Déclaration
de Son Excellence Monsieur Amadou Toumani Touré, President
de la République du Mali
Presenté
par Son Excellence Monsieur Ousmane Issoufi Maiga, Premier Ministre,
Chef du gouvernement
Excellence
Monsieur le Président,
Monsieur
le Secrétaire Général de l'ONU,
Excellence
Monsieur le Président de la République
Tunisienne,
Excellences
Mesdames et Messieurs les Présidents et
Chefs de
Gouvernements,
J'ai l'insigne
honneur de prendre la parole devant cette auguste assemblée,
au nom de Son Excellence Monsieur Amadou Toumani TOURE, Président
de la République du Mali, qui m'a chargé de vous
dire son regret de n'avoir pu prendre part personnellement à
cette importante rencontre.
Mes premiers
mots seront de remerciements à Son Excellence Monsieur
Zine El Abidine Ben ALI, Président de la République
Tunisienne, à son Gouvernement et à son pays, qui
n'ont rien ménagé pour la qualité de l'accueil
et pour l'organisation de la deuxième phase du Sommet Mondial
sur la Société de l'Information. Je suis certain
que les efforts consentis par la Tunisie trouveront leur juste
récompense dans la réussite du grand événement
que nous vivons.
Mes remerciements
vont ensuite à tous les Etats africains qui ont fait confiance
à mon pays dans le processus de préparation du Sommet
de Tunis. Le Mali a en effet conservé la présidence
du Bureau de Bamako, qui a coordonné, avec l'appui du Ghana,
du Sénégal et de la Commission Economique des Nations
Unies pour l'Afrique le travail des experts africains impliqués
dans le processus de préparation du Sommet Mondial sur
la Société de l'Information.
Mes félicitations
vont justement à ces experts qui ont préparé
les différentes contributions africaines envoyées
au Secrétariat du Sommet et qui ont produit un projet de
Plan d'Action Régional Africain pour l'Economie du Savoir
aujourd'hui adopté par l'Union Africaine.
Monsieur
le Président,
Le Mali,
depuis le Sommet de Genève a maintenu sa ferme détermination
de faire des Nouvelles Technologies de l'Information et de la
Communication un levier important pour son développement
économique, social et culturel.
Avec l'appui
de la Commission Economique des Nations Unies pour l'Afrique et
du Programme des Nations Unies pour le Développement, le
Gouvernement du Mali a élaboré et adopté
une Politique Nationale et un Plan Stratégique Nationale
en matière des Technologies de l'Information et de la Communication.
Le document
de Politique Nationale définit les grandes orientations
à suivre pour aboutir à un développement
harmonieux des Technologies de l'Information et de la Communication
dans notre pays, tandis que le Plan Stratégique énumère
les actions concrètes à mener par les acteurs impliqués
: Gouvernement, Collectivités Locales, Secteur Privé
et Société Civile.
Nous n'avons
cependant pas attendu l'adoption de ces documents fondamentaux
pour prendre des mesures énergiques destinées à
assurer la promotion des Technologies de l'Information et de la
Communication au Mali. En effet, bien avant l'élaboration
et l'adoption de ces documents, nous avons créé
une Agence des Technologies de l'Information et de la Communication,
aujourd'hui pleinement fonctionnelle.
Dans le
domaine de la création d'un environnement favorable, le
Gouvernement a supprimé la taxe sur la valeur ajoutée
sur tous les équipements informatiques entrant au Mali.
Dans celui
de l'éducation, l'Université de Bamako possède
depuis longtemps son réseau virtuel. Les facultés,
les instituts et les grandes écoles disposent des cyberespaces
où étudiants, enseignants et chercheurs peuvent
se connecter, travailler en ligne et exploiter les ressources
de l'Internet.
Parallèlement,
le Mali a procédé à l'équipement et
à la connexion de cyberespaces au sein de plus de vingt
cinq lycées et autres établissements de l'enseignement
secondaire, dont quatre avec l'appui de l'opérateur suisse,
Swisscom et de l'Union Internationale des Télécommunications.
