Territorialisation du Developpement : Approche Inclusive et Intégrée pour L’atteinte des ODD

 

 

 

 

Annonce du cours en bref

Type:

Cours de courte durée

Thème:

Planification du développement

Début du cours:

2 Novembre au 4 Decembrr 2020

Durée:

5 Semaines

Langue:

Bilingue (Anglais-Français)

Localisation :

Formation en ligne sur le web

Frais d’inscription :

Couvert par CEA

Date limite des inscriptions :

23 Octobre 2020

Public cible spécifique :

Non

Site web :

http://services.unidep.org/e-idep

Dossiers de candidature :

https://www.unidep.org/?apply

CONTEXTE


En septembre 2015, l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies a adopté une feuille de route pour tous les Etats signataires destinée à traiter dix-sept grands objectifs universels à l’horizon 2030 (Agenda 2030). L’Afrique s’est engagée comme tous les autres continents à décliner les dix-sept Objectifs de Développement Durable (ODD) au niveau national et les gouvernements ont été incités à engager les acteurs locaux à s’approprier ces objectifs. En acceptant de s’impliquer pour un développement durable et inclusif, tous les Etats membres de l’ONU en septembre 2015, ont reconnu que « la dignité des personnes est fondamentale à l’atteinte des buts et objectifs de l’Agenda 2030 pour toutes les nations, tous les peuples et tous les segments de la société ».
Tous les pays, et en premier lieu les pays africains, sont engagés dans la réalisation de cette promesse et se sont attelés, depuis le 1er janvier 2016, à la réaliser. Cependant, quatre années après l’adoption du programme 2030, les résultats sont mitigés. Selon le rapport 2019 sur les ODD, une attention urgente et des progrès plus rapides s’avèrent nécessaire particulièrement dans les domaines clés. Le rapport met en avant l’importance d’apporter des solutions ciblées mais aussi intégrées en vue de réduire les inégalités croissantes entre pays et à l’intérieur des pays (pauvreté, faim, maladie, emploi, genre, eau et assainissement, éducation), d’atténuer les effets des changements climatiques, de disposer de données précises et actualisées sur les groupes vulnérables et de renforcer le partenariat. Tous les Etats se sentent concernés et d’ailleurs, autant la Sixième session du Forum régional africain sur le développement durable que le Forum Politique de Haut Niveau de l’année 2020 ont traité de thèmes en lien avec la décennie d’action et les voies de transformation d’une Afrique prospère et durable.
L’agenda de développement durable a été élaboré de manière concertée avec les représentants des autorités locales réunis dans le groupe de travail mondial des gouvernements locaux et régionaux, les représentants des acteurs économiques composants le Pacte Mondial des Nations-Unies, entre autres parties prenantes. Cet agenda est adopté au nom des peuples de chacun des pays signataires. Il est prévu que toutes les parties prenantes – les gouvernements, la société civile, le secteur privé et les autres acteurs – contribuent à la réalisation du nouveau programme. Ainsi une approche territoriale ou locale semble être le meilleur moyen pour réaliser l’Agenda 2030 et relever les défis liés à la gouvernance des territoires urbains, péri-urbains et ruraux (résilience, financement, etc.). 
Le monde se dirige vers la ville. Aucune partie de la planète n'est urbanisée plus rapidement que l'Afrique subsaharienne. La population d'environ 1,1 milliard du continent devrait doubler d'ici à 2050. Plus de 80% de cette croissance aura lieu dans les villes, notamment dans les bidonvilles. Ces villes ont des besoins urgents en services publics de base, en services sanitaires, éducation, transport, systèmes d’électrification, logement et emploi pour soutenir la croissance commerciale, agricole et industrielle.

