L'UNION AFRICAINE
NE POURRA SE REALISER SANS LA SOCIETE CIVILE
FDA info, 3ème numéro, mercredi
6 mars 2002 [sommaire]
La participation de la société civile aux activités de la Commission
économique pour l’Afrique comme à l’Organisation de l’unité africaine
et celles de Union africaine qui lui succèdera sous peu, n’est
plus à démontrer. Mais le premier rapport annuel sur l’intégration
africaine (ARIA) présenté au cours du Troisième Forum pour le
développement de l’Afrique (FDA III) ne montre pas comment cette
participation sera institutionnalisée dans les organes de l’Union
africaine. Pour les 80 participants à la réunion en groupe restreint
sur la société civile, organisée dans le cadre du FDA III, se
pose même un problème d’identité.
Des doutes subsistent sur ce qu’il convient de demander aux Ministres
des affaires étrangères qui vont discuter des instruments juridiques
de la future Union africaine.
La réunion sur le rôle de la société civile vient de conclure
difficilement un consensus à présenter au FDA III. Trois défis
restent à relever: les relations entre les gouvernements et la
société civile, la contribution des organisations de la société
civile (OSC) au processus d’intégration régionale, et la mise
en réseau des acteurs non gouvernementaux pour assurer le suivi
de ce Forum.
Une question d’autocritique a ouvert le débat: en effet, cette
réunion en groupe restreint comptait une large majorité d’hommes.
Seules 20 femmes y participaient, pour 60 hommes, au moment où
la même société civile reproche aux gouvernements de pas respecter
l’égalité entre femmes et hommes. Le Président du groupe a considéré
cela comme un bon clin d’oeil.
Alors que la société civile est appelée à vulgariser le Nouveau
Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) et l’Union
africaine, les participants ont regretté le déficit d’information
qui entoure ces deux initiatives. Pour rendre le débat accessible
aux populations, ils ont proposé de regrouper les différents thèmes
en deux grands ensembles: l’environnement politique et l’infrastructure
institutionnelle de l’Union africaine; les différentes étapes
et rythmes de réalisation de l’intégration.
Les participants ont rappelé que la priorité absolue de la société
civile est la libre circulation des personnes, même en l’absence
d’une infrastructure intégrée pour l’Union africaine. Il faut
faire du continent africain un village et non plus 53 États qui
s’ignorent.
Plusieurs recommandations ont été formulées à l’issue de la réunion,
notamment pour préparer le prochain Sommet des chefs d’État en
juillet 2002.
La société civile a été invitée au FDA III et se veut plus pro-
active pour influencer les politiques, alors que certains dirigeants
résistent encore à l’union. Les jeunes, les femmes, les syndicats,
les chercheurs et les commerçants proposent que le maximum de
documents soient disponibles sur Internet pour les rendre plus
accessibles au public. Cela peut contribuer à améliorer les débats
nationaux et la discussion en ligne.
FDA info, 3ème
numéro, mercredi 6 mars 2002 [sommaire]