Vous êtes ici

COM 2026 - Dialogue ministériel - un appel urgent à l’inclusion financière des femmes pour la croissance africaine

1 avril, 2026
COM 2026: Ministerial dialogue calls for urgent action to boost women’s financial inclusion for Africa’s growth

Tanger, Maroc, le 1er avril 2026 - Un dialogue ministériel s’est conclu aujourd’hui à Tanger, appelant à une action plus énergique pour accélérer l’inclusion financière et économique des femmes. Les participants ont souligné que la lenteur des progrès limitait leurs perspectives et freinait la croissance africaine.

Ce dialogue sur la Décennie africaine de la femme pour l’inclusion financière et économique était coorganisé par la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et le Centre africain pour la transformation économique (ACET), en marge de la Conférence 2026 des ministres africains des finances, de la planification et du développement économique (COM 2026).

Les discussions ont porté sur la manière dont les gouvernements peuvent faire de l’inclusion financière des femmes une priorité économique majeure, en s’appuyant sur des données probantes issues du continent pour éclairer les décisions politiques des ministres des finances.

Les participants se sont appuyés sur des outils clés développés en Afrique, tels que l’Indice de développement et des inégalités entre les sexes en Afrique, l’Indice africain du genre et l’Indice africain de l’inclusion des femmes, afin d’ancrer les discussions dans des données relatives aux engagements politiques, aux progrès accomplis et à la réalité économique vécue par les femmes.

« Un problème de gouvernance »

Ouvrant le dialogue, la Ministre marocaine de l’économie et des finances, Mme Nadia Alaoui, a décrit l’exclusion financière et économique des femmes non seulement comme un problème qui les concerne, mais aussi comme un problème de gouvernance, ajoutant que l’Afrique ne pourra jamais transformer son économie sans les femmes.

Elle a déclaré : « Nous sommes confrontés à une réalité que nous devons reconnaître. Les femmes sont formées, mais ne sont pas embauchées. Elles sont embauchées, mais ne sont pas promues. Elles sont présentes, mais ne décident pas. Il ne s’agit pas d’un problème de vivier de talents. Il s’agit d’un problème de gouvernance ».

Elle a souligné que les progrès dépendent de qui prend les décisions et de la manière dont les ressources sont allouées.

« L’inclusion ne sera jamais complète sans la participation des femmes à la prise de décision. Nous ne transformerons pas nos économies en incluant les femmes en nombre et en les excluant du pouvoir », a-t-elle ajouté.

Mme Alaoui a également souligné le rôle des données, des technologies et de l’innovation dans la conduite du changement, notant que les données offrent de la visibilité aux femmes, les technologies permettent une inclusion à grande échelle et l’innovation la concrétise.

Elle a cité les réformes mises en œuvre au Maroc, notamment l’amélioration de l’accès aux transports, à la garde d’enfants et aux services financiers, comme autant de mesures concrètes pour soutenir la participation des femmes à l’économie.

« Le coût de l'exclusion »

La Secrétaire exécutive adjointe (Programme) et Économiste en chef de la CEA, Mme Hanan Morsy, a déclaré que les progrès en matière d’autonomisation économique des femmes restent insuffisants malgré les avancées récentes.

Elle a noté qu’environ 89 % des femmes en Afrique occupent un emploi informel, avec un accès limité à la protection sociale et aux services financiers, tandis que l’économie numérique aggrave l’exclusion.

Mme Morsy a déclaré : « Réduire les inégalités entre les sexes peut stimuler la croissance économique, mais notre capacité à mesurer ces pertes reste limitée par d’importantes lacunes dans les données. Moins nous mesurons, plus nous sous-estimons le coût de l’exclusion et les avantages des réformes. Sans données tenant compte du genre, nous élaborons des politiques de manière incomplète. C’est une situation que nous ne pouvons plus nous permettre ».

Elle a exhorté les décideurs politiques à faire de l’inclusion des femmes une priorité économique fondamentale, à investir dans la réduction des lacunes en matière de données et à veiller à ce que les systèmes financiers et numériques soient conçus pour inclure les femmes dès le début.

« Si nous alignons les réformes financières sur les réalités de la vie des femmes, nous ferons non seulement progresser l’égalité entre les sexes, mais nous libérerons également un puissant moteur de productivité, de résilience et de croissance inclusive sur l’ensemble du continent », a ajouté Mme Morsy.

« Une réalité préoccupante »

L’Économiste principale à l’ACET, Mme Theophiline Bose-Duker, a déclaré : « Les progrès sont trop lents. Le score moyen d’inclusion en Afrique est passé de 45,6 en 2011 à 53,5 en 2022. Mais à ce rythme, la pleine inclusion ne sera pas atteinte avant 2093. C’est une réalité préoccupante ».

Elle a souligné que si de nombreux pays ont adopté des politiques d’égalité des sexes, leur mise en œuvre reste limitée en raison de lacunes en matière de financement, de données et de coordination institutionnelle.

Pour accélérer les progrès, Mme Bose-Duker a appelé à un investissement soutenu dans les systèmes de données sur le genre, à une infrastructure numérique plus inclusive conçue pour les femmes, à une meilleure intégration des priorités en matière de genre dans les ministères des Finances et à une meilleure utilisation des outils existants pour suivre les progrès et responsabiliser les gouvernements.

Le dialogue a également été l’occasion de voir la Directrice de la Division du développement socio-économique de la CEA. Mme Zuzana Schwidrowski, la Cheffe de la Section de l’autonomisation des femmes et des jeunes de la CEA, Mme Keiso Matashane-Marite et la Responsable du genre à l’ACET, Mme Adamnesh A. Bogale, s’entretenir de façon informel.

Ce dialogue a porté sur des solutions concrètes pour mieux accompagner les femmes dans la création et le développement d’entreprises productives, l’accès à des emplois décents et la construction de moyens de subsistance plus stables. Parmi ces solutions figuraient l’investissement dans les systèmes de soins afin de libérer du temps aux femmes pour un travail rémunéré, la formalisation du travail informel pour renforcer la protection et l’accès au financement, ainsi que le développement de l’alphabétisation et de l’accès au numérique pour lutter contre l’exclusion.

Les conclusions de ce dialogue contribueront aux efforts continentaux fournis dans le cadre de la Décennie pour l’inclusion financière et économique des femmes de l’Union africaine, qui vise à accélérer les progrès en matière de réduction des inégalités entre les sexes dans les économies africaines.

Issued by:
Communications Section
Economic Commission for Africa
PO Box 3001
Addis Ababa
Ethiopia
Tel: +251 11 551 5826
E-mail: eca-info@un.org