PAIX ET STABILITE:
UN PREALABLE A LA REUSSITE DE L'UNITE AFRICAINE
Jeggan
Grey-Johnson et Olga Manda,
FDA info, 4ème numéro,
jeudi 7 mars 2002 [sommaire]
Les différents initiatives et mécanismes de paix, de sécurité
et de règlement des conflits en Afrique ont été inefficaces, a
déclaré mercredi Salim Ahmed Salim, ancien secrétairegénéral de
l’Organisation
de l’unité africaine, au cours d’une s é a n c e
plénière sur l’« architecture de la paix et de la sécurité». Salim
a indiqué que les mécanismes et protocoles en place ne sont pas
suffisamment solides pour prévenir, gérer ou régler les conflits.
«Diverses évaluations menées sur les mécanismes régionaux et continentaux
ont confirmé qu’un certain nombre d’insuffisances entravent le
bon fonctionnement de ces structures.
Salim a ajouté que nombre de mécanismes de paix et de sécurité
ont été mis en place pour faire face à des situations
précises, et que l’évolution des situations régionales pose de
redoutables défis à leur légitimité et à leur fonctionnement.
Il a cependant fait valoir que l’incapacité de ces mécanismes
à assurer le maintien de la paix et de la sécurité ne devrait
pas servir de prétexte à la multiplication des conflits sur le
continent.
«Les facteurs qui déclenchent et aggravent les conflits dans
nos sociétés résident dans les mécanismes de gestion politique
et économique et dans les relations sociales qui en découlent»,
a affirmé Salim.
Il a lancé un appel aux gouvernements pour qu’ils renforcent
les structures chargées de promouvoir les droits humains. «La
sécurité commune, avec ses implications pour la paix sur le continent,
ne saurait se réaliser sans le renforcement des structures chargées
de la promotion des droits humains».
Ibrahim Wani, analyste- recherche en études stratégiques, a déclaré
qu’il est temps que les Africains s’interrogent sérieusement sur
la situation actuelle du continent, en particulier, qu’ils se
posent la question suivante: «pourquoi les conditions ne sont-
elles plus favorables pour la majorité de la population africaine?».
Au centre des problèmes de paix et de sécurité, a- t- il poursuivi,
se trouvent les questions cruciales de liberté et de gestion des
affaires publique. Il a indiqué que les Africains doivent se demander:
qu’a représenté l’État pour les populations ces quarante dernières
années? Qu’ont représenté les populations pour l’État? Qu’a fait
l’État pour les populations?
Wani a affirmé que si les gouvernements africains veulent vraiment
instaurer une véritable Union africaine, ils doivent commencer
par respecter les protocoles d’accord qu’ils ont signés.
Jeggan
Grey-Johnson et Olga Manda,
FDA info, 4ème numéro,
jeudi 7 mars 2002 [sommaire]