New York, 6 mai 2026 (CEA) – La République du Ghana et la République de Tunisie ont organisé, le 6 mai à New York (États-Unis), une table ronde sous le thème « Transferts de fonds et contributions de la diaspora pour la réalisation des objectifs du Pacte mondial pour les migrations (PMM) en Afrique », en partenariat avec la Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies.
A l’issue de la rencontre, plusieurs recommandations phares ont été présentées avec pour objectif le renforcement de la capacité des pays à s’appuyer sur les diasporas et les transferts de fonds en soutien au développement. Parmi ces dernières :
- intégrer les transferts de fonds et les contributions des diasporas comme sources alternatives de financement du développement dans les politiques nationales de planification et de développement ;
- élaborer des cadres adéquats pour orienter les transferts de fonds vers des investissements productifs ;
- développer des instruments financiers innovants et réduire les coûts de transaction ;
- renforcer les systèmes de données pour mesurer avec précision et valoriser les contributions des diasporas ;
- accélérer l’innovation, la transformation numérique et l’inclusion financière ;
- renforcer la collaboration entre les gouvernements, les organisations des diasporas et le secteur privé.
- et enfin, promouvoir le partage des expériences et des meilleures pratiques entre pays.
La rencontre s’est tenue en marge du Forum international d’examen des migrations (IMRF 2026), une manifestation mondiale organisée au siège des Nations Unies à New York du 5 au 8 mai 2026 avec la participation de plus de 100 pays. Objectif : évaluer la mise en œuvre du Pacte mondial pour les migrations, échanger des approches novatrices et partager des conclusions, meilleures pratiques et des recommandations en vue de tirer parti de la contribution positive des migrants au développement.
Au cours des dernières années, les transferts de fonds se sont révélés être un canal robuste et fiable de financement du développement durable. Ils ont fortement contribué à catalyser la croissance économique, en stimulant la consommation, l’investissement et les dépenses publiques. En 2025, les transferts de fonds de la diaspora africaine ont dépassé les 100 milliards de dollars américains et permis de soutenir plus de 200 millions de proches, principalement dans les zones rurales. Dans certains pays africains, ces transferts ont permis de réduire la pauvreté jusqu’à 40 %.
« Malgré des crises multiples et un contexte économique mondial difficile, les transferts de fonds sont restés résilients, constituant l'une des sources de financement extérieur les plus importantes et les plus stables de l'Afrique et surpassant d'autres flux financiers dont le rôle était traditionnellement important, tels que l'aide publique au développement ou les investissements directs étrangers. Saisir leur potentiel de transformation exige la mise en place de politiques et de cadres adéquats qui soutiennent la contribution des diasporas et libèrent le potentiel de développement », a déclaré Samia Mansour Hamouda, chargée des affaires économiques à la CEA.
Au-delà des transferts de fonds, les diasporas elles-mêmes jouent un rôle crucial dans le développement du continent africain en apportant des compétences précieuses, en facilitant le transfert de connaissances et en contribuant au développement du capital humain et technologique.
La rencontre parallèle sur les « Transferts de fonds et contributions des diasporas pour atteindre les objectifs du Pacte mondial pour les migrations en Afrique » a été l’occasion de démontrer comment les pays africains intègrent de plus en plus l'engagement des diasporas dans leurs stratégies nationales de développement. Les discussions ont souligné que les diasporas telles que reconnues par le Pacte sont des moteurs de prospérité, d'innovation et de développement durable lorsqu'elles sont intégrées de manière efficace.
« Le transfert de compétences, l’innovation et l’échange de connaissances sont des atouts essentiels qui peuvent renforcer les capacités nationales et favoriser une croissance inclusive. Toutefois, libérer ce potentiel nécessite la mise en œuvre de politiques cohérentes, l’amélioration des systèmes de données, la réduire les coûts de transaction et la mise en œuvre d’une une transformation numérique », a déclaré Sylvia Ekra, directrice régionale de l’OIM pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.
La session a également été l’occasion de mettre en lumière des expériences concrètes de plusieurs pays, notamment le Ghana et la Tunisie, où les gouvernements œuvrent à l’intégration des contributions des diasporas dans leurs cadres de planification nationaux. Ces efforts visent à dépasser l’utilisation traditionnelle des transferts de fonds à des fins de consommation et à les orienter vers des investissements plus productifs.
« Les migrations, les transferts de fonds et l’engagement de la diaspora sont désormais intégrés à la planification nationale du développement pour un développement durable et une prospérité partagée. Ils constituent également un élément clé de la planification décentralisée dans l’ensemble des 261 collectivités locales, » a ainsi déclaré Dr Audrey Smock Amoah, Directrice générale de la Commission nationale de planification du développement (CNPD) du Ghana, qui a souligné la reconnaissance croissante des diasporas en tant que partenaire stratégique du développement.
Pour sa part, Tarek Bouhlel, Directeur général de la Coopération africaine au ministère tunisien de l'Économie et de la Planification, a souligné la nécessité de politiques structurées et prospectives pour mieux saisir le potentiel de la diaspora.
« Outre l'intégration des transferts de fonds et de la contribution de la diaspora dans le plan quinquennal de développement 2026-2030, la Tunisie travaille, avec le soutien de la CEA, à la mise en œuvre de réformes politiques afin de créer un cadre adéquat, un fonds d'investissement dédié à la diaspora et des produits permettant d'orienter les transferts de fonds vers des projets productifs et durables », a-t-il déclaré.
S’appuyant sur des exemples supplémentaires de la Jamaïque, du Malawi, de la FAO et du FIDA, la rencontre a enfin permis de souligner l’importance d’aligner les stratégies d’engagement de la diaspora avec les objectifs du GCM, notamment sur le plan du renforcement de l’inclusion financière, de la réduction du coût des transferts de fonds et de l’optimisation de la contribution positive des diasporas au développement. Des partenariats plus étroits entre les gouvernements, les communautés de la diaspora, le secteur privé et les organisations internationales sont essentiels pour libérer ce potentiel inexploité.
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