Allocation d'ouverture de M. Abdoulie Janneh, Sous-secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies et Secrétaire exécutif de la CEA
19 novembre 2008
Centre de conférences des Nations Unies
Addis-Abeba (Éthiopie)
Excellence, Monsieur Girma Wolde-Giorgis, Président de la République fédérale démocratique d'Éthiopie,
Excellence, Madame Isatou Njie-Saidy, Vice-Présidente de la Gambie,
Excellence, Monsieur Donald Kaberuka, Président de la Banque africaine de développement,
Excellence, Monsieur Jean Ping, Président de la Commission de l'Union africaine,
Excellence, Madame Ulla Tornaes, Ministre danoise de la coopération pour le développement,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais souhaiter un très chaleureux accueil à Addis-Abeba, siège de la Commission économique pour l'Afrique et de la Commission de l'Union africaine, à toux ceux qui viennent participer au sixième Forum pour le développement de l'Afrique (ADF VI). Nous sommes honorés de la présence de Son Excellence, M. Girma Wolde-Giorgis, Président de la République fédérale démocratique d'Éthiopie. Votre présence, Excellence, est un témoignage de votre engagement personnel vis-à-vis du développement africain et de l'appui et de l'hospitalité précieuses que nous continuons de recevoir du gouvernement et du peuple éthiopiens. Merci d'être venu.
Monsieur le Président, la présente réunion est un exemple patent de la collaboration fructueuse qui existe à l'heure actuelle entre la Commission de l'Union africaine, la Banque africaine de développement et la CEA. C'est dans cet esprit que nous saluons la présence de M. Jean Ping, Président de la Commission de l'Union africaine et de M. Donald Kaberuka, Président de la Banque africaine de développement.
Nos partenaires de développement nous ont aidé à organiser ce forum et je souhaite remercier les gouvernements suédois, norvégien, finlandais, espagnol, britannique et danois dont le Ministre de la coopération pour le développement, Mme Ulla Tornaes est avec nous aujourd'hui. Mme Tornaes s'est faite l'apôtre des Objectifs du Millénaire pour le développement et nous l'écouterons nous parler ultérieurement de certaines des réalisations positives à cet égard.
M. le Président, 15 ans après Beijing, dix après que la CEA a organisé une conférence sur les femmes africaines et le développement économique et alors que nous célébrons cette année le 50e anniversaire de la CEA, l'Afrique continue d'être aux prises avec des problèmes concernant l'égalité entre les hommes et les femmes. Certains progrès ont été réalisés depuis lors puisqu'il y a désormais sur le continent la première femme Présidente au Libéria, Mme Hélène Johnson Sirleaf et c'est également une jeune femme africaine qui est la Vice-Secrétaire générale de l'Organisation des Nations Unies, Mme Asha-Rose Migiro, qui prendra la parole à notre session plénière de vendredi matin. Le Rwanda est désormais le pays qui connaît la plus forte représentation féminine au Parlement, 52 % des membres de cet organe étant des femmes et l'ensemble du continent a fait des progrès non négligeables en ce qui concerne l'éducation des filles.
Pourtant, il nous reste beaucoup à faire et c'est pourquoi je salue la présence de tant d'entre vous venus ici pour débattre de cet important sujet, notamment leurs Excellences, Mme Isatou Njie-Saidy, Vice- Présidente de la Gambie, M. Lesao Lehohla, Vice-Ministre et Ministre des affaires intérieures du Royaume du Lesotho, Mme Sia Koroma, première dame de Sierra Leone et Sa Majesté, Sylvia Nagginda, Reine du Royaume du Buganda en Ouganda.
Le thème de ce sixième Forum pour le développement de l'Afrique « Agir pour l'égalité des sexes, l'autonomisation des femmes et l'élimination de la violence contre les femmes en Afrique » est tout à fait pertinent et opportun en particulier dans le cadre de l'accélération des efforts déployés pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement à la date prévue. Il nous permettra également de prêter main forte à la récente campagne pluriannuelle lancée par le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies pour intensifier les mesures visant à mettre fin à la violence contre les femmes et les filles, laquelle se déroulera entre 2000 et 2015 et dont la fin coïncidera avec la date butoir des Objectifs du Millénaire pour le développement.
L'égalité entre hommes et femmes et l'autonomisation des femmes sont tout à fait indispensables pour atteindre un développement durable et inclusif. En effet, promouvoir l'éducation et la formation des femmes et leur accès à des intrants productifs tels que la terre, le crédit, les techniques économisatrices de temps et les TIC pourraient aider les pays africains à améliorer les taux annuels de croissance, afin d'atteindre les OMD. ADF VI offre donc l'opportunité de réfléchir sur les progrès réalisés en matière d'égalité entre hommes et femmes en Afrique dans le sens défini dans les OMD sur les questions homme-femme et les instruments de l'Union africaine sur l'égalité homme-femme. Ce faisant toutefois, nous ne devons pas perdre de vue que l'Afrique, comme le reste du monde est confrontée à des problèmes liés aux récentes augmentations historiques des prix des denrées alimentaires et du pétrole, dont les effets ont été aggravés plus avant par la crise financière mondiale. Tout cela, associé aux effets négatifs du changement climatique affecte les femmes et les hommes de manière différente et risquent de creuser et d'élargir les inégalités existantes entre hommes et femmes.
