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Déclaration du Conseil des Ministres Africains de l'Eau (AMCOW) pour le 3eme Forum Mondial sur l'Eau Kyoto, Japon 23 Mars 2003

« L'eau c'est la vie - Sans eau, il n'y a pas d'avenir »

Nous, Ministres des pays africains responsables de l'eau, réunis au Caire, Egypte les, 05 et 06 février 2003, pour la 3eme réunion du Conseil des Ministres Africains de l'Eau (AMCOW), avons adopte la Déclaration de Johannesburg ;

Considérant :

Le processus continu visant a développer la gestion et l'intérêt sur les ressources en eau a travers toute une série d'évènements internationaux incluant :

Les processus gouvernementaux tels que :

  • L'adoption des principes de Rio en 1992 ;
  • L'adoption par les Chefs d'Etats et de Gouvernements du Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD) en 2001 ;
  • La déclaration des Ministres des Pays Africains responsables des Ressources en Eau participants à la Conférence sur l'Eau douce (Bonn, Décembre 2001) ;
  • Les priorités pour le développement du continent africain organisées par l'Union Africaine en 2001 ;
  • Le rapport des Nations Unies lors du Sommet Mondial sur le Développement Durable de Johannesburg, Afrique du Sud, du 26 au 4 Septembre 2002 [ adoption des Objectifs de Développement du Millenium pour l'eau et l'hygiène au Sommet du Millenium ]

Les processus suivants de consultation élargie des partenaires (dont le contenu n'est pas accepté par tous les Etats africains) qui ont conduit à :

  • L'adoption des principes de Dublin en 1992 ;
  • L'adoption de la vision Africaine sur l'Eau lors du Second Forum Mondial sur l'Eau tenu à la Hayes, Royaume des Pays Bas, en 2002 ;
  • La Déclaration d'Accra de la Conférence Régionale des Partenaires pour la Définition des Priorités, "Eau et Développement durable en Afrique", Avril 2002;
  • La Déclaration de l'AMCOW au Sommet Mondial sur le Développement Durable de Johannesburg, Afrique du Sud, le 4 septembre 2002

Exprimons les préoccupations suivantes :

  • L'eau est par nature inégalement repartie bien qu'elle soit abondante àl'échelle régionale en Afrique. Aussi, peu de pays africains disposent de précipitations moyennes annuelles élevées, dont la plupart sont déjà ou seront sous peu confrontés au stress en eau ou aux conditions de sa rareté empêchant un approvisionnement durable en ressources en eau des populations ;
  • D'ici l'an 2010, plus de 400 millions de gens vivant dans au moins 17 pays Africains seront confrontés à la rareté des ressources en eau insuffisantes ; cette rareté d'eau sera une contrainte a la culture vivrière, a la protection des écosystèmes et au développement socio-économique ;
  • Du fait de la variabilité et des changements climatiques, un nombre croissant de pays et populations en Afrique sont vulnérables aux crises liées à l'eau, comme les fréquentes sécheresses et des déficits chroniques en eau sur une majeure partie du continent ;
  • Plus de 300 millions de personnes en Afrique n'ont pas un accès raisonnable à l'eau potable. Autant de personnes n'ont pas non plus accès à un assainissement adéquat ;
  • Presque plus de la moitié de la population du continent souffre de maladies liées à l'eau ;
  • Les espèces aquatiques, les zones et écosystèmes naturels sont menacés. Avec des besoins en eau croissants en Afrique correspondant à une demande en nourriture en hausse, une expansion industrielle, une croissance rurale et urbaine, peu d'eau reste disponible pour la survie des écosystèmes ;
  • Plus de 50 bassins versants et lacs en Afrique sont partagés par deux ou plusieurs pays. La plupart de ceux-ci ne disposent pas d'accords pour une utilisation équitable et/ou une protection environnementale. D'ailleurs, peu d'entre eux disposent d'accords institutionnels en matière de concertation et de coopération. Il y a un manque flagrant de procédures permettant de prévenir ou de résoudre les conflits internationaux liés à l'eau.

Reconnaissons que:

  • La gestion intégrée des ressources en eau est une priorité
    • La gestion intégrée, l'utilisation, le développement et la protection des ressources en eau est une priorité nationale et régionale pour tous les Etats membres de la Conférence Ministérielle Africaine sur l'eau.

  • L'eau, la sécurité alimentaire, l'environnement et le commerce sont inter-liés

    • Une utilisation efficiente et durable de ressources en eau limitées, une application effective des sciences et technologies ainsi que des investissement régionaux dans l'agriculture irriguées et l'aquaculture doivent autant que possible, se focaliser tant sur le développement économique et l'accroissement des revenus ainsi que sur la sécurité alimentaire. Un partenariat doit être bâti et la situation à l'échelle régionale et internationale examinée pour lever les barrières qui restreignent le commerce des produits africains et pour créer un cadre d'échange juste des produits agricoles.

