Monsieur le Premier
Ministre,
Monsieur le Secrétaire général de l'OUA,
Monsieur le Vice-Président de la Banque africaine de développement,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les délégués venus
de tout le continent,
Mesdames et Messieurs les invités et participants venus
d'ailleurs,
Mesdames et Messieurs les représentants de la société
civile et des milieux d'affaires,
Mesdames, Messieurs,
C'est un privilège exceptionnel de pouvoir accueillir
autant d'éminentes personnalités à une seule
et même rencontre. Le grand nombre de ministres des affaires
étrangères, de ministres des transports, d'autres
ministres et de gouverneurs de banque centrale ici présents
montre clairement que les gouvernements africains sont conscients
des grands enjeux inhérents aux questions dont nous allons
débattre.
J'ai également grand plaisir à souhaiter la bienvenue
à de nombreux autres participants de marque, en commençant
par le Premier Ministre du Gouvernement hôte, qui perpétue
avec un dévouement et une perspicacité rares le
rôle historique de son pays en faveur de l'unité
du continent.
C'est avec plaisir que je souhaite la bienvenue au Secrétaire
général de l'OUA, Amara Essy. Ses conseils et sa
collaboration ont été précieux pour la tenue
de ce Forum.
Je souhaite également la bienvenue à Cyril Enweze
qui, Omar Kabbaj ayant été retenu à Abidjan
à la dernière minute, a bien voulu représenter
la Banque africaine de développement (BAD).
L'OUA et la BAD sont d'importants chefs de file qui sont à
l'origine de toutes sortes d'actions qui permettront de regrouper
le continent.
Je souhaite très chaleureusement la bienvenue à
deux des personnalités africaines les plus respectées:
Adebayo Adedeji, auteur de tant de réalisations en matière
de développement régional, et Salim Ahmed Salim,
qui a une réputation exceptionnelle, notamment en matière
de consolidation de la paix et de coopération politique.
Leurs contributions au service de tous les Africains subsisteront
longtemps et aujourd'hui, leur sagesse est à nouveau sollicitée.
Je souhaite la bienvenue aux chefs des institutions sous-régionales,
qui sont si souvent à la pointe de l'intégration
régionale. C'est avec grand plaisir que je salue
M. Ibin Chambas, le nouveau Secrétaire exécutif
de la CEDEAO.
Je voudrais également souhaiter la bienvenue à
nos nombreux partenaires au développement. C'est avec gratitude
que je souhaite la bienvenue aux représentants des Gouvernements
néerlandais, suédois, norvégien et belge,
ainsi qu'au représentant de la Commission européenne.
Leur appui généreux a rendu possible la tenue de
ce Forum.
Enfin, je souhaite tout particulièrement la bienvenue
à la société civile, dont la représentation,
d'une merveilleuse diversité, englobe les milieux d'affaires,
les média, la diaspora et les milieux universitaires. Vos
voix sont capitales à chaque grande étape de l'unification
de l'Afrique.
Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames, Messieurs les Ministres,
Le troisième Forum de la CEA pour le développement
de l'Afrique s'ouvre aujourd'hui. Il réunit régulièrement
des responsables et des dirigeants de toutes les franges de la
société africaine pour qu'ils réfléchissent
ensemble aux problèmes les plus graves du continent, soient
informés des meilleures pratiques, envisagent les possibilités
de progrès et donnent une impulsion à l'action menée
dans l'intérêt de tous.
La première édition du FDA avait pour thème
le recours aux technologies de l'information et de la communication
pour sauter certaines étapes du développement. Elle
a abouti à de nombreuses actions du secteur public et du
secteur privé, tendant à accélérer
la révolution de l'information en Afrique.
La deuxième édition du FDA a porté sur le
VIH/SIDA. Nous y avons souligné à quel point il
est important d'avoir, à tous les niveaux, des dirigeants
déterminés à enrayer la propagation du VIH/SIDA
et à fournir aux victimes de la pandémie les soins
requis. Le Directeur exécutif de l'ONUSIDA, Peter Piot,
un homme très estimé, a déclaré que
cet événement avait été une étape
décisive. Tous ceux qui ont participé au FDA II
se rappelleront qu'on y avait chanté. Ils se souviennent
notamment du chant entonné par Kenneth Kaunda pour nous
encourager à montrer la voie à tous les niveaux.
