LES PARTICIPANTS DISCUTENT DES ENJEUX DE L'INTEGRATION DES ECONOMIES AFRICAINES


Bernard Otabil, FDA info, 3ème numéro, mercredi 6 mars 2002 [sommaire]


Les participants à la troisième séance plénière du Forum pour le développement de l’Afrique (FDA III), séance qui portait sur l’évaluation de l’intégration régionale en Afrique, ont estimé qu’il faudra prendre davantage de mesures concrètes pour que l’intégration devienne réalité.

La séance plénière était présidée par Ahmedou Ould- Abdallah, Secrétaire exécutif de la Coalition mondiale pour l’Afrique. Yusif Suliman, Directeur de la Division de la coopération et de l’intégration régionales (DCIR) de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et Alan Gelb, économiste en chef, Région Afrique, Banque mondiale, sont également intervenus dans les débats.

Ould- Abdallah a exhorté les parties prenantes africaines à s’investir davantage dans la réalisation de l’intégration économique régionale, tout en soulignant que l’obligation de rendre compte de ses actes à l’échelon national et régional pourrait jouer un rôle décisif dans cette entreprise.

Intervenant à son tour, Yousif Suliman a appelé l’attention des participants sur la complexité de l’intégration régionale, avant d’envisager avec beaucoup d’optimisme la réalisation de l’intégration économique, pour autant que l’approche que l’on adopte pour ce faire soit rigoureuse, contraignante et pertinente.

Au cours de la séance, les conclu sions du projet de recherche de la Commission économique pour l’Afrique qui a duré deux ans, contenues dans le «premier rapport annuel sur l’intégration régionale en Afrique (ARIA)», ont été examinées. Nombre de participants ont jugé les informations contenues dans le rapport très utiles, d’une part, pour les débats sur le projet d’intégration économique régionale en Afrique, d’autre part, pour l’intelligence des efforts et des progrès en cours dans ce domaine.

«Le problème, c’est qu’évidemment, à l’étape actuelle, il y a de nombreuses initiatives que nous devons coordonner. À mon avis, quelque chose de très important s’est passé aujourd’hui: je veux parler des discussions que nous avons eues sur l’aperçu du premier rapport annuel sur l’intégration régionale en Afrique» a déclaré Dr Van Langenhove, Directeur des études comparatives sur l’intégration régionale (CRIS) à l’Université des Nations Unies, dans un entretien à l’issue de la séance.

Dans son intervention, Lucy Kwakye de la Fédération africaine des femmes entrepreneurs a fait part des frustrations que subissent parfois les femmes entrepreneurs à des points d’entrée de certains pays africains. À ses yeux, il ne suffit visiblement pas d’avoir un passeport, certains agents des services d’immigration et de douane exigeant «quelque chose de plus» avant d’autoriser l’entrée dans un pays. Dans un entretien à l’issue de la séance, Alan Gelb de la Banque mondiale a souligné qu’ARIA venait à point nommé «comme en témoigne le mouvement d’enthousiasme croissant en faveur de l’intégration régionale et du Noveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), dont l’intégration et la coopération régionale constituent l’un des volets essentiels».

«Ce genre de rapport sera vraisemblablement utile pour suivre la mise en oeuvre du NEPAD. Je pense que la publication de ce document est une coïncidence heureuse» a- t- il souligné.

«L’intégration est une bonne chose pour l’Afrique. Je pense que c’est une mesure décisive qui permettra de positionner l’Afrique à un niveau important du commerce international et sur la scène économique mondiale. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, nous avons trois nouveaux blocs, et dans ce contexte, il y va de l’intérêt bien compris de l’Afrique de réaliser son intégration économique», a conclu Dr Langenhove.


Bernard Otabil, FDA info, 3ème numéro, mercredi 6 mars 2002 [sommaire]

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