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ADF VI : le salut de l'Afrique passe par l'intégration économique et l'égalité homme/femme


Addis-Abeba – 21 novembre 2008- (CEA) – Face aux multiples crises internationales en cours et au risque d'impact négatif réel sur les économies africaines, le salut de l'Afrique passe par une solide intégration politico-économique et un renforcement de l'égalité entre homme et femme, ont affirmé vendredi experts et participants à la sixième édition du Forum pour le Développement de l'Afrique (ADF VI) à Addis Abéba.

« La solution passe par l'intégration politique et économique de l'Afrique et les femmes africaines ont un rôle prépondérant à jouer», a notamment déclaré M. Kouassi Nguettia René, Directeur du Département des Affaires économiques de la Commission de l'Union africaine lors d'un dialogue interactif centré sur les points d'actualité à la lumière des questions du genre.

Selon les expert(e)s africain(e)s, l'impact de la crise financière mondiale doit se traduire en Afrique par une aggravation de la pauvreté et une marginalisation accrue notamment dans le secteur informel qui compte principalement des femmes. Celles-ci ont déjà payé un lourd tribut à la crise alimentaire et à la note pétrolière au cours du 1er semestre 2008.

Soulignant les risques d'une baisse de l'aide publique au développement pour l'Afrique, l'ambassadrice de Suède pour la Démocratie, Mme Maria Leissner a appelé les pays partenaires au développement à « maintenir », voire à accroître cette aide tout en exhortant les décideurs africains à faire en sorte que les femmes « puissent prendre part davantage aux mécanismes de prise de décision », une possible première étape, selon elle, afin de réussir le pari de l'intégration panafricaine.

Mme Leissner a également abordé une autre conséquence probable de la crise sur les économies africaines : la réduction de la rente migratoire qui constitue jusqu'à présent une source considérable de revenus dépassant dans certains cas l'aide publique au développement.

Pour M. Adam Elhiraika, économiste au Département Commerce, Finance et Développement économique de la CEA, le soutien notamment aux femmes entrepreneurs ainsi qu'aux systèmes de micro finance pour l'Afrique constituent de sérieuses pistes de réflexion à évaluer en priorité par les dirigeants africains et à l'échelle internationale. L'agenda de l'égalité homme/femme doit être maintenu et renforcé, a-t-il estimé.

Selon l'Organisation internationale du travail (OIT), la forte activité économique des femmes subsahariennes notamment ne pourra être une force susceptible de contribuer positivement à la hausse des taux de croissance économique de la région que si la productivité et les conditions de travail sont améliorées.

Evoquant la crise alimentaire mondiale, la chute potentielle des cours des matières premières et le dérèglement climatique, M. Josué Dioné, Directeur du Département Développement durable de la ECA, a, quant à lui, souligné la nécessité de se concentrer sur « la mise en œuvre (des politiques adoptées) et la bonne gouvernance ». « Qui doit rendre compte de quoi et devant qui ?», a-t-il lancé aux participants au terme de trois jours de Forum ayant rassemblé plus 600 délégués de tout horizon.

Selon les agences onusiennes, l'agriculture continue de fournir la très grande majorité des emplois destinés aux femmes : dans la région, près de 7 femmes sur 10 (67,9 pour cent) travaillent dans ce secteur, essentiellement dans l'agriculture de subsistance, dans des conditions très dures et avec une sécurité économique très faible, voire inexistante.

S'attardant sur l'impact social de la crise financière mondiale, le Secrétaire général de l'Organisation de l'unité syndicale africaine (OATUU), M. Hassan Sunmonu a prôné « le développement de l'entreprenariat, l'autonomisation des femmes et l'accélération de l'intégration économique» en Afrique. M. Sunmonu a suggéré la mise sur pied d'un programme spécial destiné à répondre à la réduction des capacités budgétaires pour le financement des services sociaux de base (éducation, santé, eau) et des infrastructures publiques (routes, énergie, etc.…).

Plusieurs autorités religieuses sont également montées au créneau pour dénoncer les pratiques de mutilations génitales féminines avant que les participants ne lancent un vibrant plaidoyer pour une plus grande participation des jeunes – femmes - et de la société civile africaine aux processus de décision en Afrique.

« Rien ne pourra se faire pour nous sans nous » a conclu Mme Sheila Sisulu, Directrice exécutive adjointe du Programme alimentaire mondiale.

L'ADF VI, qui a débuté mercredi 19 novembre 2008, doit clôturer ses travaux vendredi soir l'adoption d'un plan d'action assorti de recommandations claires à l'attention des Etats membres et des partenaires en développement pour accélérer la réalisation de l'égalité homme/femme et l'autonomisation des femmes.

 

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