques des pays d’Asie cités régulièrement
en exemple par nos dirigeants, a- t- il expliqué, ne sont pas
adaptés à notre situation. Ils ne peuvent pas transformer nos
sociétés».
Le Zimbabwéen Thomas Kamwendo, de la Chambre de commerce et d’industrie,
a dénoncé les difficultés des hommes d’affaires sur la route qui
relie son pays à la Zambie. «Ce n’est pas normal que l’on perde
jusqu’à quatre jours à la frontière de deux pays, dans une Afrique
où l’on parle d’intégration. Les gouvernants doivent faire respecter
les résolutions de l’Organisation mondiale du commerce en matière
de protection des hommes d’affaires», a- t- il préconisé.
Même réaction avec M. Belkacem Boutayeb du Maghreb Inn Communication
Développement du Maroc, pour qui la mondialisation est aux portes
de l’Afrique. «Par conséquent, dit- il, nos gouvernements doivent
résoudre le plus rapidement possible les problèmes de visas qui
sont d’une autre époque». Selon lui, le continent dispose de grandes
richesses naturelles, économiques et humaines. Il suffit que les
gouvernants s’astreignent à appliquer les différents accords de
coopération bilatérale qu’ils ont signés, et dont la mise en oeuvre
a été repoussée par leur seul manque de volonté politique.
Doua Gouly,
FDA info, 3ème numéro,
mercredi 6 mars 2002 [sommaire]