L’égalité des genres et l’autonomisation des femmes sont en eux-mêmes des objectifs de développement
Addis-Abeba – 21 novembre 2008- (CEA) – La troisième journée du sixième Forum pour le développement de l'Afrique (ADF VI) a été rehaussée par la présence de Mme Sia Koroma , Première Dame de la Sierra Leone, Dr,. Mo Ibrahim, Président de la Fondation Mo et Mme Asha-Rose Migiro, Vice-Secrétaire générale de l’ONU.
Tous ont été unanimes à saluer cette initiative prise par la Commission économique pour l’Afrique, conjointement avec la Commission de l’Union africaine et la Banque africaine de développement.
Soulignant l’importance de cette initiative, la Première dame de la Sierra Leone a dit entre autre: « ce forum est particulièrement utile pour moi dans mon travail de plaidoyer et mes efforts visant à influencer les politiques de mon pays ». Évoquant les conséquences de la guerre civile que la Sierra Leone a connue, Mme Sia Koromo a fait remarquer que les femmes et les enfants en étaient les premières victimes et qu’une proportion considérable de la population était formée de veuves et d’orphelins. « La femme est pauvre chez nous malgré le fait qu’elle soit économiquement très active. Elle n’a pas accès à la terre et a peu pou pas de pouvoir de décision sur les aspects qui affectent sa vie et sa santé. » Elle a cependant fait remarquer qu’une série de lois importantes ont été promulguées dans le but de faire évoluer les rapports hommes- femmes, introduire plus de justice dans le domaine de l’héritage et des rapports au sein de la famille et garantir la protection des enfants vulnérables.
Parlant des efforts qu’elle est en train de déployer pour la promotion des droits des femmes et l’égalité entre les sexes, la Première Dame de la Sierra Leone a cité la lutte contre la violence à l’égard des femmes comme étant une préoccupation majeure pour elle et que ses interventions dans ce domaine privilégiaient surtout le recours à l’éducation et l’information pour faire évoluer les mentalités, en se faisant aider en cela par les chefs religieux et traditionnels. Des initiatives importantes sont aussi en cours pour réduire la mortalité maternelle et infantile à travers le pays.
Succédant à la Première Dame de la Sierra Leone, Dr Mo Ibrahim, Président de la Fondation Mo Ibrahim a introduit une note très optimiste en insistant que l’Afrique a connu et connaît des cas de réussite tant dans les domaines politiques qu’économiques. La bonne gouvernance, les efforts de démocratisation, le rôle reconnu des organisations de la société civile ne sont plus étrangers au continent africain qui a produit des hommes aussi illustres que Nelson Mandela. Il a cependant remarqué que beaucoup restait à faire, surtout pour rendre plus effectif le respect des droits des femmes et l’égalité entre les sexes. A ce propos, Dr Mo Ibrahim a exhorté les femmes à « aller de l’avant et à réclamer leurs droits sans attendre que les hommes les leur donnent. »
La première séance plénière de cette journée a été clôturée par le discours de Mme Asha-Rose Migiro, Vice-Secrétaire générale de l’ONU qui a salué ce partenariat entre les trois organisations africaines et en a souligné l’importance car « il se déroule à un moment crucial et traite de thèmes tout aussi cruciaux.” Il aidera, a- t-elle ajouté à « tracer les politiques pertinentes en Afrique et impulser les impératifs du développement dans le continent. »
Se référant au document de synthèse soumis au Forum sur « l’Autonomisation des femmes africaines », la Vice-Secrétaire générale de l’ONU a relevé l’accent mis sur le fait que « l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes [étaient] en eux-mêmes des objectifs de développement. Ils revêtent une importance cruciale pour la réalisation du développement durable, surtout en Afrique ».
Se félicitant de la participation au Forum d’un bon nombre de ministres des finances africains, Mme Migiro s’est fait l’écho du sentiment général de l’assistance pour qui « l’égalité des genres n’est pas l’affaire des femmes seulement…. , ni celle des ministres chargés des questions de genre et des femmes, mais bien celle des ministres de la défense, des finances, de la justice, de l’intérieur et des affaires étrangères également ».
A son tour, Mme Migiro a salué le travail et la ténacité des organisations de la société civile à travers le continent, en ajoutant que « vu les défis qui restent à relever, nous devons tous travailler ensemble dans un but réfléchi et avec vigueur ». Elle a par ailleurs mis en garde contre la persistance des disparités entre les homme et les femmes, les garçons et les filles, et ce dans les domaines de la santé, de l’enseignement supérieur, de l’emploi et de l’autonomisation. Ces disparités, a-t- elle observé, risquent de compromettre les progrès que l’on a pu réaliser et entraver les efforts visant à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et garantir le succès du NEPAD. Ceci, ne pourrait se faire, a-t-elle ajouté, qu’en « accordant des chances égales aux femmes et aux hommes dans le domaine de la participation économique, sociale et politique. »
Mme Migiro a conclu son allocution en insistant que la crise financière actuelle a des retombées particulièrement graves sur les femmes et « menacent de réduire l’aide au développement mais aussi la capacité de nombreux pays africains à promouvoir la condition féminine et l’égalité entre les hommes et les femmes.” De ce fait, a-t-elle souligné, l’on doit désormais explorer de nouvelles possibilités pour financer les efforts déployés en faveur de l’égalité hommes- femmes en recourant aux ressources locales et aux ressources non traditionnelles de financement extérieur. »
Les problèmes dus au changement climatique, à la cherté des prix des produits alimentaires et des carburants, sont autant de sources de préoccupation pour les femmes comme pour les homme en Afrique, d’où la nécessité de trouver des solutions qui traitent les causes réelles de ces de problèmes. Ces solutions doivent inclure aussi l’application des droits des femmes relatifs à l’accès à la terre, l’eau, aux sources d’énergie et à la technologie agricole. “Améliorer les conditions de vie des populations rurales, consacrer l’égalité grâce à la révision des lois nationales et renforcer la participation des femmes dans le processus de décision sont autant de solutions, selon La Vice-Secrétaire générale de l’ONU, susceptibles d’aider l’Afrique à atteindre les objectifs d’égalité, de développement et de paix. » Mme Migiro a exhorté les participants à tout mettre en œuvre pour « forger des partenariats et identifier des actions concertées plus fortes au service de la promotion des femmes et de l’égalité pour le bien du continent tout entier. »
La suite des travaux du Forum a été marquée par deux activités majeures à savoir la tenue d’un dialogue interactif sur les nouvelles questions pressantes que sont l’envolée des prix des produits alimentaires et des carburants, le changement climatique et la crise financière ; ainsi que la tenue de la réunion du Comité sur le projet de Plan d’action devant être avalisé à la fin des travaux du Forum. Ce Plan d’action servira à accélérer la mise en œuvre des engagements pris pour la réalisation de l’égalité effective des sexes et la promotion de la condition des femmes en Afrique.
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