Ils se rappellent aussi que c'est en chantant que nous avions
souhaité un joyeux anniversaire à Charlotte Mjele,
jeune Sud-africaine de 22 ans vivant avec le VIH.
Des activités de suivi du FDA II ont eu lieu à
plusieurs niveaux. Après le FDA, les efforts visant à
créer un Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose
et le paludisme se sont unifiés et ont fini par aboutir.
L'Union africaine se joindra à nous pour produire un rapport
annuel sur le respect par les Etats africains de leurs engagements
concernant le VIH/SIDA. Ce rapport sera présenté
au Sommet annuel de l'Union africaine. Nous intégrons la
lutte contre le VIH/SIDA dans toute les activités de la
CEA. Nous proposons des liaisons électroniques avec les
ministres africains de la santé, afin qu'un dialogue puisse
se tenir avec eux sur le VIH/SIDA. Des organisations sous-régionales
jouent un rôle plus actif dans le suivi de la lutte contre
l'épidémie. Bref, beaucoup a été fait,
mais il reste encore beaucoup plus à faire.
Cette troisième édition du FDA a également
porté sur une question fondamentale d'une grande complexité
et dont les enjeux sont considérables pour notre avenir
politique et économique. Il s'agit de l'intégration
économique et politique du continent africain.
Dès sa création, la CEA a encouragé l'intégration
régionale. Le panafricanisme a été débattu
ici même. C'est nous qui avons proposé et préconisé
la création de la Banque africaine de développement.
A l'époque où l'intégration régionale
ne progressait pas, Adebayo Adedeji et d'autres figures de proue
ont encouragé, avec beaucoup de créativité,
la mise en place des principales communautés économiques
sous-régionales. Depuis lors, la CEA a aidé nombre
de ces groupements à renforcer leurs moyens et elle a mené
de nombreuses activités conjointes avec eux.
Comme nous le verrons au cours de ce Forum, nous avons obtenu
de nombreux résultats. Mais, nous savons également
que, pour une large mesure, nos espoirs d'intégration régionale
les plus chers ont été déçus.
Maintenant, le FDA doit faire le point, dresser le bilan de
nos meilleures expériences, cerner les embûches à
venir et déterminer les étapes à franchir
pour réaliser notre nouveau rêve. Mais il faut être
franc sur des craintes généralement inexprimées:
la perte potentielle de souveraineté, les possibilités
de développement et les recettes fiscales. Ce sont des
facteurs réels et il ne faut pas les occulter.
Nous voici rassemblés après d'intenses préparations.
Une consultation a eu lieu avec le réseau de la recherche
africaine et des centres universitaires. Des documents de travail
seront présentés à l'occasion des séances
en groupe. Les ministres africains des transports tiendront leur
réunion parallèlement et enrichiront nos débats
de leurs importantes recommandations. Des groupes de discussion
représentant d'importants secteurs de la société
africaine se réuniront également et nous feront
part de leurs recommandations. En un mot, un ambitieux programme,
digne de l'importance du sujet qui nous préoccupe, a été
élaboré pour ce Forum. La contribution de tous est
nécessaire pour en assurer le succès.
Il est de tradition, dans mon pays, de souhaiter la bienvenue
aux invités en leur offrant au moins un verre d'eau et
de les laisser s'exprimer en premier. C'est dans cet esprit que
j'invite les éminentes personnalités à prendre
la parole. Je vous ferai part de mes observations ensuite.
*******
Excellence, Monsieur le Premier Ministre, Meles Zenawi,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Chers amis,
Lorsque nous avons commencé à préparer
ce Forum il y a 18 mois, nous étions motivés par
le désir d'accélérer l'intégration
régionale et de voir l'Afrique s'adapter plus efficacement
à la mondialisation.
Nous n'avions pas prévu - et pour cause- que plusieurs
initiatives politiques seraient prises, donnant ainsi à
notre Forum un intérêt considérable.
La première initiative est venue de l'Afrique du Sud,
du Nigéria, de l'Algérie, du Sénégal
et de l'Egypte qui, ensemble, ont impulsé l'élaboration
du Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique
(NEPAD). La CEA a, pour sa part, proposé un modèle
pour transformer le partenariat de la coopération pour
le développement. Ses idées s'harmonisent parfaitement
avec les principes contenus dans le NEPAD.
Au même moment, dans un tourbillon d'activités
politiques, la création de la très ambitieuse Union
africaine a été approuvée.
