LES POLITIQUES
ECONOMIQUES S'AVERENT ESSENTIELLES POUR L'ACCELERATION DE L'INTEGRATION
REGIONALE
Jeggan Grey- Johnson,
FDA info, 4ème numéro,
jeudi 7 mars 2002 [sommaire]
M. Momodou Diop, le conseiller spécial pour la Banque Centrale
des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), a déclaré hier que
l’adoption de la devise CFA dans les pays francophones d’Afrique
de l’Ouest pourrait servir d’exemple à une union monétaire basée
sur la stabilité et la capacité de mise en oeuvre des politiques
commerciales.
Cependant, M. Diop, qui était l’un des principaux intervenants
à la séance plénière de mercredi après- midi du Troisième Forum
pour le développement de l’Afrique (FAD III), intitulée «les politiques
économiques de nature à accélérer l’intégration régionale», a
allégué qu’une condition préalable doit être remplie pour que
la discussion sur les politiques économiques destinées à cristalliser
le processus régional d’intégration puisse avoir lieu.
Il s’agit d’une approche africaine de promotion des politiques
économiques, ayant pour but l’amélioration des structures socioéconomiques
et une meilleure collaboration entre les secteurs publics et privés.
Il est également nécessaire d’améliorer la formation et d’accroître
les capacités, alors que l’Afrique tente d’établir de nouveaux
partenariats avec les autres nations.
Les résultats positifs du cadre sousrégional ont été mis en exergue
par le Dr Delphin Rwegasira, qui a demandé aux 200 personnes assistant
à la séance plénière de faire un bilan au niveau du continent
africain.
«Où en sommes- nous?» demanda- til. Il a affirmé que les Africains
doivent d’abord avoir une volonté politique de faire face aux
défis de leurs économies nationales dans des secteurs tels que
l’électricité et le transport. «Nous devons nous coordonner en
analysant sérieusement notre approche; cela fait partie intégrante
du processus d’intégration».
Le Secrétaire d’État gambien, Ann Ndong- Jatta, a exprimé l’idée
que «les défis sont multiples, mais ce sont des défis que nous
devons, par nous- mêmes, mettre en perspective». Elle a noté l’impact
sur le continent des différentes politiques internationales externes.
Selon elle, il est nécessaire d’instaurer un dialogue et d’établir
un ordre de priorité pour les questions auxquelles le continent
doit faire face. Il revient aux Africains d’entreprendre cette
démarche, et non au «G8 établissant la liste des priorités» pour
l’Afrique.
Le tout nouveau Ministre de l’intégration au Nigéria a approuvé
cette idée, notant que le Nouveau Partenariat pour le développement
de l’Afrique (NEPAD), auquel la plupart des pays africains ne
participent pas, n’est pas une initiative des institutions de
BrettonWoods, mais plutôt un plan envisagé et construit par les
dirigeants africains dans leur vision d’un partenariat économique
avec le reste du monde.
«Je suis d’accord avec vous sur le fait qu’une sensibilisation
plus grande doit être faite, mais le travail de promotion de cette
idée a déjà commencé» a- t- il déclaré. Cette création d’un Ministère
de l’intégration, même si elle est très récente, envoie un message
du Nigéria au reste du monde. Elle pourrait peut- être même constituer
l’exemple d’un engagement total vers l’intégration régionale.
La Présidente de la séance plénière, Linah K. Mohohlo, gouverneur
de la Banque centrale du Botswana, a noté que la création de ce
poste par le Nigéria était quelque chose d’important.
«Je félicite le Nigéria pour le pas qu’il a entrepris dans la
reconnaissance de l’intégration régionale en Afrique, par le fait
qu’il a établi un portfolio pour cette cause particulièrement
importante et à laquelle nous adhérons tous» a- t- elle dit. Elle
a également appelé d’autres pays africains à suivre cet exemple.
Jeggan Grey-
Johnson, FDA
info, 4ème numéro, jeudi 7 mars 2002 [sommaire]