Yaoundé, le 30 janvier 2026 (CEA) – Sensibiliser pour protéger, mesurer pour mieux valoriser : tel est l'équilibre qu'a instauré la « Semaine de l'économie bleue au Cameroun ». Organisée du 24 au 30 janvier 2026 par le Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale et la Division de l'intégration régionale et du commerce de la Commission Économique pour l’Afrique (CEA), cette initiative a démontré que la préservation des écosystèmes, la protection sociale et la prospérité économique sont trois dimensions indissociables d'une même vision. Si la transformation des ressources aquatiques en leviers de croissance est essentielle pour réduire la pauvreté, elle ne saurait se faire au détriment de l’équilibre du vivant.
Tout a commencé le 24 janvier, sur les rivages de Douala, Limbe et Buea. Loin du formalisme des salles de conférence, c'est sur le sable, aux côtés de 500 jeunes volontaires, que la CEA a choisi d'ancrer son action. Participer à la quatrième édition annuelle du « Cameroun Beach Clean-up » a dépassé le simple cadre de la salubrité pour devenir un acte de responsabilité citoyenne et de solidarité intergénérationnelle.
Déployée sur les plages de Douala (500 mètres), Limbe (700 mètres) et Buea (3 kilomètres), cette mobilisation menée par l’Association for Community Awareness (ASCOA) en partenariat avec d’autres organisations de la société civile telles que For Earth’s Sake et Earth Care Purpose, a permis d’extraire 4,46 tonnes de déchets. En libérant les côtes de ces pollutions, les volontaires ont rappelé une vérité fondamentale : il ne peut y avoir d'économie bleue sans une santé environnementale préservée.
Pour Jean Luc Mastaki, Directeur du Bureau sous-régional de la CEA : « Voir ces jeunes retirer des sacs entiers de plastique des berges nous rappelle que l’économie bleue ne se résume ni à des chiffres, ni à des tableaux Excel. Elle prend racine dans l’engagement des citoyens qui protègent, chaque jour, les écosystèmes dont dépend notre prospérité collective. »
La transition vers la phase technique à Yaoundé, du 27 au 30 janvier, a permis de traduire cette urgence environnementale en indicateurs stratégiques. Le Cameroun rejoint désormais le cercle des pays africains implémentant le Tableau de Bord de l’économie bleue de la CEA (BEVTK), une boussole indispensable pour orienter les politiques publiques.
Les données préliminaires révèlent l'importance vitale de ce secteur : l'économie bleue représente déjà 5,8 % du PIB national et soutient 3 % des emplois au Cameroun. Plus impressionnant encore, la valeur des services écosystémiques — ces bénéfices naturels souvent ignorés — est estimée à 22 600 milliards de FCFA.
« On ne peut valoriser que ce que l’on sait mesurer », a martelé Adama Ekberg Coulibaly, Chef de la section des initiatives sous-régionales à la CEA. Cette évaluation n'est pas qu'un simple exercice comptable ; c'est un acte de protection envers les communautés dont la survie dépend directement de la santé de nos eaux.
Le succès de cette semaine repose avant tout sur l’appropriation des outils par les acteurs nationaux. La formation intensive des cadres de l'administration, du secteur privé et de la société civile a permis de forger un noyau technique solide. En maîtrisant le BEVTK, ces experts deviennent les architectes d'une économie bleue inclusive, capable de piloter la stratégie nationale en cohérence avec la Vision 2035 et la SND30.
Soumaya Iraqui, Cheffe de la section des réformes de politiques de diversification économique à la CEA, précise : « Notre satisfaction repose sur la capacité de la partie nationale à comprendre la logique du BEVTK, à enrichir les données locales et à traduire les résultats en messages percutants pour les décideurs, afin d'actualiser cette évaluation de manière autonome. »
Soutenue par le Danemark (DANIDA), cette initiative marque le début d'un mouvement profond. Le Cameroun ne se contente plus d'exploiter ses ressources ; il apprend désormais à les chérir et à les gérer avec intelligence pour garantir un avenir prospère aux générations futures.
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