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Engagements des ministres africains sur la mise en _uvre des initiatives et le partenariat afin d'atteindre les objectifs fixés dans le domaine de l'eau et de l'assainissement.

PREAMBULE

La crise de l'eau dans notre région est une crise de gouvernance. Il est absolument nécessaire d'accélérer nos efforts de mise en oeuvre dans nos pays, dans nos sous-régions et dans la région dans son ensemble. L'eau est l'une des ressources naturelles les plus importantes et un élément clé pour le développement durable de l'Afrique. La communauté internationale aussi bien dans les Objectifs du Millénaire que dans les conclusions du Sommet mondial sur le développement durable a souligné que la crise de l'eau constitue une menace au développement économique, à la réduction de la pauvreté et à l'environnement, et par conséquent, à la paix.

Au cours de la dernière décennie, un nombre élevé de conférences et d'accords internationaux ont mis en place le cadre pour les actions et les décisions actuelles dans le domaine des ressources en eau. Ces réunions internationales et régionales ont identifié les questions et défis clés, en insistant de plus en plus sur l'approvisionnement en eau et en services d'assainissement ainsi que sur la nécessité d'une meilleure gouvernance dans la gestion intégrée des ressources en eau. Bon nombres d'actions ont été proposées, l'importance étant accordée à l'utilisation de l'eau comme moyen d'atteindre le développement durable.

Le Sommet mondial sur le développement durable tenu à Johannesburg en 2002 avait renouvelé l'engagement de changer fondamentalement la vie de ceux qui souffrent des conséquences des disparités existant dans le monde, tout en préservant l'intégrité de l'environnement pour les générations à venir. Le Sommet mondial avait réitéré les Objectifs de Développement du Millénaire et fixé des buts concernant l'eau potable et l'assainissement. Avec l'urbanisation rapide du continent, les besoins d'eau et d'assainissement pour les pauvres des villes méritent une attention particulière.

OBJECTIF

L'objectif de la Conférence panafricaine était de déterminer comment renforcer de toute urgence la gouvernance sur l'eau dans notre région afin de réaliser les conclusions du SMDD et d'atteindre les Objectifs de Développement du millénaire en matière d'eau potable et d'assainissement. Notre principal objectif était donc de concentrer l'attention sur les conditions de mise en _uvre et de financement en Afrique des nombreuses initiatives régionales prises et des objectifs internationaux définis dans le secteur de l'eau.

REALISATIONS

A - Dossier des initiatives et projets relatifs à l'eau

La Conférence a approuvé le dossier des principales initiatives relatives à l'eau soumis des cinq sous-régions : Afrique australe, Afrique centrale, Afrique orientale, Afrique du Nord et Afrique occidentale. Il s'agit du tout premier dossier intégré des initiatives hydrauliques prioritaires prises de manière globale au niveau des sous-régions et du continent et qui constitue un fondement solide pour les objectifs du NEPAD.

B - Lancement des initiatives

La Conférence a lancé un certain nombre d'initiatives importantes dans le cadre des nouveaux partenariats mis en place :

    a) La signature par le Président de l'AMCOW et Directeur général de la Commission européenne chargé de la coopération d'une déclaration commune sur « la mise en _uvre du partenariat stratégique Afrique-Union européenne sur les questions relatives à l'eau et à l'assainissement ».

    b) Le Fonds africain de l'eau avec une capacité de financement supérieure à 600 millions de dollars pour les projets à moyen terme entrepris dans le cadre de l'eau et de l'assainissement. Les Ministres invitent instamment les partenaires du développement à renforcer ces ressources. La gestion du Fonds sera confiée à la Banque africaine de développement, sous la supervision des ministres membres du Comité exécutif de l'AMCOW.

    c) L'Initiative d'approvisionnement en eau et de mise en place de structures d'assainissement au niveau des zones rurales, financée par la Banque africaine de développement.

    d) La deuxième Phase du Programme eau et assainissement pour les villes africaines dont le lancement bénéficiera d'un financement consistant du gouvernement canadien. Les ministres ont lancé un appel auprès d'autres gouvernements partenaires pour leur participation au renforcement du Fonds d'affectation spéciale créé par ONU-Habitat.

    e) Le Plan d'action des pays membres du G8 sur l'eau pour l'Afrique, qui comporte des dispositions spéciales sur des plans de gestion des bassins hydrographiques et lacustres. Les ministres se sont réjouis de l'engagement de l'Union européenne de poursuivre sa politique en faveur de la gestion intégrée des ressources en eau en Afrique.

    f) Le lancement du Journal africain de l'eau aux fins de centralisation et de diffusion des connaissances, du renforcement des capacités des experts et des techniciens, et de constitution d'une base de données pour échange d'expériences. Les ministres ont rappelé la nécessité d'une aide financière la viabilité et l'expansion du journal.

