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INTÉGRATION RÉGIONALE EN
AFRIQUE - LE COUP D'ACCÉLÉRATEUR DE LA CEA
Le Messager du Cameroun,
Mercredi 13 mars 2002
http://www.wagne.net/messager/messager/2002/0302/13/integration.htm
Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, a abrité du
4 au 8 mars, la troisième édition du Forum pour le
développement de lAfrique (FDA III) sur «les
priorités de lintégration régionale en
Afrique ». Un thème choisi en raison de lentrée
en vigueur, en principe dici juillet 2002, de lUnion
africaine.
Organisé par la Commission économique pour lAfrique
(Cea), ce forum a réuni près de mille participants
dont les membres de gouvernements, les parlementaires, les hommes
et femmes daffaires, les syndicats, la société
civile et de nombreux experts venus des quatre coins du monde. Selon
Kingley Amoako, Secrétaire Exécutif de la Cea, le
but visé est la clarification des enjeux de cette intégration
longtemps recherchée en Afrique, afin de mieux définir
les étapes à suivre pour sa mise en uvre effective.
Et aussi, identifier les facteurs pouvant favoriser son accélération.
En ouvrant officiellement les travaux, le Premier ministre éthiopien,
Meles Zenawi sest voulu clair : «pour réaliser
ladite intégration, lengagement des dirigeants, la
définition dactions prioritaires réalistes et
la conception dune vision claire et réfléchie
simposent ». Au chapitre de ces priorités, sinscrit
le développement des infrastructures routières, portuaires
et aéroportuaires ; les postes et télécommunications.
Doù la réunion tenue le 6 mars, en marge du
Fda III, par les ministres africains des Transports, pour adopter
un programme daction devant contribuer à la construction
de lUnion africaine.
Suppression des visas
Mais pour sortir de lornière, les participants sont
unanimes sur la nécessité dune libre circulation
des personnes et des biens à travers les frontières,
condition essentielle du succès de lintégration
régionale en Afrique. Les Camerounais qui ont eu le malheur
de transiter par laéroport international Jomo Kenyatta
le 2 mars dernier nen disent pas moins. Arrivés à
Nairobi à 6 heures du matin, ils ont en vain négocié
un visa dentrée à Nairobi, afin de sassoupir
dans de meilleures conditions, avant de poursuivre leur voyage sur
Addis Abeba programmé le lendemain. Déclarés
«étrangers indésirables» au pays de Daniel
Arap Moï, ils sont restés «prisonniers»
dans lenceinte de laéroport, sous haute surveillance
des forces de lordre jusquà laube où
ils ont embarqué avec grand soulagement pour lEthiopie.
Pour aller au Gabon, le voisin camerounais a également besoin
dun visa.
Face à cette situation déplorable, M. Adedeji, ancien
Secrétaire exécutif de la Cea suggère la suppression
des visas dans toute lAfrique, comme cest le cas actuellement
pour les pays de la Cedeao, et linstauration dun passeport
unique auquel tous les Africains pourraient avoir accès.
Lautre point saillant des débats au Fda III aura été
la recherche dun véritable consensus sur les moyens
à mettre en uvre pour diminuer la pauvreté en
Afrique ; préalable au développement économique.
Limpératif de la bonne gouvernance, synonyme dédification
dun Etat complet et efficace, de représentation politique
de tous les groupes sociaux, de bonne gestion macro-économique
et des entreprises a également été identifié
par les experts comme une nécessité. Le concept de
«partenariat renforcé » entre les gouvernements
africains et leurs populations est ainsi perçu comme un pacte
en vertu duquel les dirigeants sengagent à gérer
les affaires publiques de façon équitable.
Paix et sécurité
Lépineux problème de paix et sécurité
en Afrique était aussi au centre des discussions. Comment
la conférence sur la sécurité, la stabilité,
le développement et la coopération en Afrique (CSSDCA)
pourra-t-elle servir de mécanisme de gestion des conflits
dans le cadre de lUa ? Des activités relatives à
la paix et à la sécurité se déroulent
actuellement au niveau sous-régional. Mais il nexiste
pas encore de système unique et complet de sécurité,
lUa pourra-t-elle assurer la cohérence de tous ces
sous-systèmes ? Ou sagira-t-il dassurer une gestion
de circonstance ? Est-il envisagé dadopter des dispositions
transitoires pour harmoniser les initiatives en place, jusquà
lémergence dune nouvelle doctrine complète
de paix et de sécurité ?
Par ailleurs les uns et les autres souhaitent être informés
des mesures qui seront adoptées pour approuver et mettre
en uvre les interventions humanitaires et la manière
dont seront établis les mécanismes permettant de les
appliquer et de les coordonner au niveau sous-régional. Ils
voudraient également savoir comment le programme régional
ainsi mis sur pied sera lié à celui du Conseil de
sécurité de lOnu et à dautres initiatives
internationales. Et aussi, comment lUa envisage de positionner
lAfrique par rapport aux questions de sécurité
mondiale apparues depuis les attentats du 11 septembre 2001 à
New-York.
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