Les dirigeants mondiaux s'engagent lors de la COP22 à faire des efforts collectifs urgents pour faire face au changement climatique

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Marrakech, Maroc, le 18 novembre 2016 (CEA) - Les chefs d’État et de gouvernement et les délégations réunis ici pour le segment de haut niveau de la Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques ont envoyé un message vigoureux sur le changement climatique avec l’adoption de la Proclamation d’action de Marrakech pour le climat et le développement durable. Le Président de la CDP22, également Ministre des affaires étrangères du Maroc, Salaheddine Mezouar a présenté le document à la plénière dans la soirée du 17 novembre.

La proclamation appelle à « l’engagement politique au plus haut niveau pour lutter contre le changement climatique ». Elle stipule l’urgence de la mise en œuvre, de l’action et la forte ambition de lutter contre la hausse des températures mondiales.

La proclamation reconnaît la dynamique mondiale sur le changement climatique et souligne la nécessité d’accélérer le rythme de manière coopérative et collaborative entre toutes les parties prenantes en tenant compte des besoins particuliers et des circonstances des pays en développement et des plus vulnérables. Les pays développés ont réaffirmé leur engagement à mobiliser l’objectif de financement de 100 milliards de dollars américains pour les pays en développement.

Les moyens de mise en œuvre, y compris le financement, ont été un point de pression et les pays développés ont été priés de ne pas ignorer leurs engagements au titre du Protocole de Kyoto, qui prend fin en 2020, maintenant que l’Accord de Paris est entré en vigueur.

Pour l’Afrique, les principales questions relatives au financement sont les suivantes: Comment garantir la pleine mise en œuvre  des engagements existants en matière de financement des conventions et éviter d’ôter la responsabilité et la transférer vers le secteur privé ou vers les pays en développement dans le cadre du nouvel accord ? La nécessité d’une voie claire pour les finances d’ici à 2020. Et la capitalisation du Fonds vert pour le climat et la facilitation d’accès aux fonds. En outre, des efforts sont nécessaires pour assurer un financement nécessaire à la préparation des Contributions nationales prévues par les pays en développement.

Le Coordonnateur intérimaire, James Murombedzi, du Centre africain pour la politique en matière de climat (CAPC) de la CEA, déclare : « L’engagement de toutes les parties à réduire le réchauffement de la planète est reconnu, mais le changement climatique est une question sérieuse et urgente pour l’Afrique ».

 

La Proclamation d’action de Marrakech pour le climat et le développement durable

« Nous, Chefs d’État, de gouvernement et Délégations, nous sommes réunis à Marrakech, en Afrique, pour le Segment de haut niveau de la 22ème Session de la Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, la 12ème la Conférence des parties siégeant en tant que Réunion des Parties au Protocole de Kyoto et la 1ère Session de la Conférence des Parties siégeant en tant que Réunion des Parties à l’Accord de Paris, à l’invitation gracieuse de Sa Majesté le Roi du Maroc, Mohammed VI, publions cette proclamation pour signaler un changement vers une nouvelle ère de mise en œuvre et d’action sur le climat et le développement durable.

Notre climat se réchauffe à un rythme alarmant et sans précédent et nous avons le devoir urgent d’agir. Nous nous félicitons de l’Accord de Paris adopté dans le cadre de la Convention, entré rapidement  en vigueur, aux objectifs ambitieux, au caractère inclusif, à sa réflexion sur l’équité et aux  responsabilités communes mais différenciées et aux capacités respectives, à la lumière des différentes circonstances nationales et nous affirmons notre engagement à le mettre pleinement en œuvre.

En effet, cette année, nous avons assisté à une dynamique extraordinaire sur le changement climatique dans le monde et dans de nombreux forums multilatéraux. Cet élan est irréversible ; il est dirigé non seulement par les gouvernements, mais par la science, les entreprises et l’action mondiale de tous types et à tous les niveaux.

Notre tâche consiste maintenant à tirer rapidement parti de cet élan, ensemble, à aller de l’avant  délibérément pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et à encourager les efforts d’adaptation, en profitant et en soutenant l’Agenda 2030 pour le développement durable et ses Objectifs de développement durable.

Nous appelons à un engagement politique de haut niveau pour lutter contre le changement climatique, en tant que priorité urgente. Nous appelons à une forte solidarité avec les pays les plus vulnérables aux impacts du changement climatique et soulignons la nécessité de soutenir les efforts visant à renforcer leurs capacités d’adaptation, à être plus résilients et moins vulnérables.

Nous appelons toutes les Parties à renforcer et à soutenir les efforts visant à éradiquer la pauvreté, à assurer la sécurité alimentaire et à prendre des mesures rigoureuses pour faire face aux défis du changement climatique en matière d’agriculture. Nous appelons à élever d’urgence l’ambition et à renforcer la coopération entre nous afin de combler l’écart entre les trajectoires actuelles des émissions et la voie nécessaire pour atteindre les objectifs à long terme de l’Accord de Paris en matière de température.

Nous demandons une augmentation du volume, des flux et de l’accès au financement pour les projets sur le climat, ainsi que de meilleures capacités et technologies, y compris des pays développés aux pays en développement.

Nous, les Parties des pays développés, réaffirmons notre objectif de mobiliser 100 milliards de dollars américains. À l’unanimité, nous demandons une action et un soutien plus importants en matière de climat, bien avant 2020, en tenant compte des besoins spécifiques et des circonstances particulières des pays en développement, des pays les moins avancés et ceux particulièrement vulnérables aux effets néfastes du changement climatique.

Nous, qui sommes les Parties au Protocole de Kyoto, encourageons la ratification de l’Amendement de Doha. Nous appelons collectivement tous les acteurs non étatiques à se joindre à nous pour une action et une mobilisation immédiates et ambitieuses, en nous appuyant sur leurs réalisations importantes, en notant les nombreuses initiatives et le Partenariat de Marrakech pour l’action mondiale contre le changement climatique, lancé à Marrakech.

La transition dans nos économies nécessite d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris qui offre une occasion positive substantielle d’accroître la prospérité et le développement durable.

« La Conférence de Marrakech marque un point d’inflexion important dans notre engagement à rassembler toute la communauté internationale pour relever un des plus grands défis de notre temps. Alors que nous passons maintenant à la mise en œuvre et à l’action, nous réaffirmons notre volonté d’inspirer la solidarité, l’espoir et l’opportunité pour les générations actuelles et futures ». 

 

Publié par:
La Section des communications 
Commission économique pour l’Afrique 
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