Parallèlement, dans le domaine du commerce, de nouvelles
possibilités et de nouveaux défis sont apparus à
la suite d'initiatives venues d'Europe, d'Amérique et de
l'OMC.
Les dirigeants africains qui, hier, souhaitaient ardemment l'unité
de l'Afrique, seraient un peu jaloux de nous voir réunis
à un tel Forum. Nous sommes maintenant face à de
vrais choix. Les enjeux sont considérables et des décisions
cruciales devront être prises dans les prochains mois.
Ces décisions ne sont pas faciles à prendre car
il n'y a pas de mode d'emploi en matière d'intégration
régionale. Les expériences menées sur d'autres
continents montrent que, pour réussir, les initiatives
régionales doivent être conçues en tenant
compte des caractéristiques de l'environnement politique
et économique.
Les questions posées figurent parmi les plus complexes
qu'on puisse imaginer. Elles réclameront de la part des
dirigeants une réflexion très approfondie et un
courage politique hors du commun.
Ces questions sont si complexes que la CEA met sur pied un mécanisme,
spécialement conçu pour permettre aux acteurs nationaux
et régionaux de suivre les progrès des efforts entrepris,
en Afrique, dans le domaine de l'intégration. Demain, un
exposé sera consacré au nouveau Rapport annuel de
la CEA sur l'intégration en Afrique, que nous appelons
par son acronyme, ARIA. Vous avez certainement reçu une
copie de la synthèse de ce rapport. Le premier ARIA passera
en revue les réalisations accomplies et les défis
qui se posent sur la voie de l'intégration.
Lors des discussions qui auront lieu au cours des prochains jours,
vous aurez l'occasion de partager vos préoccupations ainsi
que vos idées sur les orientations à prendre pour
renforcer l'intégration en Afrique. Permettez-moi de partager
avec vous les questions qui me préoccupent à cet
égard.
Premièrement, je crois que nous devons nous assurer que
notre intégration économique stimule l'entreprise
à tous les niveaux. Nous voulons appuyer le secteur informel.
Nous voulons que nos PME se développent. Nous voulons réduire
et éliminer la corruption commerciale. Nous voulons promouvoir
le commerce et favoriser l'investissement des grandes entreprises
locales et internationales qui rechercheraient des économies
d'échelle au niveau sous-régional et régional.
Si, par exemple nous créons des systèmes internationaux
de transport, d'énergie et de communications qui contournent
de vastes zones habitées par des populations pauvres, notre
développement sera déséquilibré. A
cet égard, je suis heureux de la présence de nos
ministres des transports qui nous aideront à réfléchir
sur ce type de questions.
Ce que je veux dire par là c'est que, sur des questions
très variées se rapportant toutes à l'intégration,
nous devrions toujours rechercher un développement équilibré
et équitable.
Deuxièmement, nous devons être plus performants
dans la création de biens collectifs régionaux.
Il existe un certain nombre de biens collectifs qu'il convient
de promouvoir par l'intégration:
· Par-dessus tout, il y a la paix et la sécurité,
sans lesquelles on ne saurait fixer d'objectifs sociaux ou économiques.
C'est là l'un des thèmes majeurs du Forum.
· En ce qui concerne le développement social, la
création de biens collectifs réclame souvent la
mise en place d'approches coordonnées. Faire reculer le
VIH/SIDA est un défi; la sécurité alimentaire
en est un autre.
· Les défis qui se posent à tous dans le
domaine de l'environnement ignorent les frontières et nécessitent
la mise en place d'approches coordonnées.
· Une autre question me tient particulièrement
à cur. Nous devrions encourager les connaissances
et la recherche scientifiques dans tous les domaines et les hisser
au rang de bien collectif. On peut citer notamment les analyses
et études requises pour définir les méthodes
propres à accélérer le développement.
Pour mener une action cohérente, il faut s'appuyer sur
des analyses judicieuses et, donc, sur des universités
et des groupes de réflexion efficaces.
Troisièmement, nous avons besoin de trouver les méthodes
les plus probantes dans le domaine de la régionalisation.
J'ai souligné au début de cette séance que
les Communautés économiques régionales, ou
CER, avaient été créées quand il est
apparu clairement que la concrétisation de la vision plus
large de l'intégration régionale était en
retard.
