CINQ ANS POUR
RÉVOLUTIONNER LES TRANSPORTS EN AFRIQUE
Norbert N. Ouendji,
FDA info, 5ème numéro,
vendredi 8 mars 2002 [sommaire]
En marge du Troisième Forum pour le développement de l’Afrique
(FDA III), la 12 e Conférence des ministres africains des transports
et des communications a adopté mercredi soir un Plan d’action
étalé sur cinq ans (2003- 2007), visant à révolutionner le secteur
des transports et des communications sur le continent.
Pour l’essentiel, ce Plan d’action, encore appelé «voie à suivre»,
insiste sur la participation du secteur privé et fait de la libéralisation
de l’accès au marché des transports et des communications un objectif
important. La Conférence a notamment prescrit l’organisation d’un
atelier sur la libéralisation du transport aérien.
L’accent est aussi mis sur la valorisation des ressources humaines
et la lutte contre la pauvreté. Sur ce dernier point, les ministres
ont lancé un appel à la communauté des donateurs, afin qu’ils
aident les États membres «à améliorer les conditions socioéconomiques
grâce au développement des infrastructures et des services dans
les zones urbaines et rurales».
L’une des principales activités à mener dans ce cadre concerne
la conduite d’une étude sur l’ impact du VIH/ sida sur le développement
des transports et des communications. Des campagnes de sensibilisation
sont également envisagées.
Par ailleurs, le Plan d’action propose notamment la mise sur
pied d’une base de données sur les transports; la promotion du
commerce intrarégional et la liberté de circulation des biens
et des personnes à l’intérieur et à l’extérieur du continent;
et l’amélioration de la sûreté et de la sécurité dans le secteur
des transports et des communications. La protection de l’environnement
fait également partie des priorités, de même que l’élaboration
de politiques favorisant le commerce dans des corridors précis.
L’intervention de N’guessan N’guessan, consultant économiste
des transports et du commerce international, a permis de cerner
l’urgence de cette stratégie. Il a révélé que les tracasseries
de toutes sortes sur certains axes routiers d’Afrique de l’Ouest
peuvent causer un manque à gagner de plus de 2 milliards FCFA
par an, soit l’équivalent du prix d’achat d’environ 50 véhicules.
Les mesures prises par les 42 États représentés à la 12 e Conférence
des ministres africains des transports (26 ministres étaient présents)
sont «porteuses d’espoir par rapport à l’avenir de l’intégration
du continent», affirme Hamadou Hachim Koumare, responsable du
secteur des transports a la CEA. Il a précisé que ces «décisions
contribueront à la réalisation de l’Union africaine ainsi qu’au
Nouveau Partenariat pour le Développement de l’ Afrique (NEPAD)».
Pour s’assurer de la mise en oeuvre effective de ce Plan d’action
par les États membres, une évaluation annuelle sera effectuée
dans chaque sous- région.
La 12 e Conférence des ministres des transports et des communications
que préside le Ministre éthiopien des transports, compte sur l’appui
de l’Organisation de l’unité africaine /Union africaine et du
NEPAD pour atteindre ses objectifs. Elle a aussi lancé un appel
aux bailleurs de fonds afin qu’ils soutiennent ses initiatives.
Norbert
N. Ouendji,
FDA info, 5ème numéro,
vendredi 8 mars 2002 [sommaire]