Quatrieme Reunion du Comite de Suivi de la Mise en Oeuvre de la DDN/CIPD

28-31 JANVIER 2002, YAOUNDE CAMEROUN

ALLOCUTION D'OUVERTURE

DE M. JOSUE DIONE DIRECTEUR DE LA DIVISION DE LA SECURITE ALIMENTAIRE ET DU DEVELOPPEMENT DURABLE, DE LA COMMISSION ECONOMIQUE DES NATIONS UNIES POUR L'AFRIQUE (CEA)

Excellence Monsieur le Secrétaire d'Etat aux Investissements Publics et à l'Aménagement du Territoire,

Mesdames et Messieurs les Représentants des Organismes Internationaux,

Mesdames, Messieurs,

C'est un réel plaisir pour moi de participer aux travaux de la quatrième réunion du Comité de suivi de la mise en _uvre de la Déclaration de Dakar/Ngor (DDN) sur la population, la famille et le développement durable (DDN) et du Programme d'action de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD), qui pour la première fois, se tient hors du siège de la CEA.

Aussi, je voudrais, pour commencer, au nom du Secrétaire exécutif de la CEA, Monsieur K. Y. Amoako qui n'a pu être présent parmi nous à cause d'autres engagements pris antérieurement, en votre nom à tous et en mon nom personnel, exprimer nos sincères et vifs remerciements au Gouvernement du Cameroun pour l'honneur qu'il nous fait d'accueillir cette quatrième réunion du Comité et pour avoir mis à notre disposition ces belles installations qui, j'en suis convaincu, faciliteront nos travaux.

Je voudrais également exprimer notre gratitude au Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP) qui, en acceptant une fois de plus de financer les travaux de notre réunion, a réitéré par ce geste, la priorité qu'il accorde aux activités de population en Afrique.

Permettez-moi aussi de remercier les partenaires de la CEA, les Etats membres en premier lieu, l'OUA et la BAD, membres du secrétariat conjoint, ainsi que l'IFORD qui ont apporté, chacun en ce qui le concerne, leur soutien technique et logistique à l'organisation de la réunion.

Excellence,

Mesdames et Messieurs,

Votre Comité qui se réunit tous les deux ans, constitue pour les experts nationaux, les ONG africaines et non africaines, le système des Nations Unies et les bailleurs de fonds, un forum d'échanges d'expériences et d'idées sur les modalités, les progrès et les contraintes de la mise en _uvre des recommandations de la DDN et de la CIPD. Ces évaluations successives sont dictées par la nécessité, pour les Etats membres, de tirer les leçons des réussites et d'identifier, dès le début, les problèmes et les contraintes qui empêchent de progresser davantage.

Comme vous le savez, le cinquième anniversaire de la CIPD a été célébré en 1999. Vous vous souviendrez, qu'à l'issue d'une session spéciale consacrée à l'évaluation des cinq premières années de mise en _uvre du Programme d'action de la CIPD (CIPD+5, 30 juin -2 juillet 1999), la 54ème Session de l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté les recommandations relatives aux "principales mesures pour la poursuite de l'application du Programme d'action de la CIPD".

Le rapport régional de l'Afrique, qui constituait la contribution africaine à la CIPD+5, est à cet égard, un bel exemple de coopération entre les organisations mandatées pour coopérer avec la CEA dans les activités du Comité de suivi. Le rapport régional de l'Afrique sur la CIPD+5 est, en effet, une synthèse des évaluations effectuées par la CEA, en collaboration avec les Etats membres, par les équipes d'appui technique du FNUAP (basées à Addis Abeba, Dakar et Harare), par l'OUA, ainsi que par l'IFORD, le RIPS et le CERPOD. Ce rapport régional de l'Afrique contient les expériences, les contraintes et les succès de l'application du Programme d'action de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD). Les conclusions de cette évaluation montrent que la mise en _uvre du Programme d'action de la CIPD a eu des résultats positifs: De nombreux pays ont pris des mesures afin d'intégrer les questions de population dans leur stratégie de développement. En outre, maintes organisations de la société civile ont contribué aux succès constatés. Cependant, les résultats de l'évaluation indiquent également les limites à la mise en _uvre du Programme d'action, notamment : Les difficultés financières; Le manque d'accès des jeunes à une information et des services appropriés; Le faible engagement politique en faveur des droits des adolescents et de la santé en matière de reproduction; L'aggravation de la propagation du VIH/SIDA; et La persistance des avortements dangereux.