Les CER ont été créées pour servir
de tremplin à l'intégration régionale. Il
en existe aujourd'hui 13 qui couvrent un large éventail
de fonctions et de projets. En fait, les pièces de ce puzzle
ne s'emboîtent pas de façon très harmonieuse.
C'est peut être la raison pour laquelle la plupart des pays
africains sont membres de plus d'une CER. Ils sont 27 à
appartenir à deux CER, 18 à être membre de
trois entités et un à faire partie de quatre Communautés.
De plus, on compte un très grand nombre de centres régionaux
de prospective et de formation qui s'intéressent à
l'intégration. Nos dirigeants souhaitent maintenant mettre
en place un certain nombre de nouvelles institutions régionales.
Il ressort clairement de l'expérience, en Afrique et ailleurs,
que les organisations sous-régionales et régionales
sont nécessaires et utiles, si elles agissent de façon
complémentaire.
D'une façon générale, le système
actuel est trop complexe. Il y a trop de doubles emplois et il
exige une énergie politique et des moyens financiers trop
importants par rapport aux résultats enregistrés.
Il faut donc rationaliser ce système comme le recommande
ARIA. Vous admettrez avec moi qu'il ne sera possible de rationaliser
les activités de cette pléthore d'institutions chargées
de l'intégration que si la volonté politique est
là. Comment faire pour que, sur le plan politique, on admette
que la création d'une Union africaine ambitieuse doit aller
de pair avec des mesures visant à rationaliser et à
économiser dans d'autres secteurs ?
Si un accord intervient en ce qui concerne l'ampleur des plans
d'intégration et sur l'architecture globale de l'intégration,
se pose la quatrième question qui me préoccupe:
quel sera le rythme de l'intégration ?
A ce jour, l'intégration régionale a évolué
de façon ponctuelle. Le rythme de celle-ci a été
délibérément fixé et il a parfois
été désespérément lent. Nous
passons aujourd'hui la vitesse supérieure. Nos dirigeants
politiques veulent que les institutions se développent
et que l'action suive très rapidement. Il faudra donc faire
les choix nécessaires et les assortir de calendriers d'action
précis. Les prochaines mesures importantes qu'il faudra
prendre, pour mettre en uvre l'Union africaine, pourraient
bien être arrêtées à la fois en raison
de leur urgence et parce qu'elles peuvent être fermement
mises en application. Ainsi, chaque pierre posée redonnera
confiance pour aborder les tâches suivantes.
Nous devons trouver des moyens d'accélérer le processus
d'intégration. Nous pouvons par exemple identifier et utiliser
les meilleures expériences, d'Afrique et d'ailleurs, pour
inspirer nos choix et nos décisions.
A cet égard, nous devrions être ambitieux mais rester
réalistes.
Le contenu, l'architecture et le rythme définiront alors
le cinquième point de mon ordre du jour, à savoir
la finance. Les nouvelles institutions régionales devront
payer leur personnel et assurer leur fonctionnement. Comme le
montrera notre Rapport annuel sur l'intégration en Afrique
(ARIA), beaucoup de nos organisations régionales existantes
ont, même maintenant, des difficultés à financer
leurs programmes. Leurs budgets sont modestes au regard de leurs
mandats. Il est même devenu difficile de mobiliser des ressources
pour couvrir ces budgets. Le taux de mobilisation de ressources
du COMESA et de la CEMAC, par exemple, est passé de 100
pour cent en 1993 à légèrement plus de 50
pour cent en 1998. Cela a entraîné le recours au
financement extérieur et la dépendance à
l'égard des bailleurs de fonds extérieurs.
Notre objectif ne devrait pas se limiter au paiement des factures
obligatoires, mais plutôt de créer des institutions
véritablement robustes et suffisamment solides pour générer
des avantages substantiels pour tous les membres.
J'ai été séduit par la justification donnée
par nos collègues du COMESA dans la présentation
de leur budget il y a quelques jours. Le Secrétaire Général
Mwencha a dit que l'absence d'actions appropriées pour
le maintien de la paix et pour l'intégration, qui, ensemble,
pourraient coûter tout au plus 1 milliard de dollars, signifiait
que les pays de sa région avaient perdu, l'année
dernière, en termes de PIB, plus de 13 milliards de dollars
du fait des seuls conflits.
En d'autres termes, nous devons trouver une nouvelle méthode
pour conceptualiser et financer l'intégration régionale,
qui prenne en compte, non seulement ce que nous devons payer pour
l'intégration, mais aussi ce que nous payons réellement
lorsque nous ne faisons rien pour réaliser une intégration
politique et économique effective.
