LIBRE CIRCULATION
EN AFRIQUE -
UN PRÉALABLE À L'INTÉGRATION RÉGIONALE
Marie-Noëlle
Guichi,
FDA info, 5ème numéro,
vendredi 8 mars 2002 [sommaire]
La question de la libre circulation des personnes et des biens
était au centre des préoccupations de la plupart des participants
à la séance de groupe de jeudi du Troisième Forum pour le développement
de l’Afrique (FDA III), séance consacrée à la citoyenneté.
Le principal intervenant de la séance, Chidi Anselm Odinkalu,
a présenté son expérience personnelle des problèmes qu’un Africain
peut rencontrer aux frontières, sur son propre continent. Amèrement,
il déclare avoir attendu deux mois pour obtenir un visa d’entrée
au Zimbabwe, lui, Africain résident à Londres.
De même, les Camerounais qui ont eu le malheur de transiter par
Nairobi (Kenya) ont négocié en vain un visa à l’aéroport international
Jomo kenyata dans le but de passer la nuit en ville avant de poursuivre
leur voyage vers AddisAbeba le lendemain. Déclarés étrangers indésirables
au pays du président Daniel Arap Moï, ils se sont vus obligés
de dormir à la belle étoile, prisonniers à l’aéroport.
Chidi Anselm Odinkalu, juriste principal au Centre international
pour les droits humains a déclaré que la notion de citoyenneté
dans le cadre de l’intégration régionale en Afrique devrait être
perçue comme un projet visant à construire une vraie Union africaine
(UA). Pour lui, l’une des premières questions à examiner par l’UA
serait la fluidité des frontières.
Il emboîte ainsi le pas à Adedeji, ancien Secrétaire exécutif
de la Commission économique pour l’Afrique qui, dans une étude
intitulée «Histoire et perspectives de l’intégration régionale
en Afrique», affirme que «la meilleure chose pour l’Afrique serait
d’instaurer un passeport unique auquel tous les Africains pourraient
avoir accès».
L’idée a été soutenue par les participants au débat sur la citoyenneté.
D’une seule voix, ils ont estimé inacceptable que les Africains
soient obligés de solliciter un visa pour entrer en Ethiopie,
dont la capitale, AddisAbeba, abrite le siège de l’OUA.
En effet, c’est à Addis en 1963 que l’acte de naissance de l’Organisation
de l’unité africaine a été signé par les chefs d’État africains.
Marie-Noëlle
Guichi,
FDA info, 5ème numéro,
vendredi 8 mars 2002 [sommaire]