La CEA et le FMI collaborent pour la croissance durable à long terme de l’Afrique

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La Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l'Afrique, Vera Songwe, met en garde contre le piège démographique pour les pays africains si des mesures politiques appropriées ne sont pas mises en place pour gérer l'explosion démographique. Telles sont les paroles prononcées par Mme Songwe, le 15 décembre lors d'un événement historique spécial organisé par la CEA. Ladite déclaration intervient à l’occasion du discours de Christine Lagarde, Directrice générale du Fonds monétaire international, sur les fondements de la transformation technologique en Afrique.

La visite officielle de Mme Lagarde à la CEA est la première du genre par un dirigeant du FMI. Mme Songwe décrit la visite comme historique du fait que celle-ci a lieu à un moment où la CEA et le FMI ont tous deux, des femmes à leur tête pour la premières fois. 

Les deux dirigeantes expriment leurs préoccupations concernant la chute du PIB par habitant dans de nombreux pays, qui, selon elles, est alarmante pour une croissance inclusive.

« Le plus grand défi auquel l'Afrique est confrontée concerne les mesures à prendre  améliorer le niveau de vie de ses populations », déclare Mme Songwe.

Pour accélérer le développement, elle appelle à des chiffres de croissance plus ambitieux indiquant que des taux de croissance à deux chiffres sont désormais nécessaires pour répondre à ces défis.

« C'est la seule manière d'investir, tout en maintenant des équilibres macro appropriés tels que la dette au PIB. Elle ajoute que l'Afrique doit trouver des moyens de financer son développement alors que les taux d'intérêt augmentent dans les pays occidentaux et menacent de réduire les flux d'Investissements directs étrangers (IDE) ».

Elle propose la nécessité de percevoir plus de taxes, d'élargir la base, de rendre les économies plus  performantes et d'investir les ressources de façon efficace et effective. 

En ce qui concerne le commerce et les investissements, Mme Songwe fait mention d'un point positif, soulignant que la Zone de libre-échange continentale devrait stimuler le commerce intra-africain de 52,3%. « Ce sont les exportations industrielles africaines qui profiteront le plus des gains », déclare-t-elle, ajoutant qu'en facilitant le commerce intra-africain, la ZLEC aidera l'Afrique à mettre en place son propre programme de diversification longtemps attendu, alors que les marchés s'ouvrent à travers le continent

« Notre défi sera de voir comment garantir  que l'accord est mis en œuvre et contribue à diversifier nos économies, à ajouter de la valeur en approfondissant et en accélérant le commerce régional et surtout contribue à la création d’emplois », indique-t-elle.

Pour sa part, Mme Lagarde souligne que les gouvernements peuvent faire mieux que simplement encourager l'innovation, ils peuvent également montrer la voie eux-mêmes. Créer l’environnement propice pour l'innovation technologique mais également  tirer parti des outils numériques conduit à plus de transparence, à une plus grande responsabilisation et à «offrir une vie meilleure à tous les citoyens », ajoute-t-elle.

« La technologie ne détient pas toutes les réponses. En fait, la technologie soulève souvent de nouvelles questions, notamment sur l'impact de l'automatisation. Mais il ne fait aucun doute que la technologie est une partie importante de l'histoire », fait-elle savoir.

Avant l'événement, à laquelle participent des représentants du secteur privé, du milieu universitaire, des étudiants et du corps diplomatique,  une réunion s'est tenue entre Mme Lagarde, son équipe et la direction de la CEA. Les deux patronnes se sont engagées à collaborer dans les domaines de l'avantage comparatif des deux institutions dans l'intérêt de la croissance durable à long terme de l'Afrique.


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