FILS DE L’AFRIQUE,
UNISSEZ-VOUS ET LUTTEZ
La salle de conférence 1 unie par le chant ce matin
alors que Président Kenneth Kaunda s’est adressé
à la séance plénière d’ADF IV
sur le thème « L’incidence du VIH/sida sur les
capacités de gouvernance en Afrique ». Après
avoir lancé un vibrant appel en faveur d’une intervention
résolue des gouvernements et dirigeants africains à
tous les niveaux pour stopper la hausse continue des infections
par le VIH/sida, M. Kaunda a demandé aux participants
de chanter avec lui une chanson de Nkrumah :
Fils de l’Afrique, levez-vous et luttez
Filles de l’Afrique, levez-vous et resplendissez
Au nom de la grande Afrique
Nous lutterons contre le sida et le vaincrons
Il
a décrit l’épidémie comme « une
crise qui, à mon avis, devrait être considérée
comme une situation critique exigeant des mesures extraordinaires
et urgentes ; une crise qui ne demande pas seulement l’attention
immédiate de nos gouvernements mais, plus important,
leur volonté d’agir. »
Il a fait observer que la stigmatisation empêchait
encore de nombreuses victimes du VIH/sida de rechercher traitements
et conseils, et il a appelé les dirigeants politiques
de haut niveau à encourager la franchise. Il a donné
en exemple sa propre situation : en 1986, alors qu’il était
encore Président de la République de Zambie,
son fils est décédé d’une maladie liée
au sida. À la surprise de beaucoup, le Président
Kaunda avait alors convoqué une conférence de
presse pour annoncer au monde la cause du décès
de son fils. Il est maintenant le parrain de la Commission
sur le VIH/sida et la gouvernance en Afrique (CVGA).
La deuxième plénière du jour s’intitulait
« Responsabilité mutuelle et bonne gouvernance
en Afrique : Le rôle des partenaires de développement
». La séance était présidée
par M. K.Y. Amoako, Secrétaire exécutif de la
Commission économique pour l’Afrique et les experts
étaient M. Gerald Ssendaula, Ministre des finances,
de la planification et du développement économique
de l’Ouganda; Mme Anna Maria Agnes van Ardenne-van der Hoeven,
Ministre de la coopération pour le développement
des Pays-Bas ; l’Ambassadeur Bengt Säve-Söderbergh
de Suède ; M. Richard Carey, Directeur adjoint du Comité
d’aide au développement de l’Organisation de coopération
et de développement économiques (CAD/OCDE) ;
l’Ambassadeur Shinsuke Horiuchi du Japon ; et M. Dave Fish,
Directeur du Département Afrique au Ministère
du développement international du Royaume-Uni.
M. Ssendaula a appelé les partenaires du développement
à respecter les nombreux engagements pris envers l’Afrique,
en particulier en ce qui concerne la qualité et le
volume de l’aide au développement. Il a également
déclaré que les réformes en profondeur
effectuées par de nombreux pays africains comme l’Ouganda
ne s’étaient pas encore traduites par l’augmentation
escomptée de l’investissement étranger direct,
mais plutôt par une hausse des niveaux de la dette intérieure.
Il a demandé l’annulation de 100% de la dette de l’Afrique
pour que le continent puisse repartir sur des bases nouvelles.
Mme van Ardenne-van der Hoeven a déclaré que
les Pays-Bas avaient déjà respecté leur
engagement de consacrer 0,7% de leur PIB à l’aide au
développement et qu’ils saisiraient l’occasion offerte
par leur actuelle présidence de l’Union européenne
pour inciter d’autres pays à faire de même. Elle
a ajouté qu’il était important que les partenaires
du développement harmonisent toutes leurs politiques
en faveur de l’Afrique pour garantir des résultats
visibles. Elle a mentionné la politique agricole commune
(PAC) européenne qu’elle a qualifiée de particulièrement
néfaste pour l’Afrique, au même titre que les
politiques relatives aux médicaments génériques
et à l’immigration. Elle a appelé tous les pays
de l’OCDE à œuvrer en faveur d’un système commercial
international plus juste en parvenant à des résultats
concrets en matière de développement à
la prochaine réunion de l’Organisation mondiale du
commerce à Hong Kong.
La troisième séance plénière
du jour a été consacrée à la clôture
de la Conférence ministérielle Beijing + 10.