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5,8 % du PIB, 300 000 emplois : la CEA remet au gouvernement camerounais la première évaluation de la contribution de l’économie bleue

19 octobre, 2026
5.8% of GDP, 300,000 jobs: ECA hands over Cameroon’s first blue economy assessment to the Government

Yaoundé, le 19 octobre 2026 (CEA) — Une valeur ajoutée brute estimée à 1 720 milliards de FCFA, soit 5,8 % du PIB, et près de 300 000 emplois, représentant environ 3 % de l’emploi total : ces chiffres fournissent la contribution réelle de l’économie bleue à la production de richesses et à l’emploi au Cameroun. Ils sont contenus dans un rapport portant première évaluation de l’économie bleue du Cameroun, élaboré par la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) et remis officiellement au Gouvernement camerounais le 13 octobre 2026, en marge de l’ouverture de la 42e session du Comité intergouvernemental des hauts fonctionnaires et experts de l’Afrique centrale (CIE).

Intitulé « Évaluation socio-économique et écosystémique de l’économie bleue au Cameroun : Application de la boîte à outils d’évaluation de l’économie bleue de la CEA », le rapport estime également à environ 22 600 milliards de FCFA par an la valeur des services rendus par les écosystèmes aquatiques, soit l’équivalent de 89,4 % du PIB. Près de 80 % de cette valeur provient des écosystèmes d’eau douce. Qualité de l’eau, régulation du climat, habitats des espèces et protection côtière soutiennent ainsi la production et les moyens de subsistance. Une richesse pouvant être mobilisée dans le cadre de la valorisation économique du capital naturel.

L’évaluation de l’économie bleue du Cameroun précise aussi les filières qui structurent la contribution économique de ce secteur. La pêche, l’aquaculture et la transformation du poisson concentrent plus des deux tiers de la valeur ajoutée bleue mesurée et plus de 80 % des emplois bleus. L’hébergement et la restauration associés au tourisme bleu représentent, pour leur part, environ 15 % de cette valeur ajoutée. Ces résultats mettent en évidence une base productive sur laquelle développer des investissements, des entreprises et des emplois à plus forte valeur ajoutée.

Pour Paul Tasong, Ministre délégué auprès du Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire de la République du Cameroun, ces résultats ouvrent des perspectives concrètes : « Il y a donc ici une grande opportunité en termes de diversification de notre économie, de création d’emplois, de mobilisation des ressources intérieures et de dynamisation du secteur privé ».

Réalisée à la demande du Gouvernement camerounais, l’étude constitue, dans la sous-région Afrique centrale, la première application de la boîte à outils d’évaluation de l’économie bleue de la CEA (BEVTK). L’évaluation a été réalisée avec l’appui financier de DANIDA (Agence danoise pour le développement international). Celle-ci permet d’évaluer conjointement les dimensions économiques, sociales et écosystémiques des activités liées aux ressources marines et aux eaux intérieures. Une équipe d’experts a conduit les travaux avec les administrations nationales. Les résultats ont été validés lors de la Semaine de l’économie bleue au Cameroun, qui s’est ouverte le 24 janvier avec le soutien de la CEA à la Journée nationale de nettoyage des plages du Cameroun 2025, organisée par l’Association for Community Awareness (ASCOA) et des groupements environnementaux locaux, avant de se poursuivre avec des activités de sensibilisation, de formation et de validation organisées du 27 au 30 janvier.

« Nous tenons à remercier le Ministère de l’économie et le Gouvernement du Cameroun pour la confiance renouvelée à la CEA et l’engagement constant dans ce processus, ainsi que pour leur rôle croissant dans la promotion de l’économie bleue aux niveaux national et régional » a salué Jean Luc Mastaki, Directeur du Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale de la CEA.

Pour transformer cette connaissance en gains économiques, l’étude recommande de développer l’aquaculture durable et de renforcer la transformation, la conservation et la commercialisation des produits halieutiques. Réduire les pertes et améliorer l’accès aux marchés doivent permettre de mieux rémunérer les producteurs et les transformateurs, de soutenir la sécurité alimentaire et de réduire la dépendance aux approvisionnements extérieurs. En complément, l’étude préconise de poursuivre les investissements portuaires et logistiques, notamment autour de Kribi, en renforçant leurs liens avec la pêche, le tourisme et les services.

La valorisation économique exige parallèlement de préserver les écosystèmes qui la rendent possible. « Il s’agit d’un patrimoine naturel considérable, encore insuffisamment intégré dans les décisions publiques, les politiques d’investissement et les cadres de planification », a souligné Jean Luc Mastaki. La protection et la restauration des milieux aquatiques doivent ainsi entrer dans les choix d’investissement pour préserver les activités et les communautés qui en dépendent.

Le passage à l’investissement suppose également une coordination interministérielle dotée de responsabilités claires et l’intégration des priorités bleues dans la planification et les budgets. Le rapport recommande un portefeuille de projets assortis d’indicateurs d’impact et d’analyses des risques pour mobiliser des financements publics, privés et concessionnels. L’accompagnement des PME dans la préparation de projets finançables doit rapprocher les opportunités identifiées des exigences des investisseurs.

Ces investissements doivent aussi élargir les perspectives des femmes et des jeunes. Des formations aux métiers bleus, reliées à des stages, des certifications et des partenariats avec les entreprises, sont recommandées pour faciliter leur insertion. Le renforcement de la sécurité maritime et de la coopération régionale complète ces conditions de développement.

Plusieurs activités, notamment le transport maritime et les services portuaires, demeurent toutefois insuffisamment mesurées. Le rapport recommande donc de pérenniser la BEVTK, sous le pilotage de l’Institut national de la statistique, un plan de développement des données et des mises à jour régulières pour affiner cette situation de référence et suivre les résultats des politiques publiques.

« Ce rapport sur l’évaluation socio-économique et écosystémique de l’économie bleue dans notre pays, constitue donc un précieux outil d’aide à la décision. Nous en ferons bon usage. Nous remercions une fois de plus la Commission Economique pour l’Afrique pour son appui constant aux efforts de diversification de notre économie » a indiqué Paul Tasong. 

L’étude sur le Cameroun prolonge le rapport « Tirer parti de l’économie bleue en Afrique centrale : perspectives et enjeux pour la croissance bleue », également lancé le 13 octobre. Première production du Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale de la CEA sur ce secteur, cette analyse avait recommandé des évaluations nationales utilisant la BEVTK pour mieux mesurer les ressources bleues et orienter leur valorisation.

En reliant diagnostic régional, évaluation nationale et priorités d’action, la CEA accompagne les pays dans la mobilisation de leurs ressources bleues au service de la diversification. Dans la seconde moitié de la décennie de la diversification économique en Afrique centrale (2021–2030), l’objectif est de développer la production et l’emploi tout en préservant le capital naturel qui les soutient.

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Zacharie Roger MBARGA | Communications Officer
United Nations Economic Commission for Africa
637, rue 3.069, Quartier du Lac, Yaoundé, Cameroon
Tel: (+237) 222504348
Email: zacharie.mbargayene@un.org

Pour en savoir plus :

Évaluation de l’économie bleue au Cameroun

Tirer parti de l’économie bleue en Afrique centrale : perspectives et enjeux pour la croissance bleue

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Publié par :
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