Dans ce contexte, la nécessité d’implication des acteurs territoriaux dans le développement durable des zones urbaines et périurbaines qu’inspire notamment l’ODD 11 « Faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables » devient évident. En effet, les autorités locales reconnaissent l’importance des Examens locaux volontaires (VLR) qui devront également être intégrés dans les Examens nationaux volontaires,

sur la base de statistiques locales fiables et cohérentes. Les examens au niveau local amélioreront la responsabilité, la transparence et l’appropriation publique de la mise en œuvre des Agendas 2030 et 2063.
La territorialisation peut être présentée comme un modèle d’action publique, alternatif aux régulations sectorielles et aux mesures génériques notamment macro-économiques, longtemps caractéristiques de l’intervention étatique. La montée en puissance des dispositifs territorialisés traduit ainsi une évolution des modes d’intervention de l’Etat (Duran et Thoenig, 1996). Dans le contexte de l’Agenda 2030, la décentralisation constituerait le meilleur support pour bâtir une localisation des ODD.
En effet, depuis quelques décennies, des pays africains ont adopté des politiques de décentralisation dans le souci d’accroitre la proximité de l’Etat et la responsabilité des collectivités locales.
Les villes, en tant que plaques tournantes pour les idées, le commerce, la culture, la science, la productivité, le développement social et bien plus encore, occupent une place importante dans l’Agenda 2030. Ces établissements humains devront permettre à leurs occupants, pris individuellement, de progresser socialement et économiquement ; ce qui ne semble pas encore être le cas aujourd’hui. En effet, un citadin sur quatre, vit dans un taudis et 2 milliards de personnes ne disposent pas d’un service de collecte de déchets. Seule la moitié des habitants des villes accèdent facilement à un transport public, selon le rapport sur les ODD de 2019. 
Il existe un manque important en matière d’évaluation des politiques publiques de manière générale et des données empiriques sur la meilleure façon de concevoir et de mettre en œuvre une politique territoriale restent à ce jour bien minces. Mais, il est évident qu’une réponse territoriale est attendue à la hauteur des enjeux mondiaux du moment, d’autant plus que les gouvernements africains sont à la quête de stratégies adéquates pour leurs économies mises à rude épreuve avec l’avènement de la pandémie du COVID-19. En effet, l’expansion de la pandémie a montré un déficit important en matière de prise en charge des besoins essentiels, comme la santé communautaire, l’assainissement, l’eau, etc., dans les zones urbaines et périurbaines. Une approche de développement territoriale pour atteindre les cibles les plus démunies permettrait aux Etats africains de mieux se conformer au principe de ne laisser personne en marge dans le cadre de la mise en œuvre des ODD.
L’Institut Africain de Développement Economique et de Planification (IDEP) dans le cadre de son mandat de renforcement des capacités techniques des cadres et fonctionnaires africains, compte accompagner les acteurs impliqués dans l’adoption et la mise en œuvre de politique de territorialisation des ODD tout en respectant l’esprit du principe de « ne laisser personne en marge ».

En effet, pour que la croissance soit inclusive, il faut que ces politiques et mesures de planification atteignent toutes les zones géographiques et que les besoins en investissement des villes secondaires, des zones périurbaines en expansion et des régions rurales soient satisfaits. C’est dans cette perspective que cette formation a été pensée et conçue pour les accompagner dans l’élaboration et la mise en œuvre d’une politique de territorialisation inclusive intégrant l’atteinte des ODD dans le cadre de l’Agenda 2030.

 

OBJECTIFS DE L'APPRENTISSAGE


Le principal objectif du cours est de contribuer à la création d'une masse critique de cadres et de décideurs de politique de niveau supérieur et intermédiaire, hautement qualifiés qui seront convenablement ou mieux équipés pour concevoir et dérouler une politique de territorialisation des ODD. Cette formation tiendra en compte le fait que l’Etat central, avec ses démembrements décentralisés et les acteurs communautaires (élus locaux, etc.), en tant qu’institution de mise en œuvre des objectifs des agendas 2030 et 2063, conserve un rôle fort de garant de l’équité sur tout le territoire. Elle sera également axée sur des modèles d’intervention adaptées à chaque territoire dans un souci de renforcer l’efficacité des politiques publiques.