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Projet de déclaration finale

Réunion plénière africaine sur les stratégies nationales de réduction de la pauvreté et la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement  

Le Caire (Egypte)
26-28 mars 2006
 

1.   La Commission économique pour l’Afrique et la Commission de l’Union africaine, en collaboration avec le PNUD, ont convoqué une « réunion plénière africaine sur les stratégies nationales de réduction de la pauvreté et la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) », au Caire (Egypte), du 26 au 28 mars 2006 pour examiner la mise en œuvre des stratégies de réduction de la pauvreté de première génération, évaluer les progrès accomplis vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) par les pays africains et formuler des recommandations pour aider à la formulation et à la mise en œuvre du prochain cycle de stratégies de réduction de la pauvreté, ci-après dénommées Stratégies de réduction de la pauvreté (SRP) de deuxième génération.

2.   La réunion plénière a fait observer qu’étant donné que la réunion a été convoquée à un moment où plusieurs pays africains achèvent leurs stratégies de réduction de la pauvreté de première génération et formulent, et dans certains cas, mettent en œuvre les stratégies de deuxième génération, il convient de faire le point des progrès accomplis à ce jour, en ce qui concerne les stratégies de réduction de première génération pour s’assurer que les stratégies de réduction de la pauvreté de deuxième génération s’inspireront des leçons et expériences des stratégies de première génération, seront suffisamment orientées vers la croissance, reflèteront un équilibre judicieux entre les investissements dans le secteur social et le secteur productif et s’inscriront bien dans le cadre des OMD.

3.   Pour ce faire, la réunion plénière a rappelé aux États membres leurs engagements, en 2005 lors du Sommet mondial des Nations Unies, d’adopter et de mettre en œuvre d’ici à 2006, des stratégies nationales globales de développement suffisamment audacieuses pour atteindre les OMD et demandé aux pays africains d’utiliser les Stratégies de réduction pour la pauvreté (SRP), en tant que principal instrument pour atteindre les OMD.  A cet égard, la réunion plénière a noté avec satisfaction les activités menées conjointement par la Commission de l’Union africaine et le secrétariat du NEPAD en collaboration avec la CEA, la Banque africaine de développement et le PNUD pour définir « une position africaine concernant l’évaluation des OMD ».

4.   La réunion plénière a également noté avec satisfaction l’amélioration de la stabilité et de la croissance au plan macroéconomique dans plusieurs pays africains, mais s’est gravement préoccupée de la lenteur des progrès dans la majorité des pays africains en vue d’atteindre les OMD comme le montre l’augmentation de l’incidence de la pauvreté, la persistance des inégalités au plan spatial et entre les sexes, l’aggravation des inégalités en ce qui concerne les revenus, la croissance irrégulière et insuffisante et constate que, même dans les pays qui enregistrent une croissance rapide, cette croissance se trouve concentrée dans les industries extractives.  À cet égard, la réunion plénière a demandé d’intégrer les stratégies concernant les ressources minérales dans les SRP et invité les États membres à tirer des leçons de l’expérience de plusieurs pays africains à revenu moyen, notamment, le Botswana, la Tunisie, l’Egypte et le Maroc qui ont accompli des progrès vers la réalisation des OMD.

5.   La réunion plénière a souligné que les efforts faits par l’Afrique pour atteindre les OMD risquent d’être limités si les taux de croissance ne sont pas élevés et que la croissance elle-même ne se généralise pas, si les Etats membres n’améliorent pas le degré d’appropriation, de direction et de responsabilité dans la formulation et l’exécution de leurs stratégies nationales de développement ; n’élaborent pas des stratégies de renforcement des capacités intégrées pour mettre en œuvre les SRP et ne travaillent pas en collaboration avec les partenaires de développement pour concevoir une architecture de l’aide qui réduise les coûts des transactions et facilite la mise en œuvre des priorités nationales en ce qui concerne les politiques.

6.   La réunion plénière a souligné l’importance que revêt l’annulation de la dette pour réaliser des progrès vers les OMD dans la mesure où elle libère des ressources qui pourraient être investies dans les secteurs porteurs de croissance, notamment, l’infrastructure physique, l’agriculture et les principaux secteurs sociaux tels que l’éducation et la santé.  Elle s’est en conséquence félicitée des efforts faits par les chefs d’Etat et de gouvernement africains dans leur campagne en vue de l’annulation de la dette et la décision prise par le G8 lors du Sommet de Gleneagles en juillet 2005 tendant à annuler la dette de quatorze (14) pays africains.