C - Défis et priorités des politiques relatives à l'eau

Les ministres ont confirmé leur communauté de vues sur les neuf défis relatifs à la gestion des ressources en eau et approuvé les principales recommandations dans chacune des questions prioritaires (voir Annexe).

  • La satisfaction des besoins fondamentaux relatifs à l'eau, à l'assainissement et aux établissements humais.

  • L'eau pour la sécurité alimentaire

  • La protection des écosystèmes et des moyens de subsistance

  • La gestion des risques : l'eau et les climats

  • Le financement des infrastructures hydrauliques

  • La gestion intégrée des ressources en eau/ressources en eau partagées

  • La prise en compte de la valeur de l'eau et sa répartition

  • L'utilisation rationnelle de l'eau

  • La gestion avisée de l'eau

D - Objectifs de développement du Millénaire

Les ministres ont également reconnu l'importance d'atteindre les nouveaux objectifs sur l'eau et l'assainissement :

-Approuver les échéances relatives à la réduction de moitié, la proportion des personnes sans accès à l'eau potable et à l'assainissement d'ici 2015 et à la fourniture de l'eau potable et des services d'assainissement pour tous d'ici 2025. Entre maintenant et 2015.

  • Accorder une attention particulière aux pays susceptibles de rater cette échéance de l'eau potable et aux 19 autres qui ne seraient pas en mesure d'atteindre l'objectif de meilleures conditions d'assainissement

  • Incorporer dans les plans de développement et les budgets nationaux, les rubriques relatives à l'eau potable et l'assainissement à titre de domaines prioritaires

  • Mettre en place en 2004, des groupes d'experts nationaux chargés des questions de l'eau et de l'assainissement aux fins d'élaboration de plans nationaux d'ici le 30 juin 2005. Ces plans seront divisés en séquences annuelles de réalisation, d'ici 2015, desdits objectifs relatifs à l'eau potable et à l'assainissement

  • Harmoniser les plans nationaux sur l'eau et l'assainissement, les plans de gestion intégrée des ressources en eau et les autres Objectifs de Développement du Millénaire qui s'inscrivent dans la mouvance du 4e Forum mondial de l'eau prévu en 2006

ACTIVITES DE SUIVI PREVUES EN 2004

Au niveau national :

  • Mettre en place en 2004, des équipes d'experts nationaux chargés des questions de l'eau, aux fins d'élaboration de plans nationaux visant à réaliser d'ici 2015, les objectifs relatifs à l'eau potable et à l'assainissement.

Au niveau sous-régional :

  • Entreprendre, avec les partenaires du développement, les Institutions de Bretton Woods, et les institutions spécialisées des Nations Unies, des négociations sur le dossier des projets.

Au niveau régional :

  • Faire approuver au Sommet extraordinaire de l'Union africaine, les engagements et recommandations de la Conférence

Au niveau mondial :

  • Exploiter les engagements et recommandations de la Conférence à titre d'éléments de référence pour la formulation d'une position et d'une approche communes sur les principes de base relatifs à l'eau, à l'assainissement et aux établissements humains avant et après la session du CDD 12.

Soutenir l'élan et suivre les progrès réalisés et nécessaires durant la Décennie de l'eau douce

Les ministres ont souligné la nécessité d'une mise en _uvre soutenue des actions engagées. La priorité doit être réservée à l'élargissement des partenariats en vue de l'application des résultats de la Conférence. Les actions menées et celles qui attendent de l'être seront suivies de prêt par l'AMCOW et signalées aux parties prenantes l'année suivante.

