L’Afrique et le Chili visent une coopération Sud-Sud mutuelle et bénéfique

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Addis-Abeba, le 19 juin 2017 (CEA) - Les pays africains riches en minéraux tireraient davantage les profits de leur dotation s’ils intensifiant leur coopération avec le Chili, le plus grand producteur de cuivre du monde et un pays qui a pu aller au-delà d’un grand nombre de défis qui affectent encore le secteur minier africain, déclare Abdalla Hamdok, Secrétaire exécutif par intérim de la Commission économique pour l'Afrique.

M. Hamdok a pris la parole lors de l’ouverture de la table ronde sur « L’exploitation minière pour le développement – profiter de l’expérience chilienne pour l’Afrique », tenue ce lundi matin, au Centre de conférences des Nations Unies à Addis-Abeba, en Éthiopie. « L’Afrique a souffert de sa dépendance vis-à-vis un seul produit de base, ce qui a rendu le continent vulnérable aux chocs extérieurs, malgré la récente envolée du prix des produits », dit-il dans son discours liminaire. « Il serait bénéfique, par exemple, d’apprendre du Chili comment il a ajouté de la valeur ajoutée à son secteur minier, même si celui-ci dépend aussi de ses produits de base ».

John Peter Amewu, Ministre des ressources naturelles, de la terre et des forêts du Ghana, reprenant l’idée de M. Hamdok, déclare que le Ghana et l’Afrique bénéficient d’un potentiel important pour découvrir les minéraux et que leur préoccupation concerne la façon de faire de l’exploitation minière un catalyseur pour la transformation structurelle et la croissance économique. L’Afrique, fait-il savoir, a dû relever les défis des programmes d’approvisionnement locaux inadéquats, qui auraient amené ces pays riches en minéraux à bénéficier de liens dans la chaîne de valeur minérale et lutter contre l’exploitation artisanale et minière à petite échelle - un défi relevé avec succès par le Chili. « Je crois que nous sommes prêts à apprendre du Chili «, déclare-t-il.

Dans sa présentation, Kojo Busia, Coordinateur du Centre africain pour le développement minier souligne qu’il est important d’apprendre du Chili dans le contexte du Projet Afrique « Extraction minière » de l’Union africaine (UA), adopté en 2009 par les États membres de l’UA et ce dans le but de passer de la maximisation des loyers à l’exploitation des ressources minières pour un développement inclusif et durable. « Il est crucial que l’Afrique se concentre sur la transformation institutionnelle - en adoptant le cadre institutionnel approprié et en appliquant les bonnes stratégies - si l’on veut apporter de la valeur dans son secteur minier en amont (contribuer à l’exploitation du secteur minier) et en aval par la valorisation », déclare-t-il.

Une présentation sur la façon dont le Chili a formalisé les mineurs à petite échelle grâce à la création d’ENAMI, un bras du gouvernement, qui fournit des prêts aux petits exploitants - y compris les mineurs artisanaux pour explorer et identifier de nouvelles réserves de minerais, développer et améliorer leurs installations minières, acheter du matériel et atteindre des niveaux adéquats de fonds de roulement.

Le Chili, qui représente 30% de l’approvisionnement mondial en cuivre, a adopté des politiques économiques ouvertes dans les années 1970 et cela s’est traduit par la construction d’un secteur minier dynamique caractérisé par la coexistence d’une entreprise minière nationale - COCHILCO - et une multitude d’opérateurs privés étrangers. Le pays a également pu développer d’autres secteurs à haut revenu parallèlement à son économie basée sur les produits de base en mettant en œuvre des politiques libérales de commerce et d’investissement.

Cependant, le Chili et les pays africains dotés en ressources naturelles sont confrontés à des défis passés et persistants, allant des problèmes énergétiques – à faible disponibilité et coûts élevés d’énergie, à l’accès et aux déficits en infrastructures pour continuer de dépendre d’un seul produit de base pour leurs revenus de change.

Les participants à la table ronde ont été invités à examiner les moyens à mettre en place pour aider l’Afrique et le Chili à diversifier leurs économies respectives et à ajouter de la valeur à leurs secteurs miniers. « Nous sommes intéressés par le partage des expériences qui aideront l’Afrique à atteindre les objectifs de son Projet Afrique « Extraction minière ». Nous espérons que c’est le début d’une coopération fructueuse et durable », déclare M. Jaime Chomali, Ambassadeur du Chili en Éthiopie.

 

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