RAPPORT SUR L'INTEGRATION
EN AFRIQUE 2002:
LES CHEFS D'ETAT INTERPELLES
Norbert N. Ouendji,
FDA info, 4ème numéro,
jeudi 7 mars 2002 [sommaire]
La présentation du premier rapport annuel sur l’ intégration en
Afrique (ARIA) était l’un des principaux points à l’ordre du jour
du FDA III. Le document a été lancé officiellement mardi 4 mars.
Le rapport d’une vingtaine de pages, produit par la Commission
économique pour l’Afrique (CEA), cible tous ceux qui s’intéressent
au développement de l’Afrique, et particulièrement les chefs d’État,
dont le manque de volonté politique constitue un obstacle au projet
d’intégration régionale.
Le rapport évalue le chemin parcouru dans le domaine de l’intégration
régionale et se penche sur deux questions principales: comment
accélérer la construction de l’Union africaine? Quelles passerelles
faut- il instaurer entre ladite Union, les communautés économiques
régionales (CERs) et les gouvernements?
Le rapport établit que face à la nécessité de construire une
Afrique unie et forte, les Communautés économiques régionales
(CER) doivent renforcer leurs capacités et revoir leurs politiques
ou moyens d’actions. Il s’agit, d’après le document, de « rationaliser
leurs structures, mais aussi leurs relations avec les gouvernements,
qui doivent se reconnaître dans leurs engagements actuels».
«Il faudra une meilleure coordination entre les CER rendant obligatoire
l’harmonisation de leurs protocoles souvent concurrentiels», ajoute
le rapport, qui cite l’Union économique et monétaire ouest- africaine
(UEMOA) comme «la vraie championne de l’intégration».
Celle- ci devance de loin la Communauté économique des pays des
grands lacs (CEPGL), et même la Communauté économique des États
de l’Afrique centrale (CEEAC), classées parmi les CER qui accusent
«une vitesse d’ intégration irrégulière».
Le secrétaire général de la CEEAC, le Gabonais Louis Sylvain-
GOMA, invité spécial au FDA III, explique ce retard non seulement
par la période d’hibernation traversée par l’ organisation entre
1992 et 1998, mais aussi par les guerres, et surtout «l’ insuffisance
de volonté politique» des chefs d’État de la sous- région.
«Nous sommes désormais engagés dans la voie de la relance et
sommes conscients du rôle que nous devons jouer dans le processus
d’intégration», a commenté M. Louis Sylvain- GOMA, affirmant par
ailleurs que l’Union africaine doit s’appuyer sur les différentes
communautés que compte le continent.
Le rapport annuel sur l intégration en Afrique 2002 encourage
cette position, et suggère que le secteur prive soit considéré
dans ce chantier comme un élément moteur. L’intensification du
commerce et le renforcement du soutien du public, sont également
mentionnés; de même que le développement des infrastructures de
transport, de télécommunication et autres.
«Avec beaucoup d’énergie et de bonne volonté, et avec les efforts
récemment déployés pour obtenir des résultats, l’intégration de
l’Afrique suit généralement son cours», constate le rapport. Et
de préciser: «un plus grand engagement politique et davantage
de ressources sont néanmoins indispensables pour avoir de meilleurs
résultats».
Norbert
N. Ouendji,
FDA info, 4ème numéro,
jeudi 7 mars 2002 [sommaire]