ANNEXE

Engagements et objectifs

A - Atteindre les ODM et réaliser les conclusions du SMDD dans le domaine de l'eau et de l'assainissement

    a) Approuver les objectifs concernant l'eau potable et l'assainissement d'ici 2015 et accorder une attention particulière aux 13 pays les plus susceptibles de ne pas atteindre l'objectif de l'approvisionnement en eau potable et les 19 pays considérés comme les plus susceptibles de ne pas atteindre l'objectif d'un meilleur assainissement ;

    b) Confirmer les années de référence et les données pertinentes sur l'eau et l'assainissement relatives à tous les pays africains, utilisées par le programme conjoint de suivi pour le Rapport mondial sur la mise en valeur des ressources en eau 2003 (WWDR) ;

    c) Elaborer les plans indicatifs sur les alternatives pour la réalisation des objectifs annuels visant à concrétiser les objectifs concernant l'eau potable et l'assainissement en général d'ici 2015, aux niveaux national, régional et sous-régional;

    d) Avoir recours aux données sur les objectifs en matière d'eau et d'assainissement pour l'estimation des ressources financières et de l'expertise/la mise en valeur des capacités nécessaires pour réaliser les objectifs, ainsi que leur impact sur les questions clés telles que la disponibilité, la demande et la répartition de l'eau ;

    e) Prendre en compte la manière dont les mesures telles que l'amélioration des infrastructures d'approvisionnement en eau et d'assainissement et l'utilisation plus rationnelle des ressources en eau disponibles peuvent contribuer à la réalisation des objectifs fixés dans le domaine de l'eau et de l'assainissement, de manière rentable.

B. Privilégier les priorités et objectifs relatifs aux principales politiques en matière d'eau.

a) Satisfaire les besoins fondamentaux : L'accès à l'eau potable et à l'assainissement à moindre coût est un besoin fondamental, essentiel pour la santé et le bien-être des familles, des communautés et des pays

b) L'eau pour la sécurité alimentaire : La sécurité alimentaire raisonnable est également une nécessité et un droit humain fondamental dépendant de la disponibilité de l'eau salubre à suffisance. L'agriculture est de loin le plus grand consommateur d'eau et est souvent en compétition contre d'autres secteurs pour cette ressource rare. En conséquence, il est essentiel que la priorité soit accordée à l'utilisation efficace et durable de l'eau à des fins agricoles.

c) Protection des écosystèmes et des moyens de subsistance : Tout développement qui met en péril et détruit les écosystèmes d'eau douce et les moyens de subsistance n'est pas durable et ne devrait pas être appelé développement.

d) Gestion des risques : De nombreuses maladies, décès et pertes économiques qui pourraient être prévenus sont causés par les inondations, les sécheresses, la pollution et d'autres risques liés à l'eau. Les sécheresses , les inondations et les orages deviennent de plus en plus courants et sévères en Afrique. Les coûts humains et environnementaux des catastrophes météorologiques, climatiques et hydriques se sont substantiellement accrus au cours des 40 dernières années. Les déséquilibres sont lourdement préjudiciables à la résistance des écosystèmes, affectent la disponibilité de l'eau et accentuent la pression sur les ressources en eau dans bon nombre de régions. Les données et informations hydrologiques et météorologiques sont déterminantes pour poser les jalons essentiels de la gestion intégrée des ressources en eau.

e) Financement des services relatifs à l'eau : Des mécanismes financiers novateurs sont nécessaires pour réaliser les objectifs fixés dans le domaine de l'eau et de l'assainissement et des programmes de gestion intégrée de l'eau.

f) Gestion intégrée des ressources en eau / ressources en eau communes : Les ressources en eau communes aux pays et aux communautés doivent être gérées de manière conjointe, équitable et durable.

g) Estimation et répartition de l'eau : l'évaluation et la répartition de l'eau doivent refléter ses valeurs économique, sociale et environnementale dans toutes les utilisations et donner la priorité à la satisfaction des besoins fondamentaux des pauvres.

h) Assurer la gestion éclairée des ressources en eau : L'efficacité des politiques dans le domaine de l'eau et de la gestion de l'eau dépend de la mise à la disposition des décideurs des informations précises et opportunes.

i) Gestion rationnelle des ressources en eau : L'efficacité des politiques dans le domaine de l'eau dépend également de l'implication de toutes les parties prenantes dans la planification, la prise de décision et l'exécution.

j) Genre et gestion des ressources en eau, et assainissement en Afrique : En Afrique, les femmes et les filles ont des connaissances spéciales et jouent un rôle déterminant dans la gestion des ressources en eau, particulièrement au niveau des ménages. Cependant, il existe d'énormes déséquilibres dans l'accès des femmes au contrôle et à la gestion des ressources en eau et aux infrastructures d'assainissement à tous les niveaux, ce qui a un impact négatif sur les fillettes et la dignité des femmes.