L'INTÉGRATION RÉGIONALE À L'ÉTUDE AU COLLOQUE SUR L'UNION AFRICAINE


Jeggan Grey-Johnson, FDA info, 1er numéro, lundi 4 mars 2002 [sommaire]


Dans l’allocution qu’il a prononcée dimanche à l’occasion de la cérémonie d’ouverture du Colloque sur l’Union africaine (UA), M. Amara Essy, Secrétaire général de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA), a exhorté les participants à discuter des moyens de construire un avenir commun pour l’Afrique: «Il nous incombe à tous, en tirant les leçons du passé, de contribuer à la construction d’une Union africaine forte et efficace» devait- il déclarer.

Le Colloque, qui a duré une journée et a rassemblé plus de 400 personnes, a été organisé pour donner à l’OUA l’occasion de présenter en détail l’état, le processus et les objectifs de la mise en place de l’UA, de recueillir les points de vue d’acteurs divers et de dégager un consensus sur la voie à suivre.

Le Colloque devait aussi saisir l’occasion pour discuter du tout nouveau projet de création d’une Union africaine avec les différentes parties concernées réunies à Addis- Abeba pour participer au Troisième Forum pour le développement de l’Afrique (ADF III). ADF III, dont l’ouverture officielle est prévue aujourd’hui, portera sur le thème «définir les priorités de l’intégration régionale».

Le Colloque a permis de noter une divergence de vues sur l’Union africaine (UA) et les questions ayant trait à l’intégration régionale, divergence qui est clairement apparue dans les préoccupations et les opinions exprimées par les participants venus de tous les coins d’Afrique.

La capacité de l’Union africaine à renforcer et traduire dans les faits l’exigence souvent claironnée d’ «intégration» a largement retenu l’attention des animateurs et des participants.

Les propos du Secrétaire général recommandant la plus grande prudence ont eu un écho favorable. En effet, chaque fois qu’ils prenaient la parole, animateurs et participants faisaient part de leurs préoccupations quant aux capacités de l’Union africaine, ainsi qu’aux enjeux de l’intégration et de sa mise en oeuvre dans un délai d’au maximum un an.

M. Charles C. Soludo, économiste, a soulevé des questions délicates sur la mise en oeuvre pratique de l’UA. «Pour passer de l’autre côté de la rive, il nous faut réduire les écarts», a- t- il déclaré.

Les différents points de vue sur l’intégration régionale et continentale, aussi divers et variés que le sont les différentes cultures qui lient le continent, sont ressortis au cours des discussions.

L’Ambassadeur Sam Ibok, directeur de Affaires politiques à l’OUA a rappelé que la notion d’intégration régionale devrait être soigneusement examinée. L’UA pourrait ainsi «apparaître comme le plus grand effort d’intégration».

D’autres participants continuèrent à mettre en doute la volonté politique des dirigeants africains. Un participant s’est posé la question de savoir quand les dirigeants africains, contrairement à la pratique actuelle, seraient disposés à collaborer avec leurs populations.

M. K. Y. Amoako estime toutefois qu’il existe une dynamique en faveur de l’intégration. Il a nuancé ses propos en mettant en évidence les tentatives malheureuses d’intégration africaine de certains dirigeants.

«C’est au moins la quatrième fois que des dirigeants africains ont conçu des projets d’intégration très ambitieux, et, à chaque fois, les résultats n’ont pas été à la hauteur des attentes.», a- t- il déclaré.

«Si cette fois- ci, nous voulons réussir l’intégration pour que notre continent devienne une véritable communauté économique et de nations, nous devons veiller à ce que tout ce nous concevons tienne compte des aspirations de notre clientèle.»

La clientèle est dans l’expectative et se demande quand la notion d’intégration telle que la perçoit l’UA deviendra réalité. Après tout, il y a quarante ans, une génération de dirigeants africains pensait avoir réalisé le rêve de faire du continent «une Afrique, un peuple», ici- même, dans la capitale éthiopienne. Mais il a fallu quatre décennies pour qu’une autre génération revienne au même endroit pour débattre des mêmes questions.


Jeggan Grey-Johnson, FDA info, 1er numéro, lundi 4 mars 2002 [sommaire]

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