7.   Par conséquent, la réunion plénière a demandé à la communauté internationale d’honorer de toute urgence son engagement d’aider ces pays dans les efforts qu’ils déploient pour atteindre les OMD et à l’Union africaine de poursuive sa campagne visant à obtenir l’annulation de la dette pour les autres pays africains.  Toutefois, la réunion plénière a fait observer que l’annulation de la dette ne suffit pas pour permettre aux pays africains d’atteindre les OMD.  Pour atteindre ces objectifs, il faut également que l’Afrique et ses partenaires de développement mettent en œuvre les principales priorités suivantes : paix et sécurité, bonne gouvernance, investissements, en particulier dans l’infrastructure, mobilisation des ressources nationales, égalité entre les sexes, VIH/sida et autres maladies infectieuses, renforcement des capacités et financement.  À cet égard, elle a exhorté l’Union africaine à mettre en œuvre, dans la mesure du possible, son plan pour assurer la direction politique du suivi et de l’évaluation des OMD en Afrique.

8.   Après avoir examiné et discuté chacun des domaines thématiques de la réunion, les participants ont formulé les recommandations suivantes pour aider à la formulation des stratégies de réduction de la pauvreté de deuxième génération.

A)    Dans le domaine de la croissance, pour faciliter un mode de croissance inclusif qui s’inscrive dans le cadre de la réalisation des OMD, la réunion plénière a exhorté les décideurs africains à :

9.   Améliorer l’orientation de la croissance favorable aux pauvres des stratégies de réduction de la pauvreté de deuxième génération en :

· Veillant à ce qu’elles soient plus globales et tiennent dûment compte de la situation particulière de chaque pays ;

· Concevant, en mettant en œuvre et en suivant les programmes qui favorisent la croissance, créent des possibilités d’emploi et de revenu, pour les pauvres ;

· Examinant les disparités actuelles au plan spatial et entre les sexes;

· Veillant à ce que les SRP permettent effectivement de lever les contraintes liées à la mise en œuvre des politiques commerciales et d’intégration régionale.

· Procédant à l’évaluation ex ante et ex post de l’impact des politiques de croissance, sur les différents groupes socioéconomiques.

10. S’engager à assurer la croissance du secteur privé en réduisant progressivement les obstacles réglementaires à l’investissement et à la croissance sans compromettre les droits des travailleurs et les intérêts de la population en général.

11. Améliorer les liens entre les SRP et les budgets, pour inscrire les priorités en matière de développement dans les budgets nationaux et veiller à ce qu’elles soient financées et mises en œuvre comme prévu.

12. Mettre en place des instruments appropriés pour renforcer la capacité de l’économie d’absorber les apports prévus au titre de la « forte impulsion » et limiter les effets déstabilisateurs éventuels de ces apports.

13. Demander aux pays développés de tenir intégralement et rapidement leurs engagements en ce qui concerne l’APD, l’allégement de la dette, le commerce et le transfert de technologie pour aider les pays les moins avancés (PMA) à atteindre les OMD.

14. Utiliser la science et la technologie, en particulier, les technologies de l’information et de la communication (TIC), en tant que moyen de promouvoir la croissance en :

· Renforçant les capacités de production des principaux secteurs tels que l’agriculture et le secteur manufacturier;

· Améliorant l’accès aux services sociaux et la qualité de ces derniers.

B)    Dans le domaine de l’appropriation, de la direction et de la responsabilité, la réunion plénière a recommandé aux décideurs africains de s’employer à :

15. Améliorer la participation des parties prenantes à la formulation, à la conception, à la formulation, à la mise en œuvre et au suivi des programmes de développement en :

· Mettant en place et en renforçant les capacités techniques nécessaires pour la conception, la prise de décisions, la mise en œuvre et le suivi  des politiques ;

· Elaborant dans les délais des statistiques plus fiables, plus pertinentes, notamment, tenant compte de la problématique hommes/femmes pour la prise de décisions et la responsabilité ;

· Améliorant la représentativité des parties prenantes et la qualité de leur participation ;

· Renforçant le principe de responsabilité devant le parlement et la population en vue de renforcer la responsabilité à l’échelon national.

16. Améliorer le degré d’appropriation et de responsabilité en évitant la création d’institutions parallèles faisant double emploi, qui pourraient menacer la légitimité des nouvelles institutions de démocratie représentative en Afrique. 

Pour permettre aux capacités nationales de mettre en œuvre effectivement les SRP, la réunion plénière a exhorté des décideurs africains à :

17. Élaborer des programmes d’enseignement qui tiennent compte des compétences nécessaires pour le secteur privé.

18. Assurer un équilibre entre les investissements dans l’enseignement primaire, d’une part, et les investissements dans l’enseignement supérieur et la recherche – développement, d’autre part.