J'en viens à mon dernier point : quelles que soient les
actions que nous menons, nous ne pouvons le faire tout seuls.
Pour que l'intégration soit réussie, il nous faut
trouver les moyens d'arriver à réaliser un véritable
consensus politique au sein de toutes les catégories sociales,
afin qu'une nouvelle solidarité régionale naisse
et se perpétue, tant dans l'esprit des gens qu'au sein
d'institutions viables.
Maintenant, Il va sans dire que les politiques nationales ne
peuvent être durables que si le plus grand nombre possible
participe à leur définition et à leur mise
en uvre. Nous commençons à peine à
comprendre la dynamique au niveau supranational. On peut dire
sans risque de se tromper que le processus d'intégration
a été jusqu'ici l'affaire exclusive des Etats.
Le Parlement africain nous permettra, sans doute, de parvenir
à un consensus plus large. Mais l'on ne saurait trop compter
sur un seul mécanisme pour une tâche aussi cruciale.
Au niveau national, il faudra que les Etats engagent un débat
avec la société civile et le monde des affaires
sur l'élaboration des politiques, notamment les mesures
qui doivent être adoptées dans le cadre de l'intégration.
Et des mécanismes doivent être mis en place pour
impliquer une large gamme d'entités non gouvernementales,
à travers un dialogue ininterrompu au niveau supranational.
Nous aurons de quoi nous réjouir si le FDA parvient à
donner le ton d'une approche consultative.
En fin de compte, pour que l'intégration régionale
en Afrique soit une réussite, le processus doit associer
le plus grand nombre et un consensus se dégager sur le
fait qu'il s'agit de notre destin commun en tant qu'Africains.
En bref, les questions les plus préoccupantes, à
mon avis, sont les suivantes :
· Comment pouvons-nous faire en sorte que l'intégration
économique serve à promouvoir, de manière
équitable, toutes les couches de la société
?
· Comment pouvons-nous promouvoir nos intérêts
communs à l'échelle régionale, notamment
en ce qui concerne la paix et la sécurité, la santé
publique et la recherche ?
· Comment l'intégration régionale peut-elle
devenir plus efficace ?
· Comment pouvons-nous parvenir à un niveau de
financement approprié ?
· Quel est le meilleur rythme et quel est l'ordre à
suivre pour les tâches devant conduire à l'intégration
régionale ?
· Comment pouvons-nous tirer profit d'une large implication
de la société ?
Avant d'en arriver à recommander des actions sur ces questions
et sur d'autres qui sont importantes, vous aurez un certain nombre
de sessions plénières, de sessions de groupe et
de sessions sectorielles. Il y aura un dialogue avec les chefs
d'Etat d'Afrique du Sud, du Rwanda, de la Côte d'Ivoire
et avec le Premier Ministre Meles Zenawi. Nous aurons également
l'honneur d'accueillir deux lauréats du Prix Nobel : Wole
Soyinka, le Premier Africain à avoir reçu le Prix
Nobel de littérature et Robert Mundell, dont la lecture
des travaux était déjà recommandée
bien avant que je prépare mon doctorat en économie.
Honorables Ministres, Mesdames et Messieurs,
Vos travaux de ces prochains jours seront résumés
dans une déclaration consensuelle qui sera présentée
à la prochaine conférence des ministres des affaires
étrangères de l'OUA et qui fera l'objet d'une large
diffusion.
En outre, et c'est en fin de compte l'aspect le plus significatif,
j'espère que ce forum vous aidera à élaborer
vos propres programmes nationaux, l'Etat collaborant avec le secteur
privé et les réseaux d'ONG, et à assurer
une couverture pertinente de la régionalisation par les
médias. Car, après tout, s'atteler à une
tâche colossale comme l'édification de l'Union africaine
exigera de nous que nous agissions non seulement dans les sphères
que nous maîtrisons, mais également de manière
innovatrice, dans le cadre de réseaux et alliances plus
vastes.
Monsieur le Premier Ministre,
Honorables Ministres,
Ce travail s'effectuera sur de nombreux mois, de nombreuses
années. Nous serons tous mobilisés, avec d'autres,
pour réaliser notre objectif. En mettant à profit
cette semaine, nous pouvons aider à déblayer le
terrain. Commençons dès à présent.
Je vous remercie de votre attention.