Groupe
de discussion thématique sur les parlementaires et
la gouvernance
Note
de synthèse
Introduction
La
bonne gouvernance est indispensable si l'on veut mobiliser
et obtenir des ressources et en optimiser la gestion. La
gouvernance politique et économique est au cœur
de la mise en oeuvre du Nouveau Partenariat pour le développement
de l'Afrique (NEPAD), un programme d'action qui consacre
les valeurs et initiatives fondamentales de l'Afrique en
marche. Le « système de gouvernance » d'un
pays symbolise des relations d'une grande complexité
dans lesquelles entrent en jeu les partis politiques, les
secteurs viables de la société civile, la
fonction publique, un pouvoir judiciaire fort et indépendant,
ainsi que les médias. Les institutions de la gouvernance
constituent donc le lien qui unit l'ensemble de la population.
Les
parlementaires sont les « dépositaires »
du mandat du peuple: on présume qu'ils feront prévaloir
les intérêts nationaux et publics sur d'autres
intérêts étriqués et particularistes.
Comme ils sont chargés d'adopter les lois, de superviser
et de contrôler les organes exécutifs, en collaborant
harmonieusement avec les principaux acteurs de la société
civile et en menant de bonnes campagnes d'information, ils
sont censés jeter les bases de la paix et de la sécurité,
de la démocratie, de la bonne gouvernance et d'une
gestion économique et judicieuse, mais également
prendre des mesures permettant de supprimer les inégalités
sociales, d'éradiquer la pauvreté et de promouvoir
un développement durable et équitable pour
tous.
Objectif
du groupe de discussion
L'objectif
du groupe de discussion sur les parlementaires et la gouvernance
est de traiter du corps législatif en tant que pouvoir
important et de son rôle crucial en tant que contrepoids
au pouvoir exécutif. Le groupe examinera à
fond les questions d'indépendance, d'activisme législatif,
de normes de transparence et d'obligation redditionnelle,
de besoins en matière de formation et de renforcement
des compétences, en particulier pour l'analyse et
l'examen des orientations et le contrôle budgétaire.
Principaux
thèmes
1)
Contrôle par les députés et les commissions
parlementaires
Pour
être réellement en mesure de définir
les conditions de fonctionnement du pouvoir exécutif,
le corps législatif doit être indépendant.
Toutefois, en matière de législation, les
sessions de la plupart des parlements africains sont dominées
par l'examen des projets de loi, les propositions de loi
étant peu nombreuses. Le pouvoir législatif
doit être doté de moyens lui permettant de
mener des recherches juridiques sur les questions qui lui
sont soumises et d'analyser les lois.
Dans
les démocraties plus anciennes, les députés
et les commissions parlementaires peuvent faire appel au
personnel pour obtenir une assistance technique. Ils peuvent
recourir à des services de recherche et bibliothécaires,
ainsi qu'à une vaste gamme de compétences
en dehors du parlement lui-même, les archives du parlement
constituant une source d'information supplémentaire.
Peu de parlements africains disposent de ce type de ressources.
De plus, lorsque les parlementaires n'ont pas la formation,
les compétences et l'expérience requises en
matière de procédures parlementaires ou n'ont
pas les moyens nécessaires, leurs possibilités
de rédaction des textes législatifs s'en ressentent
gravement.
Il
faudrait également renforcer le rôle des commissions
parlementaires dans les domaines de la législation
et du contrôle, en adoptant les dispositions ci-après:
a)
Instaurer des débats au sein des commissions, sur
les questions qui leur sont adressées par le parlement
et maintenir des relations étroites entre les parlementaires,
les commissions parlementaires et les organisations de la
société civile, en établissant des
liens avec des réseaux, par exemple pour lutter contre
la corruption ou pour réduire la pauvreté.
b)
Mettre en place des mécanismes de suivi et d'évaluation
qui permettent aux commissions parlementaires, aux parlementaires
et aux parlements de disposer d'outils plus efficaces pour
évaluer les activités menées et les
résultats obtenus dans des domaines divers.
Quelques
questions à examiner:
-
Qu'est-il
possible de faire pour combler ce manque de services
de recherche et de moyens de rédaction des textes
législatifs ? Quelles sont les meilleures pratiques
en matière de programmes de formation dans ce
domaine ?
-
Comment
les parlements et la société civile peuvent-ils
mieux collaborer pour combler le déficit de connaissances
?
-
Comment
les parlements peuvent-ils établir des relations,
des réseaux et des échanges avec d'autres
parlements et commissions sur tout le continent ? Quelles
sont les meilleures pratiques dans ce domaine?
-
Par
quels autres moyens les parlements peuvent-ils faire
en sorte que ces connaissances soient partagées
et institutionnalisées ?
-
Quel
type de suivi et d'évaluation peut-on appliquer
pour évaluer l'efficacité parlementaire
?
