Gouvernance : le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP) crucial pour la mise en œuvre des ODD en Afrique

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Le Caire, 10 décembre 2017 (CEA) – « Les Etats africains n’ont pas suffisamment tiré profit des OMD, pour la simple raison que le suivi n’a pas été au rendez-vous », a déclaré dimanche M. Youssouf Khayal, membre du MAEP. « J’attire votre attention sur cela, car c’est au Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP) qu’on a confié le suivi de la mise en œuvre des ODD dans le continent ».

« En permettant aux pays d’examiner leur performance en matière de gouvernance politique, économique et d’entreprises ou le développement économique via un mécanisme d’auto-évaluation et de revue par les pairs, le MAEP a démontré son fort potentiel en qualité de mécanisme d’alerte rapide pour les difficultés émergentes », a indiqué Mme Hodane Youssouf, Point focal du MAEP à la CEA.

Réunis pour deux jours au Caire (Egypte) à l’occasion d’un atelier régional Afrique du nord sur le thème « Promouvoir une Afrique centrée sur l’être humain et pacifique : Le rôle du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs », la Division chargée du développement des capacités (CDD) de la CEA, le Secrétariat continental du Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP) et le point focal du MAEP pour l’Egypte ont souligné l’importance grandissante de ce mécanisme pour le renforcement de la gouvernance en Afrique.

En plus de pays de la sous-région, des pays membres du processus dont la Côte d'Ivoire, Djibouti, la Guinée Equatoriale et le Tchad ont partagé leurs expériences à l’occasion de cette rencontre. La Gambie et la Somalie ont également assisté aux travaux en vue d’une éventuelle adhésion.

Mis en place en 2003 pour promouvoir la vision de l’Union Africaine et les valeurs partagées de la gouvernance démocratique et du développement inclusif et durable, le MAEP permet aux pays de dresser un bilan de leur évolution dans quatre dimensions clés : Démocratie et gouvernance politique, gouvernance économique et gestion, gouvernance des entreprises, et développement économique. Ce bilan et les mesures correctives sont établis par les pays candidats eux-mêmes, avec le soutien de leurs pairs.

Cette approche volontaire est unique et très importante, a souligné M. Khalid Emara, Point focal du MAEP en Egypte, « Le MAEP est très important dans la mesure où il signifie que, en Afrique, nous n’attendons pas de leçons de l’extérieur sur ce que nous devons faire : c’est un processus qui nous appartient pleinement, tout en nous permettant de rester ouverts à l’échange d’expériences avec le reste du monde ». 

Organisé sous le thème : « Promouvoir une Afrique centrée sur l’être humain et pacifique » du 10 au 11 décembre, cet atelier Afrique du Nord de sensibilisation au Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs vient compléter une série de rencontres organisées à travers le continent. Il sera suivi, du 12 au 13 décembre, du premier atelier de sensibilisation dédié à l’Egypte.

L’Egypte, qui a été l’un des premiers pays à avoir rejoint le MAEP en 2004, soutient ce processus au plus haut niveau selon MM. Khalid Emara, point focal MAEP pour l’Egypte et Ashraf Rashid, Président du Conseil National de la Gouvernance d’Egypte. Ce dernier a souligné les efforts de son pays pour améliorer la gouvernance nationale, avec, entre autres actions, la mise en place de la commission nationale pour la gouvernance et de centres de recherche de haut niveau pour le suivi national dans ce domaine.

A ce jour, des 36 Etats Membres de l’Union Africaine qui ont rejoint le MAEP, vingt ont complété leur auto-évaluation et bénéficié de revues par les pays pairs. D’autres pays, à l’instar du Libéria, du Soudan et de l’Ouganda, ont complété leurs auto-évaluation et devraient être évalués par leurs pairs dès janvier 2018.