LE SECTEUR PRIVE SUR LE PODIUM DU FDA III


Jérémie Sindayirwayna, FDA info, 4ème numéro, jeudi 7 mars 2002 [sommaire]


L’Afrique doit créer des emplois et de la richesse, mais nos gouvernements ont prouvé leurs limites en la matière.

Depuis l’ouverture du Troisième Forum pour le développement de l’Afrique (FDA III), tout le monde s’accorde à reconnaître que le secteur privé est le moteur de la création de richesse et d’emplois.

Les 64 participants au groupe de discussion thématique sur l’investissement régional sont venus à Addis- Abeba pour réclamer plus de carburants et d’huile pour ce moteur, c’est- à- dire des moyens financiers pour les multiples entrepreneurs africains, et la possibilité de bénéficier d’une formation permanente à l’entreprenariat.

Les participants ont notamment exprimé les commentaires suivants:

«Notre secteur privé est constitué de petites et moyennes entreprises avec de faibles capitaux. Le défi actuel est de travailler avec cette masse critique d’entrepreneurs, femmes d’affaires, artisans, jeunes diplômés, etc».

«Nos États ont besoin d’impôts, mais trop d’impôts assèchent la source de revenus pour nos pays».

Des participants ont souligné que l’Afrique compte des économies dynamiques comme l’Afrique du Sud, l’Île Maurice et la Tunisie. Mais leur expansion est endiguée par les obstacles qui subsistent toujours à la libre circulation des biens et des personnes. En Afrique, faire circuler des biens d’un pays à l’autre, passer des frontières reste un problème, alors même que les consommateurs africains au faible pouvoir d’achat peinent à se procurer les biens en provenance d’autres continents. A titre indicatif, les 53 pays membres de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), soit 800 000 000 d’habitants, ont un PIB égal à celui de l’Espagne.

L’Afrique n’est pas le seul continent à souffrir de la pauvreté, même si les formes qu’y prennent la pauvreté sont spécifiques. Pour sortir de la crise d’après- guerre, l’Europe a bénéficié du plan Marshall et a négocié en bloc une aide financière. Mais nous, en Afrique, négocions en ordre dispersé. D’où l’intérêt de promouvoir l’intégration régionale.

Selon le représentant de l’Île Maurice, l’intégration n’est une fin en soi mais une stratégie d’organisation pour accroître les possibilités des entrepreneurs.

En ce sens, le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) fournira un bon cadre pour la mobilisation de ressources externes.

L’Afrique a besoin de concevoir son modèle de développement. Un témoignage d’un banquier du Maroc résume bien la problématique: selon lui, les Africains n’ont pas confiance en leur continent mais demandent aux autres d’y croire.

Les investisseurs vont partout où il y a possibilité de réaliser des profits. C’est pourquoi l’Amérique investit en Chine, malgré le discours sur le non respect des droits humains. En Afrique aussi, il y a des réussites. La responsable de CNN en Afrique, Dr Erika Bennet compte le prouver aux investisseurs à travers une série de reportages.

Les représentants du secteur privé ont beaucoup décrié la perte de temps observée au FDA III. La bonne gestion du temps: voilà un autre défi à relever avant même l’Union africaine.


Jérémie Sindayirwayna, FDA info, 4ème numéro, jeudi 7 mars 2002 [sommaire]

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