  • La plupart des pays et populations africaines sont vulnérables aux variations et changements climatiques

      Avec une capacité de retenue en eau per capita 100 fois moins élevée que l'Europe et l'Amérique du Nord, combinée à une forte variabilité climatique, l'Afrique, particulièrement pauvre est spécialement vulnérable aux catastrophes liées à l'eau telles que les sécheresses, les inondations et la désertification.

  • La plupart des ressources en eau de l'Afrique (systèmes hydrographiques, bassins versants, lacs et systèmes aquifères) sont partagées par au moins deux pays
    • Le partage des ressources en eau nationales et internationales sont des instruments de coopération, de développement et d'intégration régionale. Le manque d'accords de coopération sur ces bassins ainsi que les faiblesses institutionnelles et financières de ceux qui en disposent amenuisent les bénéfices potentiels que le continent peut en tirer.

  • Un accès inadéquat a l'eau potable et a l'assainissement continue à renforcer la pauvreté et la mauvaise santé
    • Des programmes d'actions spécifiques sont requis pour répondre à l'énorme défis de s'assurer que la proportion des africains n'ayant pas accès à l'eau potable et à l'assainissement soit réduite de 50% d'ici 2015, y inclus des actions pour une hygiène améliorée.

  • Les infrastructures en eau requièrent un financement adéquat
    • Tel qu'articulé dans la Vision Africaine sur l'Eau pour 2025, le besoin annuel en investissement pour le développement des infrastructures en eau est estimé à 20 Milliards de Dollars US par an. Un investissement initial annuel de 10 Milliards de Dollars US est nécessaire pour répondre aux besoins immédiats en eau - [6 Milliards de Dollars US pour répondre aux besoins primaires en eau potable et assainissement visés, 2 Milliards de Dollars US pour la promotion de l'agriculture irriguée et 2 milliards de Dollars US pour appuyer le développement institutionnel, le renforcement des capacités, la recherche, l'éducation et la gestion de l'information]. De nouveaux mécanismes de financement et de partenariat doivent être mis en place pour satisfaire les besoins.
  • La gestion du Risque :

    Une approche intégrée et large est un élément central pour gérer les problèmes lies au risque et aux aléas. Une meilleure prise en compte des facteurs tels que la prévention, la préparation et la rapidité d'intervention est essentiel pour assurer la sécurité dans ce 21eme siècle.

  • La gouvernance de l'eau

    Améliorer le mode de gouvernance permettra de consolider la maîtrise de la gestion de l'eau. Ceci demande l'identification des problèmes, le renforcement des capacités, la mobilisation des fonds, la définition des stratégies et la prise de conscience,

Avons entrepris la réalisation des actions suivantes :

  • La création d'un Conseil des Ministres Africains de l'Eau charge de développer les politiques et de coordonner les différentes initiatives de l'eau de l'Afrique [ par exemple, les initiatives de l'UE et du CIDA ]
  • La préparation d'un plan d'action de l'eau du NEPAD, base sur la vision Africaine de l'eau et le cadre d'actions qui permettra d'avoir une base pour relever les défis lances par les objectifs de développement du Millenium en Afrique.
  • Le développement d'un Fonds Africain de l'Eau pour servir de canal aux financements destines au renforcement des capacités et d'appui aux investissements en Afrique.
  • Lancement des initiatives du bassin du NIL, de l'acquifer nubien et des autres initiatives sur les ressources en eau partagées pour servir d'outils d'intégration sous-regional, de développement économique et comme mécanisme de résolution des conflits,
  • Adoption des programmes destines aux femmes, aux pauvres en milieu urbain et rural visant une utilisation efficiente et durable des ressources en eau limitées qui mettent l'accent aussi bien sur le développement économique et la génération de revenus que sur la sécurité alimentaire et les actions préconisées pour réduire et éliminer les aléas lies a l'eau mais également la vulnérabilité et des études adaptées pour minimiser les impacts des variations de climat.

Dans l'esprit de la coopération internationale et en accord avec le principe des responsabilisations communes, mais différentiées ;

Décidons :

D'accorder une haute priorité aux questions ci- dessus mentionné en accord avec les objectifs et principes du NEPAD et pour cela  il faut :

      1. Promouvoir des actions qui mettront en exécution les objectifs de AMCOW

      2. Développer des plans d'action régionaux et sous - régionaux afin de pallier aux problèmes relatifs au secteur de l'eau

En appelons :

Aux pays développés pour

    1. Rappeler l'engagement pris lors de la Conférence de Monterrey sur le Financement du Développement et pour atteindre les objectifs fixés par les Nations Unies d'une aide officielle au développement d'environ 0,7% de leur produit national brut (PNB) accordée aux pays en développement.

    2. consacrer une grande partie de ces finances au Fonds Africain de l'Eau.

    3. Apporter un financement additionnel d'appui a la réalisation des Objectifs de Développement du Millenium.