Lusaka, Zambie, le 31 août 2026 (CEA) - Les parties prenantes ont exhorté la Zambie et les pays d’Afrique australe à accélérer le processus d’une industrialisation verte et inclusive, en veillant à ce que l’exploitation des ressources naturelles y compris les énergies renouvelables, débouche sur le développement d’industries productives, la création d’emplois de qualité et une valeur économique accrue au niveau local.
Cet appel a été lancé lors d’un atelier national organisé le 31 août 2026, à Lusaka, où les participants ont examiné des études régionales portant sur des mesures climatiques innovantes et l’industrialisation verte. Cette initiative, pilotée par la CEA et soutenue par l’organisme des Nations Unies pour le commerce et le développement, concerne le Malawi, le Mozambique, la Namibie, l’Afrique du Sud, la Zambie et le Zimbabwe. L’atelier a permis d’explorer quatre études portant sur : la politique industrielle verte ; la modernisation industrielle et le transfert de technologies ; la transition vers une énergie verte ; ainsi que le rôle du secteur privé et des MPME dans l’économie circulaire. Les participants ont appelé à traduire ces conclusions en options politiques concrètes.
Intervenant lors de l’atelier, le Secrétaire permanent chargé de l’investissement et de l’industrialisation au Ministère zambien du commerce et de l’industrie, M. Crusivia C. Hichikumba, a souligné que l’industrialisation verte constituait une nécessité économique pour bâtir des industries compétitives, inclusives et écologiquement durables, capables de créer des emplois décents et d’améliorer les conditions de vie.
Il a indiqué que les sécheresses, les inondations, l’évolution des régimes pluviométriques et les pressions pesant sur la production d’énergie menaçaient la production industrielle, la sécurité alimentaire, l’investissement et la croissance. Les contraintes de la production hydroélectrique en Zambie dues aux sécheresses soulignent la nécessité de diversifier le mix énergétique, notamment par le développement de ressources d’énergies renouvelables, en particulier le solaire, soutenues par des politiques nationales de croissance verte, de lutte contre le changement climatique et de transition énergétique. Les épisodes de sécheresse et les coupures d’électricité en Zambie ont démontré que la fiabilité des systèmes énergétiques, hydriques et de transport est fondamentale pour la performance industrielle et le commerce régional.
M. Hichikumba a appelé au renforcement des partenariats entre les gouvernements, les partenaires au développement, les bailleurs de fonds, les entreprises, le monde universitaire et la société civile, en s’appuyant sur l’innovation, le développement des compétences, le transfert de technologies, la finance verte et la coopération régionale. Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement en faveur de l’investissement durable, de l’innovation et de la compétitivité des industries zambiennes, conformément à la Vision 2030, à l’Agenda 2063 de l’UA, à la Stratégie et à la Feuille de route de la SADC pour l’industrialisation, à la ZLECAf et au Programme 2030.
La Chef de la Section de l’industrialisation inclusive, Mme Olayinka Bandele, s’exprimant au nom de la Directrice du Bureau sous-régional de la CEA en Afrique australe, Mme Eunice Kamwendo, a exhorté la région à dépasser le stade de l’exportation de ressources naturelles brutes et à conserver une plus grande part de la valeur grâce à la transformation locale et à la création de valeur ajoutée.
« La question n’est pas de savoir si la Zambie dispose des ressources nécessaires pour s’industrialiser, mais si nous pouvons capter une plus grande partie de la valeur qu’elles génèrent au sein de l’économie », a-t-elle déclaré.
Elle a cité le cuivre et les pierres précieuses de la Zambie, ainsi que la demande croissante en minéraux utilisés dans les énergies renouvelables, les véhicules électriques et les systèmes de stockage, comme autant d’opportunités pour la transformation, le raffinage, la fabrication de composants (précurseurs de batteries) et la création d’emplois productifs dans les chaînes de valeur vertes.
Mme Bandele a souligné l’importance de l’industrialisation verte. Celle-ci offre l’occasion de mener de front l’industrialisation et l’action climatique, afin de bâtir des industries non seulement plus productives et compétitives, mais aussi plus économes en ressources et en énergie, et plus résilientes face au changement climatique.
Le Membre du Conseil d’administration de la Chambre de commerce et d’industrie de Zambie, M. Paul Chisunka, a appelé à l’adoption d’un « Pacte de Lusaka pour l’industrialisation verte » à l’échelle régionale, afin de transformer les ambitions politiques issues de ces études en projets bancables, en production locale, en transferts de technologie et en emplois durables. Il a insisté sur le fait que la région avait besoin d’usines capables de transformer le cuivre en câbles, les minéraux pour batteries en matériaux pour précurseurs, les déchets agricoles en énergie et en engrais, et le rayonnement solaire en une électricité propre et fiable pour la production.
M. Chisunka a préconisé que ces études soient regroupées en une proposition unique reliant l’énergie, les minéraux, l’industrie manufacturière, le commerce, les finances, la technologie et les compétences. L’impact de ces initiatives devra être évalué en fonction des usines construites, du nombre d’entreprises africaines développées et de l’amélioration concrète des conditions de vie des citoyens.
Il a souligné la disponibilité de la ZACCI à collaborer avec le gouvernement, la CEA, la CNUCED et d’autres partenaires afin d’identifier des entreprises en vue du développement de chaînes de valeur régionales, de lever les obstacles financiers et réglementaires, et de mettre en relation les fournisseurs locaux avec des entreprises pivots.
L’atelier débouchera sur des recommandations pratiques et des engagements visant à accélérer une industrialisation verte et inclusive en Afrique australe.
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