NOUVELLES ENTREPRISES, MODELES D'INTEGRATION REGIONALE


Bernard Otabil, FDA info, 4ème numéro, jeudi 7 mars 2002 [sommaire]


Le développement des infrastructures en Afrique, s’il progresse toujours plus lentement que dans d’autres régions, continue de jouer un rôle important dans la vie des populations du continent.

Et ces dernières années, la modernisation de divers secteurs dans de nombreux pays a ouvert la voie vers un développement qui sera bénéfique pour la société. De fait, la réussite de certaines nouvelles entreprises


pourrait, à l’avenir, être une source d’inspiration pour d’autres pays africains.

Selon Alhaji Bamanga Tukur de African Business Round Table, le Nigéria est un cas d’espèce. Depuis environ cinq mois que ce pays a introduit le système GSM de communication mobile, environ 40 nouvelles entreprises, revendeurs et centres de services, ont ouvert leurs portes; elles emploient plus de 1000 personnes. Cette nouvelle technologie de pointe a permis à plus de 150 000 personnes d’avoir directement accès au téléphone.

Le Ghana est un autre exemple typique. Le développement de la connectivité par la téléphonie mobile et la facilitation de l’accès aux lignes terrestres ont contribué à améliorer le climat dans lequel opèrent les entreprises, ce qui a eu pour effet de faire aujourd’hui du pays une des zones les plus attrayantes pour les investisseurs étrangers en Afrique.

D’autres exemples d’initiatives nouvelles visant à promouvoir une intégration interrégionale, thème du présent Forum pour le développement de l’Afrique (FDA III), existent, notamment le lancement de COMTEL par le Marché commun de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique australe (COMESA) et de INTELCOM par la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Le projet communautaire de la CEDEAO qui vise à mettre en place un vaste réseau routier le long de la côte bordant la sous- région a facilité la circulation des biens et des services.

Selon Yao Adzigbey du Secrétariat, les tronçons non encore aménagés sont, d’une part, les liaisons entre la Guinée Conakry et la Guinée- Bissau, le Libéria et la Sierra Leone, d’autre part, celle entre la Sierra Leone et la Côte d’Ivoire.

Le transport urbain, par exemple, fournit directement ou indirectement des emplois à de nombreuses personnes à travers les services de transport public et le secteur informel.

Les statistiques du Programme de politiques de transport en Afrique subsaharienne font apparaître qu’en 1999 à Abidjan, le transport urbain informel a fourni directement environ 22 000 emplois (chauffeurs, receveurs, mécaniciens et propriétaires). Il a aussi généré un chiffre d’affaires de 60 milliards de FCFA. A Cotonou et à Dakar, le programme estime que les services connexes de transport font vivre plus de 30 000 et 42 000 personnes respectivement.

Mais malgré ces avancées, le développement des infrastructures en Afrique est d’une manière générale peu satisfaisant et de qualité médiocre, comparé à l’Europe et à l’Amérique du Nord.

On avance plusieurs raisons pour expliquer cette situation. D’après Yao Adzigbey, les principaux obstacles au progrès sont le manque d’entretien, les barrages routiers illégaux, la piraterie pure et simple sur les routes et les pratiques discriminatoires des agents des services d’immigration et de douane qui entravent la libre circulation des biens et des personnes.

Ces obstacles amènent M. Adzigbey à penser que les progrès sont lents. Par ailleurs, selon lui, certains organismes de financement hésitent à mettre à disposition les fonds d’investissement qui font cruellement défaut dans ce secteur.


Bernard Otabil, FDA info, 4ème numéro, jeudi 7 mars 2002 [sommaire]

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