Yaoundé, le 23 octobre 2026 — Le Cameroun engage une nouvelle étape dans l’élaboration de ses premiers comptes de l’énergie, un outil statistique destiné à mieux orienter les investissements et les politiques énergétiques. Du 26 au 30 octobre 2026, l’Institut national de la statistique (INS), avec l’appui technique de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), notamment de son Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale ainsi que le Centre Africain des Statistiques (ACS), organisera à Soa, près de Yaoundé, un atelier national de cadrage méthodologique et de pré-compilation. L’objectif est d’établir des règles communes de production des comptes et de commencer à les appliquer aux données disponibles.
Cette rencontre prolonge le premier atelier de détermination des besoins, tenu à Douala du 22 au 26 juin 2026. Les travaux avaient permis de préciser les attentes des utilisateurs, de cartographier les sources d’information et d’identifier des lacunes, notamment sur la biomasse et l’autoproduction d’électricité. À Soa, les experts devront traduire ce diagnostic en méthodes de calcul et en tableaux cohérents, utilisables par les institutions concernées.
Au centre des travaux figure le Tableau des ressources et des emplois physiques de l’énergie (TREP-énergie). Ce tableau retrace l’origine de l’énergie disponible et ses différentes utilisations. Il permet de suivre les flux de production, d’importation, de transformation et de consommation, ainsi que les pertes. Le terme « emplois » désigne ici les usages de l’énergie par les activités économiques et les ménages.
Pour construire ce tableau, les experts examineront les données existantes et préciseront leur correspondance avec les rubriques des comptes. Ils harmoniseront les classifications des produits énergétiques et les facteurs de conversion nécessaires pour comparer des quantités exprimées dans des unités différentes. Ils documenteront également les méthodes d’estimation des données manquantes. Ces règles communes doivent permettre de rapprocher les informations issues de plusieurs sources et de rendre les calculs vérifiables.
Les experts définiront également les tableaux monétaires de référence et veilleront à la cohérence des comptes de l’énergie avec les comptes nationaux. Les informations sur les quantités pourront ainsi être rapprochées des données exprimées en valeur. Les participants préciseront les conventions de classement et d’affectation des flux, notamment l’application du principe de résidence, qui permet de rattacher les opérations aux unités économiques résidentes.
À terme, ce rapprochement doit permettre d’apprécier les besoins énergétiques des différentes branches d’activité et de mesurer l’énergie mobilisée pour produire une unité de richesse, un indicateur d’intensité énergétique. Il aidera à éclairer les arbitrages entre développement de l’offre et maîtrise de la consommation. Les travaux s’appuieront sur les recommandations du Système de comptabilité économique et environnementale appliqué à l’énergie (SCEE-Énergie).
L’atelier réunira 27 participants issus des administrations, des organismes du secteur énergétique et des institutions utilisatrices, dont deux experts de la CEA. Les travaux couvriront les produits pétroliers, l’électricité, le gaz naturel, la biomasse et les combustibles traditionnels, ainsi que les énergies renouvelables. Un groupe transversal traitera les questions de cohérence avec les comptes nationaux et les méthodes communes aux différentes filières.
Les résultats attendus comprennent un document méthodologique national de référence, une première version du TREP-énergie renseignée avec les données disponibles et les spécifications des futurs outils de production. Il s’agira de préciser les fonctions que ces outils devront remplir pour appliquer les méthodes retenues et faciliter l’actualisation des comptes. Les experts établiront aussi les actions restantes pour préparer la phase pilote.
Organisée dans le cadre du projet HISWACA, qui finance l’atelier, cette étape préparera le développement, le paramétrage et le test des outils de production. Elle contribuera à la mise en œuvre du Plan national de développement de la comptabilité économique et environnementale du Cameroun.
L’enjeu global est de doter le Cameroun d’une information régulièrement actualisée sur les liens entre énergie, économie et environnement. En poursuivant son appui à l’INS et aux administrations compétentes, la CEA accompagne la construction d’une base statistique pour mieux cibler les investissements, suivre les pertes et évaluer les politiques énergétiques. Ces comptes doivent ainsi éclairer les choix nécessaires à un approvisionnement plus fiable des ménages et des entreprises, à la compétitivité industrielle et à une transition énergétique cohérente avec la SND30 et la Vision 2035.
Publié par :
Section de la communication
Commission économique pour l’Afrique
B.P. 3001
Addis-Abeba
Éthiopie
Tél : +251 11 551 5826
Email : eca-info@un.org