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Réforme de la dette, finance durable et résilience budgétaire : les experts africains en quête d’innovation

8 mai, 2026

Addis-Abeba, 8 mai 2026 (CEA) – La Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) et Financial Sector Deepening (FSD) Africa ont conclu le vendredi 8 mai à Addis-Abeba, Éthiopie, le Deuxième Forum africain sur la finance souveraine, organisé sous le thème : « Renforcer les marges de manœuvre budgétaires et la viabilité de la dette ».

Pendant trois jours, les participants ont examiné les liens entre développement durable et viabilité de la dette, notations de crédit et coûts d’emprunt, ainsi que la manière dont les organismes de gestion de la dette peuvent tirer parti de ces interactions pour soutenir le développement.

Le défi de la dette en Afrique dépasse largement le cadre des seules préoccupations budgétaires : il représente désormais une crise du développement, une source vulnérabilité climatique et une urgence sur le plan de la gouvernance, autant de problématiques qui doivent être abordées de manière intégrée, a déclaré Mama Keita, Secrétaire exécutive adjointe de la CEA chargée de l’appui aux programmes.

« Le système de la dette mondiale doit cesser de privilégier les créanciers fortunés au détriment du développement et du bien-être des citoyens. Les organismes africains de la gestion de la dette œuvrent à cette transition, instrument par instrument, institution par institution », a-t-elle indiqué.

Les organismes africains de gestion de la dette ne sont pas de simples administrateurs de passifs hérités, mais des garants de l'équité intergénérationnelle, et sont amenés à prendre des décisions qui façonneront les opportunités de demain, a ajouté Mme Keita.

« Malgré les difficultés économiques actuelles, les fondamentaux macroéconomiques de l'Afrique ont fait preuve de résilience, mais cette dynamique est menacée par le poids de notre dette : la dette extérieure a atteint environ 1 200 milliards de dollars américains, représentant une part importante du PIB continental – et dans de nombreux pays, plus d'un quart des recettes publiques sont désormais absorbées par le service de la dette », a déclaré Claver Gatete, Secrétaire exécutif de la CEA, en début de semaine. « Concrètement, cela se traduit par des salles de classe qui ne sont pas construites, des dispensaires privés de personnel ou d’équipement, et des emplois non créés. Cela signifie que le développement n'est pas seulement retardé ; il est compromis », a-t-il averti.

La gestion de la dette n'est plus une simple fonction technique de l'État ; elle est désormais essentielle à la stabilité macroéconomique, à la stratégie et aux politiques de développement, a déclaré Semereta Sewasew, ministre d'État éthiopienne à la Coopération économique qui a présenté les stratégies macroéconomiques et de gestion de la dette de son pays et leurs retombées positives sur l'économie nationale. « Un enseignement important est que la viabilité de la dette ne se résume pas à son montant, mais dépend aussi de sa structure, des devises étrangères qui la garantissent et de la crédibilité des cadres politiques », a-t-elle ajouté.

Organisé conjointement par la CEA et FSD Africa, le deuxième Forum africain sur la finance souveraine s'est tenu alors que les discussions internationales sur la réforme de la dette et le financement climatique établissent de nouvelles normes pour le financement du développement durable.

Ce Forum a permis aux experts africains en gestion de la dette de mettre en œuvre les priorités post-COP30, en alignant la gestion de la dette souveraine sur l'architecture mondiale du financement durable et climatique, aujourd’hui en constante mutation.

Les discussions ont porté sur la manière dont les acteurs africains peuvent innover en intégrant les stratégies de dette à moyen terme, les analyses de viabilité de la dette et les opérations de gestion du passif aux objectifs et réformes de performance environnementale et sociale. L’objectif était d’optimiser la croissance économique tout en transformant la gestion de la dette africaine et en visant une résilience budgétaire plus proactive, participative et respectueuse de l’environnement.

Le Forum a également été l’occasion d’examiner le cadre relatif à la viabilité de la dette du FMI, où les participants ont relevé d’importantes lacunes : dans la mesure où ces derniers prennent en compte les risques liés au changement climatique mais pas les avantages des investissements dans la résilience en matière de réduction des risques.

Le Forum visait également à encourager les partenariats avec les fondations philanthropiques, les institutions multilatérales et les fournisseurs de garantie, et à soutenir la conception conjointe de mécanismes de garantie et de partage des risques adaptés au contexte de la dette africaine.

« La situation actuelle nous incite à redoubler d’efforts en matière de financement des actions pour le climat et la protection de la nature afin de renforcer la résilience à moyen et long terme. Le lien entre dette souveraine et climat, dette souveraine et réforme des marchés de capitaux nationaux s’inscrit dans un système interconnecté, et nous devons examiner comment ces éléments s’articulent entre eux », a déclaré Mark Napier, PDG de FSD Africa.

Les économies africaines évoluent actuellement dans un contexte politique de plus en plus complexe, marqué par un resserrement des marges budgétaires, une vulnérabilité accrue à la dette et une escalade des risques climatiques. Cette conjugaison de pressions affecte la résilience macroéconomique et limite la capacité des gouvernements à investir dans le développement durable, notamment dans des secteurs essentiels comme la santé et l’éducation.

Selon la Banque africaine de développement (2024), le service total de la dette en Afrique a plus que doublé au cours de la dernière décennie, atteignant 163 milliards de dollars américains, tandis que les paiements d’intérêts, à eux seuls, dépassent désormais les budgets de santé publique dans trente pays. En 2025, les obligations liées au service de la dette extérieure devraient atteindre 88,7 milliards de dollars américains, réduisant davantage les marges budgétaires aux dépens d’investissements essentiels dans les infrastructures, l’adaptation au changement climatique et le capital humain. Cette charge fiscale croissante menace d'ancrer un cycle d’investissement et de croissance affaiblis et de résilience réduite aux chocs extérieurs.

« Au cœur du défi de la dette africaine se trouve un problème structurel dans la manière dont notre continent est évalué et valorisé sur les marchés financiers mondiaux. Le risque est-il évalué correctement ? ou l’Afrique est-elle systématiquement sous-évaluée ? », s’est interrogé Claver Gatete en ouverture du Forum, avant d’inviter les participants à se concentrer sur quatre priorités clés : intégrer la durabilité au cœur de la gestion de la dette ; renforcer les fondements institutionnels et les données ; s'engager auprès des investisseurs et des partenaires en tant qu'alliés stratégiques et définir des priorités claires au niveau national ainsi que des feuilles de route concrètes pour la mise en œuvre d’ici 2026 et au-delà.

Le deuxième Forum africain sur la finance souveraine, intitulé « Renforcer les marges de manœuvre budgétaires et la viabilité de la dette », a réuni des représentants des organismes de gestion de la dette et des ministères des Finances de 18 pays africains, des institutions financières multilatérales et régionales, des partenaires philanthropiques et de garantie, des agences de notation, des investisseurs institutionnels, des think tanks, des institutions universitaires et des organisations techniques œuvrant dans les domaines de la finance durable, de la gestion de la dette et de l’économie du climat.

Publié par :
Section de la communication
Commission économique pour l’Afrique
B.P. 3001
Addis-Abeba
Éthiopie
Tél : +251 11 551 5826
Email : eca-info@un.org

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