Le réexamen de l'état d'application de la Plate-forme de Dakar et du Plan d'action de Beijing entrepris à la septième Conférence régionale sur les femmes ne fera qu'étayer mes remarques précédentes sur le fait que nous avons réalisé des progrès considérables concernant les écarts entre les hommes et les femmes dans de nombreux domaines, notamment l'éducation, l'accès aux services sanitaires, la représentation parlementaire et les postes de responsabilité, et la ratification de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de violence à l'égard des femmes (CEDAW). Cependant, beaucoup reste à faire, surtout que le fort taux de croissance de plus de 5% par an n'a pas eu les effets escomptés sur l'élimination de la pauvreté, la réalisation des OMD, l'égalité homme-femme et le développement social en général.
Il est également clairement établi que des politiques, législations et stratégies propres à promouvoir l'égalité entre les hommes et les femmes et l'autonomisation des femmes ont été adoptées dans de nombreux pays de africains. Néanmoins, ces diverses mesures doivent être plus efficacement appliquées pour qu'elle influent véritablement sur la situation. Certes, d'importants obstacles entravent encore l'autonomisation des femmes, tandis que la violence à l'égard de celles-ci et la violation des droits fondamentaux des femmes et des filles suscitent toujours de vives préoccupations. Ce groupe vulnérable continue d'être marginalisé sur le marché du travail et n'a qu'un accès limité aux biens et autres moyens de production. Étant donné que les êtres humains sont le plus précieux facteur de développement, marginaliser les femmes revient à maintenir hors du processus de développement plus de la moitié des ressources humaines de l'Afrique.
Comme en témoigne le présent Forum, la CEA continue d'œuvrer en partenariat étroit avec la Commission de l'Union africaine, la Banque africaine de développement, les organismes des Nations Unies et d'autres partenaires bilatéraux, afin de rendre les décideurs et les autres parties prenantes au sein des États membres plus aptes à utiliser les outils et les méthodes appropriés pour mettre en place des politiques et programmes soucieux de l'égalité entre les hommes et les femmes. L'une de nos principales réalisations dans ce domaine est l'élaboration de l ' Indicateur de développement et des inégalités entre les sexes en Afrique (IDISA), qui mesure l'ampleur de ces inégalités sur le continent et permet aux pouvoirs publics africains d ' évaluer dans quelle mesure ils ont réussi à combler le fossé entre les sexes et à promouvoir la cause des femmes. D'autres réalisations comprennent la création de l'Observatoire des droits de la femme en Afrique destiné à suivre la situation des droits des femmes au niveau régional, et l ' élaboration d'un guide permettant d'intégrer dans les statistiques nationales le travail non rémunéré et la production des ménages .
Il n'en reste pas moins que l'Afrique doit accélérer la mise en œuvre de l'ensemble des instruments et des politiques relatifs à la promotion de l ' égalité homme-femme. C'est dire qu'un travail très important attend ce Forum. Les résultats de nos délibérations devront permettre de rapprocher davantage nos pays des objectifs visés d ' égalité homme-femme, d'autonomisation des femmes et d'une vie sans violence pour les femmes et les filles africaines. C'est dans cet esprit que ce Forum a été convoqué afin d'examiner les progrès accomplis vers l ' égalité des sexes, l'autonomisation des femmes et l ' élimination de la violence contre les femmes et de proposer les mesures concrètes à prendre pour accélérer le processus. Nous devrons donc mettre l'accent sur l'adoption d'un plan d'action novateur et bien pensé, qui permette des interventions et des changements dans le cadre de nos trois principaux sous-thèmes .
Je ne terminerai pas sans saluer la présence en grand nombre de ministres responsables de divers secteurs, présence qui témoigne de l'importance qu'ils attachent à la question de l'égalité entre les hommes et les femmes. La diversité des domaines représentés par les honorables ministres, promotion de la femme, affaires intérieures, affaires étrangères, finances et défense, prouve la nécessité de conjuguer les efforts dans tous les secteurs en vue d'atteindre les objectifs mondiaux et régionaux sur l ' égalité des sexes, l'autonomisation des femmes et l ' élimination de la violence contre les femmes. Je me félicite également de la présence de nombreux parlementaires, des médias et des représentants des organisations de la société civile, qui ne parleront que d'une seule voix pour qu'ADF VI soit synonyme de succès .
Le Système des Nations Unies a travaillé sans répit pour garantir le succès de cette rencontre et le PNUD, l'UNIFEM, l'UNICEF, le FNUAP et l'OIT ont contribué à faire venir un grand nombre d'entre nous ici aujourd'hui. Nous remercions de même la Fondation africaine pour le renforcement des capacités et le Fonds africain pour le développement des femmes de la contribution qu'ils ont apportée à cet événement.
Je vous remercie une fois encore d ' être venus partager votre expertise et vos points de vues et mettre vos énergies et votre temps au service de l ' égalité entre les hommes et les femmes en Afrique .
Je vous souhaite plein succès dans vos délibérations.
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