EDITORIAL
L’UA est- elle autre chose qu’une chimère panafricaniste?
FDA info, 1er numéro, lundi 4 mars 2002
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Hier, plus de 400 personnes de différentes disciplines ont pris
part au Colloque sur l’Union africaine (UA) pour discuter des
moyens de faire en sorte que le rêve des pères fondateurs de l’Organisation
de l’unité africaine (OUA) devienne réalité. Fait symbolique,
le Colloque s’est tenu dans
Africa Hall, où il y a environ 40 ans, les dirigeants africains
se réunissaient pour porter sur les fonts baptismaux l’Organisation
de l’Unité africaine, qui va bientôt être remplacée par l’Union
africaine naissante.
Au coeur des débats d’hier, des questions comme paix, sécurité,
action humanitaire et droits humains, intégration économique,
institutions, capacités, modalités de fonctionnement et relations
de la Commission de l’Union africaine, qui sera le futur secrétariat
de l’UA.
De nombreuses zones d’ombre subsistent quant à l’instauration
de l’UA. Est- elle réaliste ou s’agit- il simplement d’un instrument
politique qui devrait permettre à certains prétendus dirigeants
de parvenir à leurs fins? Qu’est- il advenu du processus du Traité
d’Abuja et de la Communauté économique africaine? Pourquoi l’Afrique
veut- elle se jeter à corps perdu dans une Union alors que les
conditions, les politiques et les cadres institutionnels des pays
et des sousrégions ne s’y prêtent tout simplement pas? Comment
les populations africaines peuvent- elles adhérer au projet d’Union
africaine alors qu’en réalité il participe d’une opération en
circuit fermé menée par les chefs d’État, qui ne prévoit guère
la participation des différentes parties intéressées? Les débats
sur les projets de parlement africain, de banque centrale africaine
et d’autres organes de l’UA sont- ils étayés par des arguments
solides et un plan crédible ou s’agit- il simplement d’une chimère
panafricaniste?
Ces questions, entre autres, seront au centre des travaux du
Troisième Forum pour le développement de l’Afrique (ADF III) qui
s’ouvre réellement aujourd’hui. S’il est vrai qu’il serait exagéré
d’imaginer qu’ADF III leur trouve à toutes des solutions, il n’en
demeure pas moins vrai que le Forum ne manquera pas de soulever
des questions sensibles auxquelles les dirigeants africains qui
ont créé l’UA pourraient souhaiter apporter des réponses à l’occasion
de leur sommet du mois de juin à Prétoria. De même que Rome n’a
pas été bâtie en un jour, il ne saurait en être autrement pour
l’UA. L’important, c’est que d’ici à la fin de la semaine, un
débat ouvert entre les différentes parties prenantes aura permis
de mettre en place un processus opérationnel et de dégager un
large consensus. Les conclusions d’ADF III seront incontournables.
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FDA info, 1er numéro, lundi
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