Nous sommes
au tout début de l'introduction des Technologies de l'Information
et de la Communication dans les écoles de l'enseignement
primaire. Mais nous progresserons vite dans ce domaine avec l'aide
de nos partenaires.
Dans le
domaine du e-gouvernement et de la bonne gouvernance, l'Agence
des Technologies de l'Information et de la Communication est en
train de connecter progressivement nos départements ministériels
à travers un Intranet de l'Administration. Elle a lancé
un vaste programme de formation des agents de l'Etat en bureautique,
travail en réseau et usage productif de l'Internet. La
formation ultérieure inclura notamment la création
et la maintenance de bases de données, ainsi que la création
et la maintenance de pages Web. L'objectif recherché est
d'accélérer la modernisation et la productivité
de l'administration publique, de rapprocher celle-ci encore plus
du citoyen et d'augmenter la transparence dans ses relations avec
les usagers.
Monsieur
le Président,
Mesdames
et Messieurs,
La télémédecine
a droit de cité au Mali grâce au dynamisme de jeunes
médecins regroupés au sein d'une association et
aux efforts du Ministère de la Santé. Cinq grands
hôpitaux nationaux, la Faculté de Médecine,
de Pharmacie et d'Odontostomatologie de l'Université de
Bamako et un hôpital de campagne situé en pays Dogon
à près de 700 km de la capitale, sont en réseau
avec l'Université de Genève, ainsi qu'avec des structures
sanitaires du Sénégal, du Maroc, du Tchad et de
France.
Un axe
majeur de notre Politique Nationale des Technologies de l'Information
et de la Communication est la vulgarisation et l'inclusion de
tous les Maliens dans la future Société de l'Information.
Dans ce domaine, l'Agence des Technologies de l'Information et
de la Communication a entrepris de connecter les communes rurales
du Mali. Les autorités locales, les associations de femmes
rurales, les petites et moyennes entreprises locales, les jeunes
ont ainsi accès au téléphone, au fax et à
Internet pour mener leurs activités de production en passant
par le cyberespace communautaire.
Pour la
vulgarisation des Nouvelles Technologies de l'Information et de
la Communication, outre la commémoration régulière
de la Fête de l'Internet, le Ministère de la Communication
et des Nouvelles Technologies et ses partenaires organisent chaque
année une grande manifestation digitale dénommée
e-Festival, avec notamment des formations pour la jeunesse.
Monsieur
le Président,
On peut
aujourd'hui affirmer sans risque de se tromper que notre continent
est prêt à assumer sa part de responsabilité,
à apporter sa part d'innovations et d'imagination pour
orienter les Technologies de l'Information et de la Communication
vers ses objectifs de développement.
L'Afrique
aura besoin, dans cette entreprise, de l'appui et de l'apport
des autres continents. C'est cet élan de solidarité
numérique que nous devons imprimer ensemble.
Le Fonds
de Solidarité Numérique, initié par Son Excellence
Monsieur Abdoulaye Wade, Président de la République
du Sénégal, doit être régulièrement
alimenté pour faire face à la grande demande de
ceux qui ne sont pas solvables, qui sont en marge du marché
mondial et qui sont légion malheureusement sur notre continent.
Monsieur
le Président,
Nous sommes
pour une gestion démocratique, transparente et multilatérale
des ressources générées par Internet, avec
une participation plus active des Gouvernements et de chacun des
autres acteurs dans leur domaine respectif.
Nous sommes
également favorables à la mise en place d'une procédure
de suivi des résolutions de Genève et de Tunis organisée
autour du Secrétaire Général des Nations
Unies et incluant tous les acteurs du Sommet Mondial sur la Société
de l'Information.
Monsieur
le Président,
Je peux
vous assurer que le Mali pour sa part, ne ménagera aucun
effort pour l'inclusion de nos populations et de notre continent
entier dans la Société de l'Information que nous
édifions tous ensemble.
Je vous
remercie.