2)
Contrôle financier et budgétaire
Les
moyens dont disposent les parlements pour veiller à
la transparence et à la responsabilisation en matière
de gestion des fonds publics sont d'une importance cruciale.
Les commissions de contrôle des comptes publics, en
particulier, sont la clef de voûte du contrôle
que le parlement exerce sur le pouvoir exécutif,
dans le cadre de l'exécution du budget, des allocations
de crédits, de l'application des plans de réduction
de la pauvreté et de l'approbation des prêts
et des transactions commerciales internationales. Leur rôle
couvre également l'examen du rapport du vérificateur
général des comptes, et de ses propres services,
pour en vérifier l'indépendance. Quelques
questions à examiner:
-
Qu'est-il
possible de faire pour que les parlements puissent mieux
instituer des services de vérification des comptes
qui soient indépendants, responsables et transparents
?
-
Comment
les parlements peuvent-ils mieux préconiser et
encourager le renforcement des moyens dont l'État
dispose pour lutter contre la corruption?
-
Comment
les parlements peuvent-ils renforcer leur participation
au processus budgétaire en menant des consultations
publiques destinées à améliorer
la transparence et faire en sorte que le processus associe
davantage de groupes vulnérables tels que les
minorités ou les femmes?
-
Comment
les parlementaires peuvent-ils jouer un rôle plus
actif dans la mise en oeuvre des documents de stratégie
pour la réduction de la pauvreté (DSRP)
?
3)
Autres questions d'efficacité parlementaire
Le
progrès du savoir-faire politique et le développement
de la gestion politique sont des facteurs essentiels pour
asseoir la bonne gouvernance et la démocratie. Les
besoins en matière de formation englobent l'amélioration
des compétences et des connaissances des parlementaires
pour leur permettre de participer efficacement au processus
législatif et d'être mieux outillés
pour servir leurs mandants. Les consultations avec ces derniers,
avant l'adoption des lois, peuvent renforcer l'appui du
public en faveur des orientations prises. De plus, les parlementaires
eux-mêmes devaient être proches du public.
Le
fait que celui-ci puisse accéder au parlement et
en connaître les procédures contribue également
à instaurer la confiance, ce qui peut être
renforcé par des mécanismes tels que les auditions
publiques, les comités d'experts, les tribunes du
public, etc. L'attention que les médias accordent
à ces événements et les commentaires
éclairés des groupes de réflexion peuvent
également sensibiliser le public à des questions
importantes. L'utilisation des communications électroniques
est de plus en plus courante pour l'échange d'informations,
mais les informations écrites à caractère
informel sur les lois demeurent cruciales: elles doivent
être faciles à comprendre et accessibles au
grand public.
Dans
les systèmes politiques démocratiques, le
bon fonctionnement des parlements dépend également
de l'existence d'une véritable opposition qui participe
à ce fonctionnement comme il sied. Les partis minoritaires
et les parlementaires indépendants élargissant
le champ des choix politiques, donnent des points de vue
divergents légitimes et contrebalancent le pouvoir
exécutif. Assurer la représentation et la
participation de tous les groupes est un défi que
doivent relever toutes les sociétés multiethniques.
Les groupes minoritaires ont besoin d'être convaincus
qu'ils jouissent des mêmes droits que les autres,
que leurs intérêts et leurs besoins sont pris
en compte et qu'ils peuvent être au nombre des partis
politiques traditionnels.
Quelques
questions à examiner:
-
Comment
le dialogue et les échanges peuvent-ils être
renforcés entre parlementaires africains pour
professionnaliser davantage la fonction ?
-
Comment
les parlementaires peuvent-ils parvenir à maximiser
la transparence, ainsi que la participation des particuliers
à la prise de décisions ?
-
Comment
les défis consistant à informer les mandants
sur les décisions législatives sont-ils
relevés et élargis ?
-
Quel rôle la déontologie, les règles
relatives à la divulgation d'informations et
les codes de conduite parlementaire peuvent-ils jouer
dans la définition des paramètres du comportement
acceptable et des responsabilités ? Fonctionnent-t-ils
?
-
Dans
le but d'instaurer des conditions identiques pour tous,
on a adopté dans bien des cas des stratégies
consistant à instituer des quotas de candidates
ou à réserver aux femmes des sièges
au Parlement. Ces stratégies fonctionnent-elles?
-
Comment
les efforts visant à représenter des groupes
sociaux et des intérêts différents
se traduisent-ils dans la réalité ? Quelles
autres avancées peut-on faire dans ce domaine
?
Conclusion
Tels
sont certains des thèmes que le groupe de discussion
thématique devra examiner avant la tenue d'ADF IV
en octobre 2004. L'opinion du groupe sur les principaux
domaines de préoccupation et le consensus dégagé
sur les mesures à recommander orienteront les délibérations
en plénière, avec d'autres parties prenantes
et certains chefs d'État, pendant le Forum lui-même.