19. Évaluer l’efficacité des initiatives actuelles de renforcement des capacités en formant et en retenant les capacités tout en adoptant et en mettant en œuvre des stratégies de renforcement des capacités, qui permettrait notamment de mieux:

· Intégrer les initiatives de renforcement des capacités dans les processus et les programmes nationaux de développement;

· Former et renforcer les capacités des systèmes de planification, de budgétisation, de suivi et d’évaluation tenant compte de la problématique hommes/femmes;

· Améliorer et maintiennent les capacités du secteur public et accélèrent les réformes actuelles dans le secteur public;

· Étudier les possibilités d’améliorer les capacités dans le cadre de partenariats entre les experts qui se trouvent dans les pays et ceux qui sont à l’étranger et des partenariats entre le secteur public et le secteur privé, notamment la société civile et les groupes de réflexion;

· Retenir davantage les capacités en Afrique en mettant en place des mesures d’incitations dans les institutions publiques et en améliorant l’environnement général du travail;

· Répondre aux besoins en capacités des collectivités locales.

C)    Pour améliorer l’efficacité de l’aide, la réunion plénière a demandé

20. Aux décideurs africains, de poursuivre le dialogue avec les partenaires de développement pour améliorer la prévisibilité de l’aide en prenant des engagements à plus long terme.

21. Aux donateurs, de coordonner et d’harmoniser la fourniture d’aide pour réduire autant que possible les coûts des transactions et de mieux aligner l’aide sur les priorités nationales conformément aux programmes de développement nationaux. 

22. Aux responsables africains, de réduire la dépendance à l’égard de l’APD, dans le temps, en élaborant des stratégies efficaces et crédibles « de sortie de l’aide » en s’efforçant effectivement de mobiliser les ressources nationales.

23. Aux décideurs africains, d’insister sur l’assistance sectorielle et budgétaire en tant que moyen privilégié de fourniture de l’aide et dans le même temps d’améliorer les systèmes nationaux de gouvernance et de responsabilité en ce qui concerne l’utilisation des ressources provenant de l’aide.

24. À la Commission de l’Union africaine, en collaboration avec les États membres, d’instituer des systèmes de « responsabilité mutuelle » pour suivre systématiquement l’impact de l’aide ainsi que le respect par les donateurs des engagements pris en faveur des pays africains.

25. A l’Union africaine (UA) et à la Commission économique pour l’Afrique (CEA), de jouer un rôle de premier plan en institutionnalisant les systèmes de gestion et de suivi de l’aide au niveau continental pour s’assurer que l’aide est utilisée de façon effective et faciliter le partage de données d’expérience en matière d’aide à l’échelon continental.

26. Aux gouvernements africains, de faire mieux connaître les initiatives et déclarations sur l’efficacité de l’aide telles que la Déclaration de Paris pour mobiliser et encourager les parlements, la société civile et les autres parties prenantes à suivre leur mise en œuvre.

27. Aux décideurs africains, de veiller à ce que les SRP soient conformes aux principales initiatives de l’UA telles que le NEPAD et le Mécanisme d’évaluation intra-africaine.

28. Aux décideurs africains de s’assurer que les mécanismes de gestion de l’aide comprennent des systèmes intégrés de participation des défenseurs des droits des femmes et des experts des questions relatives aux femmes.

D)    Pour maintenir le dialogue sur les politiques en ce qui concerne les SRP

29. La réunion plénière a félicité la CEA pour avoir créé le Groupe de réflexion sur les documents de stratégie de réduction de la pauvreté et demandé que son mandat soit élargi pour y inclure la réflexion sur les OMD.  Elle a également exhorté la CEA à changer le nom du Groupe de réflexion pour mieux rendre compte de son nouveau mandat.

30. La réunion plénière a noté avec satisfaction le lancement par la CEA du projet intitulé « Enhanced Knowledge Sharing Network to Support the Poverty Reduction Process in Africa » (Renforcement du partage des informations pour appuyer le processus de réduction de la pauvreté en Afrique) pour servir de mécanisme permettant d’échanger des informations et de maintenir le dialogue sur les politiques entre les réunions du Groupe de réflexion.  Dans ce contexte, elle a exhorté le Groupe de réflexion à établir des liens avec les principales institutions et instances de formulation de politiques, en particulier, l’UA et le programme du NEPAD, le Mécanisme d’évaluation intra-africaine, le Partenariat stratégique avec l’Afrique, les réunions de printemps des institutions financières et la Grande Table.  Elle a, en outre, demandé à la CEA de mettre en place un mécanisme qui permettrait aux documents produits par le Groupe de réflexion d’alimenter les débats de la Conférence annuelle des Ministres des finances de la CEA.

En conclusion :

31. La réunion plénière a remercié le secrétariat de la bonne organisation de la réunion ainsi que les experts et les membres du Comité d’organisation, des efforts qu’ils n’ont cessé de faire pour produire et livrer à temps les documents et produits qui ont permis d’assurer le succès de la réunion plénière.

32. Enfin, la réunion plénière a remercié le pays hôte, l’Égypte, la Commission économique pour l’Afrique (CEA), la Commission de l’Union africaine (CUA), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et les autres institutions internationales participant à la réunion, de leur concours à l’organisation de cette réunion plénière de haut niveau.