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Déclaration d’Addis-Abeba sur la Jeunesse et la Gouvernance en Afrique

Fait à Addis-Abeba
10 octobre 2004

Colloque pré-ADF sur la jeunesse et la gouvernance
Quatrième Forum pour le développement de l’Afrique (ADF IV) :
Gouvernance pour une Afrique en marche

Préambule

Nous, jeunes gens, représentants d’organisations ou mouvements et de réseaux représentatifs aux niveaux national, sous-régional et régional, ainsi que de la Diaspora participant au Colloque pré-ADF sur la jeunesse et la gouvernance, parlant au nom des jeunes africains, nous nous engageons à bâtir un meilleur avenir pour l’Afrique. Nous nous engageons à nous donner les moyens d’action nécessaires pour penser par nous-mêmes, être autosuffisants, vivre en bonne santé, avoir accès à l’éducation et jouer notre rôle dans la mise en place de la bonne gouvernance en Afrique.

Nous sommes disposés à prendre une part active à la reconstruction de notre continent, de façon à nous préparer aujourd’hui à être les dirigeants de demain.

VIH/sida

Nous reconnaissons les efforts qui ont déjà été faits pour lutter contre le VIH/sida et nous pensons que le seul moyen véritablement efficace de lutter contre cette pandémie passe par une action concertée. En conséquence, nous proposons :

- Que chaque pays africain mette en oeuvre des politiques sensibles aux besoins des jeunes sur le VIH/sida et qu’il les concrétisent effectivement au niveau national dans des programmes qui permettront d’améliorer l’accès à des soins médicaux de qualité et à des prix abordables.
- Que l’appui aux organisations des jeunes s’intensifie et que tous les acteurs intéressés s’engagent avec les jeunes dans de véritables partenariats pour assurer l’indépendance et la viabilité des programmes, élaborer des stratégies et fixer des priorités permettant de renforcer les capacités.
- Que les jeunes soient responsabilisés en incorporant l’éducation sexuelle en ce qui concerne les droits en matière de reproduction et de sexualité des adolescents dans les programmes scolaires.

Pour notre part, nous nous engageons à tenir des débats francs sur le VIH/sida pour que les personnes touchées par cette maladie ne soient pas stigmatisées et pour associer également les autres jeunes à cette lutte.

Éducation et emploi

Nous pensons que l’éducation et l’emploi sont essentiels à l’épanouissement individuel et à la création d’États compétents. Nous reconnaissons le rôle de l’enseignement extra-scolaire dans le processus de développement. Nous proposons :

- Que les États assurent la qualité et la pertinence de l’éducation par rapport aux exigences du marché du travail pour permettre aux diplômés de trouver un emploi intéressant dans leurs communautés ;
- Que la culture de l’esprit d’entreprise soit encouragée par la recherche de solutions créatives comme des systèmes d’appui à la petite et moyenne entreprise conçus pour les jeunes;
- Que nous exploitions dans la mesure du possible les possibilités d’éducation et d’emploi en utilisant les technologies de l’information et de la communication pour mieux répondre aux besoins de développement de l’Afrique ;
- Que le lieu de travail soit un milieu accueillant, en interdisant les pratiques discriminatoires à l’égard des jeunes et le harcèlement sexuel et en mettant mécanismes et de systèmes permettant de signaler les abus et d’y remédier.

Pour notre part, nous nous engageons à nous former et à nous perfectionner pour jouer le rôle qui nous revient dans la construction de notre pays et la renaissance de l’Afrique.

Démocratie et gouvernance

Nous reconnaissons et saluons les efforts déployés en Afrique pour améliorer la gouvernance. Pour que les leçons apprises soient profitables à long terme, il faut associer davantage les jeunes. Nous proposons donc :

- Qu’il y ait une participation plus constructive des jeunes au processus décisionnel, dans le cadre d'institutions sociales, y compris le gouvernement, le secteur privé et la société civile. Les jeunes doivent être associés à la conception, à la mise en oeuvre et au suivi des politiques gouvernementales;
- Que les jeunes soient intégrés dans les structures et la conduite des affaires publiques, les organisations sous-régionales, régionales et internationales;
- Que, dans le cadre de l’Union africaine et du NEPAD, les jeunes élaborent une Charte de la jeunesse africaine ;
- Que, pour accélérer l'élaboration de politiques nationales concernant les jeunes dans tous les pays africains, un modèle de politique dans ce domaine soit élaboré et adapté aux réalités de chaque pays ;
- Que des initiatives soient prises pour que tous les jeunes Africains puissent sentir qu’ils sont une partie vivante de l’Afrique et que, quel que soit leur secteur ou leur cadre culturel, ils aspirent et contribuent au redressement et à l’émancipation réelle du continent.

Pour notre part, nous nous engageons à pratiquer la bonne gouvernance au sein de nos propres institutions, qui implique la participation, la transparence, le respect de l’obligation redditionnelle, la neutralité, l’efficacité, et la décence.

Conclusion

L’adoption de la bonne gouvernance assurera une renaissance de l’Afrique, qui permettra aux jeunes africains de réaliser leurs rêves et leurs aspirations. Nous sommes résolus à promouvoir l’avènement de cette époque où nous, jeunes africains, libérés du carcan de la pauvreté, vivront dans un monde où nous pourrons nous rendre utiles et devenir des dirigeants efficaces pour nos nations.

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