LE VIH/SIDA: TOUJOURS UN DEFI POUR L'AFRIQUE


Jamilah Mwanjisi, FDA info, 3ème numéro, mercredi 6 mars 2002 [sommaire]


Malgré un engagement politique croissant pour lutter contre le VIH/ sida en Afrique, l’épidémie reste toujours le défi le plus important du continent, et requièrt une collaboration plus étroite.

Au cours d’un groupe de discussion thématique sur le VIH/ sida, la Directrice associée pour l’Afrique d’ONUSIDA, le Dr. Meskerem Grunitzky- Bekele, a déclaré que le problème est désormais de traduire cet engagement politique en des efforts concrets qui infléchiront la propagation du VIH/ sida.

«Nous avons connu de nombreux changements en Afrique au cours des deux dernières années», a déclaré le Dr. Grunitzy- Bekele.

Elle a cité en exemple la Déclaration d’Abuja, qui requièrt des gouvernements qu’un minimum de 15% de leurs dépenses annuelles soit consacré à la santé, ainsi que la session speciale de l’Assemblée générale des Nations Unies qui a approuvé la Déclaration d’engagement.

La Déclaration d’engagement prévoit notamment, d’ici à 2003, d’assurer l’élaboration et la mise en oeuvre de stratégies nationales multisectorielles pour combattre le VIH/ sida. Ces stratégies devraient s’attaquer directement à l’épidémie et affronter les tabous, le silence et le déni de l’existence du VIH/ sida.

La présentation du Dr GrunitzkyBekele était basée sur une évaluation conduite par le Partenariat international contre le sida en Afrique (IPAA), un schéma qui présente une vision commune, partagée par les gouvernements africains, leurs populations, l’ONU et les autres donateurs. Parmi les 46 pays étudiés, 40 ont déjà établi des stratégies et des politiques nationales. Cependant, parmi ceux- ci, seuls 25 ont élaboré des plans d’action. Le groupe de discussion thématique, regroupant les différentes parties prenantes, avait pour but d’établir des recommandations, afin de faire en sorte que le VIH/ sida reste une priorité à l’ordre du jour sur le développement et l’intégration.

Le conseiller ONUSIDA du Nigéria, le Dr B. T. Costantinos, a declaré que le principal défi était maintenant de pousser l’Union africaine (UA) et les autres organismes régionaux à passer à l’acte.

«Comment pouvons- nous faire en sorte que ces organismes abordent le sida non pas uniquement comme une question de développement, mais également comme un fléau qui décime notre population?», a- t- il demandé.

Le Dr Grace Kaliamgogo, une représentant de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), a souligné la nécessité pour les organisations régionales en Afrique de se soutenir mutuellement dans la lutte contre le VIH/ sida. Elle a ajouté que le partage de l’information et des résultats de la recherche est essentiel pour permettre la prévention et le contrôle de la propagation du VIH/ sida, ainsi que d’autres maladies infectieuses associées à la pauvreté, comme la tuberculose et la malaria.

«Le sida ignore les frontières, le sexe ou l’âge», a- t- elle dit. «Aucun pays ne peut enrayer le VIH/ sida sans le soutien d’autres pays. Tous les efforts doivent être intégrés».

Le Dr. Kaliamgogo a déclaré que malgré la mise en garde de l’OUA, sur le lourd tribut que l’Afrique paierait à l’épidemie, les résultats sont bien pires que les prévisions.

C’est pourquoi la Déclaration d’Abuja est importante pour l’Afrique, et l’OUA doit veiller à sa mise en oeuvre.


Jamilah Mwanjisi, FDA info, 3ème numéro, mercredi 6 mars 2002 [sommaire]

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