FAIRE FACE AU PROBLEME DES INFRASTRUCTURES EST ESSENTIEL POUR REALISER L'INTEGRATION REGIONALE


Adwoa Asiedu, FDA info, 4ème numéro, jeudi 7 mars 2002 [sommaire]


La pauvreté des infrastructures en Afrique compromet la capacité du continent à entrer en compétition sur le marché mondial, a déclaré l’un des intervenants de la séance plenière de mercredi, centrée sur le thème «intégration physique par le développement des infrastructures».

L’intervenant, Kenneth Button de l’Université George Mason aux ÉtatsUnis, a expliqué qu’il existait plusieurs causes à cette situation.

«Les problèmes ne sont certainement pas seulement dûs à un manque d’investissements, mais traduisent aussi souvent, le peu d’infrastructures existantes», a- t- il déclaré, notant qu’ «à l’intérieur de ce cadre général, il y a de grandes variations d’un pays et d’une région à l’autre, mais aussi entre les régions rurales et urbaines».

Les infrastructures, a- t- il expliqué, sont habituellement présentées en fonction de leurs caractéristiques: leur longévité, leur capacité ou non à réaliser des économies d’échelle, les coûts d’investissement.

Button a indiqué que les problèmes cruciaux des politiques d’infrastructure dans le secteur des transports, un des points essentiels des discussions de mercredi, ont trait à la levée des obstacles au commerce transfrontalier.

«Les efforts déployés pour supprimer les problèmes transfrontaliers ont permis de dégager trois éléments clef: l’interopérabilité, l’interconnectivité et l’intermodalité. Ces concepts sont liés et multidimensionnels, et englobent tant des considérations institutionelles que techniques».

Il a demandé que l’accent mis sur les infrastructures soit tempéré par des considérations telles que l’articulation entre interconnectivité, interoperabilité et intermodalité avec les autres politiques de transport.

Un autre intervenant, G. Giorgis, Directeur du département Afrique australe à la Banque africaine de développement, a parlé tant des conséquences du retard dans le développement des infrastructures que des faiblesses de la compétitivité, du développement et de l’intégration du marché, de la croissance économique, enfin d’un accroissement de la pauvreté et des inégalités.

Giorgis a rappelé l’existence de ressources énergétiques en Afrique. Il a parlé de leur distribution, des grandes disparités, des obstacles au développement du secteur énergétique et des initiatives potentielles régionales dans le secteur de l’énergie. Il a également exposé l’état des ressources énergétiques en Afrique et a donné un aperçu du secteur des technologies de l’information et des communications.

Giorgis a observé que dans l’intégration régionale et dans les intiatives régionales pour le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC), la connectivité et l’interconnectivité sont les principaux obstacles à la diffusion des TIC sur le continent. Il a ajouté que le développement rapide du secteur permettrait à l’Afrique de combler son retard sur le reste du monde, d’augmenter les échanges grâce au commerce électronique et d’améliorer la securité et la gestion des catastrophes.

Alhaji B. Mohammed Tukur, un entrepreneur africain de renom, a insisté sur le fait que le secteur privé ne pourrait pas tirer avantage des opportunités de vastes investissements dans les sousregions sans une infrastructure adéquate pour faciliter la circulation des personnes, des biens et des services.

Une autre participante, Maryvonne Plessis- Fraissard, Directrice pour l’Afrique, section des transports, à la Banque mondiale, a mis en exergue l’importance de consultations en partenariats et a réitéré l’attention que la Banque mondiale va porter a l’intégration de l’Afrique.

Elle a indiqué que la Banque mondiale a commencé à s’en préoccuper, avec pour but une coordination avec la Banque africaine de développement et d’autres partenaires.

La session était dirigée par Abdel Aouad, le Ministre marocain du plan et de la prévision économique.


Adwoa Asiedu, FDA info, 4ème numéro, jeudi 7 mars 2002 [sommaire]

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