L'ART AU SERVICE DE L'ESPRIT ET DU DÉVELOPPEMENT


Maria Thundu, FDA info, 5ème numéro, vendredi 8 mars 2002 [sommaire]

Le rôle de l’art et de la culture dans le développement sociétal ne comptait pas parmi les nombreux sujets discutés durant le Troisième Forum pour le développement de l’Afrique (FDA III) qui porte sur l’intégration régionale.

Bien sûr, il y a ceux qui diront que lorsqu’on en vient au sujet de l’intégration régionale et aux autres sujets relatifs à l’Union africaine, il convient de passer le peu de temps disponible sur les questions les plus «sérieuses».

Mais la plupart des artistes désapprouveraient. Pour eux, l’art est quelque chose qu’ils considèrent être d’importance nationale.

«Le rôle de l’art dans le développement est quelque chose d’essentiel», a déclaré Indrias Getachew, un photographe éthiopien. «Cela crée des liens entre les gens. Nous agissons comme des ambassadeurs auprès des autres cultures, suscitant l’intérêt et l’appréciation pour un endroit, un style de vie, un peuple, à travers le continent», a- t- il précisé.

L’exposition de photographies de Getachew prises sur l’île de Gorée au Sénégal est actuellement exposée à l’Alliance éthio- française jusqu’au 16 mars.

Le but de cette exposition est de «capturer l’esprit de Gorée et d’y transporter les gens par la photo». Il a rappelé que Gorée reste un lieu important pour beaucoup de membres de la diaspora africaine. Selon lui, beaucoup de gens, y compris dans son propre pays, ne connaissent même pas l’existence de cet endroit.

«C’est vraiment malheureux que nous n’en sachions pas plus sur ce qui se passe au- delà de nos frontières», a- t- il indiqué.

Bien que l’art n’ait pas occupé une place centrale dans les sessions plénières du FDA III, il a véritablement constitué l’un des apports du Forum cette semaine, avec l’exposition d’art dans le Centre de conférences et la grande soirée de mode qui s’est tenue au Sheraton Addis ce jeudi soir.

L’art est quelque chose qui a clairement un rôle important à jouer dans le domaine du développement, a déclaré Gunther Cyranek, le chargé d’information de l’UNESCO [1] à Addis- Abeba, qui a ajouté que l’art n’est pas réservé à «l’élite».

«L’art est un moyen d’affirmer son identité. Il donne aux gens la possibilité de s’exprimer», a- t- il ajouté. C’est la raison pour laquelle l’UNESCO essaie autant que possible de soutenir les jeunes artistes.

En termes d’intégration régionale, l’art constitue indéniablement un moyen de relier les gens à travers le continent.

L’Afrique a connu une longue tradition d’efforts en ce sens, nombre d’entre eux ayant été soutenus par l’Organisation de l’unité africaine (OUA) par l’organisation de festivals d’art. Récemment, la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) a mis l’accent sur les échanges culturels interrégionaux et a porté plus d’attention à la culture.

Le mois prochain, une nouvelle organisation, the African Observatory of Cultural Policies, va être inaugurée pour promouvoir le développement «des politiques culturelles nationales dans la région, et leur intégration dans les stratégies de développement humain, à travers un plaidoyer et la promotion d’échanges d’informations, de recherche, de capacités ainsi que la coopération aux niveaux régionaux et internationaux».

Cet observatoire a été créé avec l’aide d’organisations telles que l’OUA, l’UNESCO et la Fondation Ford avec pour but la création d’une organisation professionnelle, dont le principal intérêt sera d’évaluer les besoins des pays africains, de promouvoir la vie culturelle et de constituer un centre de ressources pour le continent.

1. Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture


Maria Thundu, FDA info, 5ème numéro, vendredi 8 mars 2002 [sommaire]

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