Il s'agit à présent de consolider les acquis de la mise en _uvre du Programme d'action de la Conférence internationale sur la population et le développement en Afrique. A cette fin, notre présente réunion se consacrera à:

(i) Faire le point de la mise en _uvre, par les Etats membres, des principales actions nécessaires à la poursuite des progrès relatifs aux recommandations adoptées par la session spéciale de l'Assemblée générale des Nations Unies sur l'évaluation quinquennale du Programme d'action de la CIPD.

(ii) Présenter les succès et les défis en matières d'interventions effectuées dans le cadre des politiques et programmes relatifs aux changements socio-économiques et à la transition démographique dans les pays africains;

(iii) Discuter les questions de population dans le cadre du Nouveau Partenariat pour l'Afrique (NEPAD) en vue de définir des orientations pour faciliter la préparation d'une composante population et développement, explicite et bien articulée;

(iv) Examiner et endosser les propositions relatives aux modalités et procédures de préparation de l'évaluation décennale de la mise en _uvre du Programme d'action de la CIPD en Afrique. A cet effet, la réunion se penchera notamment sur les thèmes à couvrir dans cette évaluation, les questions à examiner pour chaque thème, le type d'évaluation et les questions de partenariat.

Excellence,

Mesdames et Messieurs,

Cette réunion du Comité intervient après un événement majeur pour l'Afrique, à savoir: l'adoption, par les Chefs d'Etat et de Gouvernement africains, du Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD).

Comme vous le savez, dans le Nouveau Partenariat, les questions de population portent essentiellement sur la santé, l'éducation et la mise en valeur des compétences des ressources humaines. A cet égard, Le Nouveau Partenariat fait surtout un plaidoyer pour l'accroissement des investissements, aussi bien de la part des Gouvernements africains que des partenaires au développement, dans des domaines tels que l'éducation, la santé, la fourniture d'eau potable et d'énergie. Toutes ces actions devraient contribuer à l'allégement de la pauvreté, la diminution de la prévalence des maladies telles que le VIH/SIDA, la tuberculose et la malaria; la diminution de l'insécurité alimentaire et du niveau de malnutrition; la baisse de l'analphabétisme et l'amélioration de l'accès à l'éducation en particulier pour les filles.

La CEA adhère entièrement au NEPAD. Elle prend une part active dans toutes les consultations régionales qui s'inscrivent dans le cadre du processus de la mise en _uvre du Nouveau Partenariat. En outre, et plus spécifiquement, la Commission est officiellement chargée par les Chefs d'Etat du Comité de pilotage du NEPAD d'appuyer la mise en _uvre du Nouveau Partenariat dans le domaine de la gouvernance de l'économie et des entreprises.

C'est dire, Mesdames et Messieurs, que le principe de la présente réunion du Comité est, sur le plan international, louable et peut être déjà considère comme positif. Car il permet de rassembler les experts nationaux, les Organisations non-gouvernementales et les institutions responsables de la mise en _uvre des politiques et programmes de population, autour d'un thème aussi important que «Les questions de population dans le Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD)».

Ce thème renvoie à l'examen de la relation entre population et développement qui soulève des questions nombreuses et complexes. Les interrelations entre la population et l'économie sont en effet si nombreuses et si diversifiées qu'il reste très malaisé d'en démêler l'écheveau. En plus, la diversité du continent entre régions et à l'intérieur des pays est telle que toutes conclusions globales et générales seraient hasardeuses. Nous restons toutefois confiants que votre expertise et vos expériences respectives apporteront la lumière qu'il faut pour la prise en compte de ces questions dans le cadre du NEPAD.

Excellence,

Mesdames, Messieurs,

Sur ce, je souhaite plein succès à vos travaux et vous remercie pour votre attention.