Addis-Abeba, Éthiopie, le 30 avril 2026 (CEA) – Les dirigeants, négociateurs, décideurs politiques et partenaires africains en matière de climat ont inauguré la septième édition des pourparlers africains sur le climat en lançant un appel pressant à faire passer l’agenda climatique mondial des engagements à une mise en œuvre crédible.
Organisée sur le thème « La voie de l’Afrique vers la COP32 : des engagements à une mise en œuvre crédible », cette réunion intervient à un moment décisif pour l’action climatique mondiale, alors que les pays se préparent à la COP31 en Turquie et à la COP32, qui se tiendra en Éthiopie en 2027.
Lors de la séance d’ouverture, le Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique, M. Claver Gatete, a déclaré que la COP32 devait marquer un tournant pour restaurer la confiance dans le système climatique multilatéral.
« La COP32 sera un test décisif de crédibilité », a affirmé M. Gatete. « Un test pour savoir si nous pouvons passer des engagements aux résultats. Un test pour savoir si la confiance dans le système multilatéral peut être restaurée par des actions concrètes. Et un test pour savoir si les priorités du continent se traduiront enfin par des actions d’envergure ».
M. Gatete a souligné que les impacts du changement climatique s’aggravent plus vite que les réponses actuelles, avec la hausse des températures, les inondations, les sécheresses, les phénomènes météorologiques imprévisibles et l’élévation du niveau de la mer qui menacent la sécurité alimentaire, l’approvisionnement en eau, les infrastructures et les finances publiques à travers le continent africain.
Bien que l’Afrique contribue à moins de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, elle demeure parmi les régions les plus vulnérables au changement climatique. Les pays africains ont besoin d’environ 277 milliards de dollars des États-Unis par an jusqu’en 2030 pour mettre en œuvre leurs contributions déterminées au niveau national, or le continent ne reçoit actuellement qu’environ 11 % du financement nécessaire.
« C’est là que le discours doit changer », a déclaré M. Gatete.
« Définir l’Afrique uniquement par sa vulnérabilité, ce serait passer à côté de l’essentiel. Le continent offre également des solutions importantes, grâce à ses abondantes ressources en énergies renouvelables, sa riche biodiversité et sa population jeune, moteur d’innovation et de croissance verte ».
La septième édition des pourparlers africains sur le climat, organisée par le Centre africain de politique climatique de la CEA en collaboration avec ses partenaires de ClimDevAfrique, vise à consolider l’agenda climatique de l’Afrique après la COP30 et à affiner l’approche du continent en vue des COP31 et COP32. Les discussions porteront sur le financement climatique, l’adaptation, les pertes et dommages, le Bilan mondial, les transitions justes, les marchés de carbone, le commerce et le climat, ainsi que le rôle de l’action climatique dans la transformation structurelle de l’Afrique.
Les participants sont invités à élaborer des contributions analytiques et techniques afin de renforcer la position de négociation de l’Afrique, notamment des orientations sur les implications du premier Bilan mondial pour le cycle 3.0 des CDN africaines, un cadre prospectif sur les priorités en matière de financement et d’adaptation, et des principes pour une transition juste et la participation au marché de carbone.
M. Gatete a souligné que l’adaptation doit être considérée comme une priorité de développement pour l’Afrique, car elle contribue directement à la sécurité alimentaire, protège les infrastructures, stabilise les économies et améliore le bien-être. Il a également plaidé pour des systèmes de données plus robustes, une couverture d’alerte précoce élargie, une meilleure intégration de l’adaptation dans les budgets nationaux et des réformes visant à rendre le financement climatique plus prévisible, plus avantageux et plus accessible.
En prévision de la COP32, il a défini cinq priorités pour l’engagement collectif de l’Afrique : faire de la COP32 une conférence axée sur la mise en œuvre ; intensifier et réformer le financement climatique ; intégrer l’adaptation dans la planification du développement ; utiliser l’action climatique pour stimuler l’industrialisation, l’accès à l’énergie, la création d’emplois et la réduction de la pauvreté ; et renforcer la cohérence et l’influence de l’Afrique dans les pourparlers climatiques mondiaux.
Des hauts responsables ont participé à la réunion, notamment le Ministre de la planification et du développement de l’Éthiopie, Fitsum Assefa, l’Ambassadeur de Turquie en Éthiopie, Berek Baran ; le Chef de mission l’Ambassadeur d’Australie en Éthiopie, Peter Hunter ; le Commissaire à l’agriculture, au développement rural, à l’économie bleue et à l’environnement durable auprès de la Commission de l’Union africaine, Moses Vilakati et le Président du Groupe africain de négociateurs, Antwi-Boasiako Amoah.
La septième Conférence africaine sur le climat se poursuivra jusqu’au 1er mai 2026 au Centre de conférences des Nations Unies, à Addis-Abeba, dans un format hybride.
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