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Allocution de S.E. Madame Néfertiti Mushiya Tshibanda à la célébration de la Journée internationale de la langue maternelle

25 février, 2026
Remarks by H.E. Mrs. Néfertiti Mushiya Tshibanda at the International Mother Language Day

Allocution de S.E. Madame Néfertiti Mushiya Tshibanda,

Représentante de l’OIF auprès de l’UA et de la CEA

 

Célébration de la Journée internationale de la langue maternelle

CEA, le 25 février 2026

 

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Chères/Chers invités,

 

Chaque langue que nous célébrons aujourd’hui porte en elle une vision du monde, une mémoire collective et une manière singulière d’habiter l’avenir. En Afrique, continent de la jeunesse et de la diversité, chaque langue est un patrimoine vivant. La richesse linguistique est l’une des plus grandes au monde, et la défense des langues maternelles est un enjeu de dignité, d’équité et de souveraineté culturelle. Elle est au cœur de l’inclusion, de la participation citoyenne et de la stabilité des sociétés. La promotion de la diversité culturelle et linguistique est le fondement même du projet francophone. En ces temps de bouleversements du multilatéralisme, elle est plus que jamais la marque de son plaidoyer porté sur la scène internationale. Elle est aussi le fil conducteur de son action, sur le terrain, au bénéfice des populations.

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) est fière de se joindre chaque année à la célébration de la Journée internationale de la langue maternelle. Je voudrais remercier chaleureusement la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique et les Ambassades partenaires pour l’invitation qui nous a été adressée.

Si l’OIF a fait du multilinguisme l’une de ses priorités, c’est parce qu’elle est convaincue que le respect des langues est indissociable de l’action pour la paix et pour le développement. Et pour l’OIF, la cohésion sociale et le vivre-ensemble se construisent dès l’école, chaque jour, dans chaque salle de classe.

La langue est un marqueur identitaire, et les langues jouent de ce fait un rôle essentiel dans la vie des sociétés et dans l’épanouissement des individus, dans la transmission des valeurs comme des savoirs. Malheureusement, certaines langues sont invisibilisées.

Selon l’UNESCO, plus de 4 élèves sur 10 dans le monde n’ont toujours pas accès à l’éducation dans la langue qu’ils parlent ou comprennent le mieux. Dès lors, les apprentissages de ces élèves sont fragilisés et les inégalités creusées face à ceux ayant accès à un enseignement dans leur langue maternelle.

L’OIF, à travers l’Institut de la Francophonie pour l’éducation et la formation (IFEF) basé à Dakar, se penche sur ce défi depuis 2012, en déployant le programme « ELAN – Ecoles et Langues nationales ».

En articulant une langue africaine et la langue française au niveau de l’éducation de base pour faciliter et améliorer les apprentissages et les enseignements, le programme ELAN propose une approche innovante pour un enseignement bi-plurilingue utilisant, d’une part, les langues nationales africaines, langues comprises et valorisées par les élèves et particulièrement leur langue maternelle et, d’autre part, le français. Il promeut ainsi une éducation inclusive pour toutes et tous.

A l’heure actuelle, le programme ELAN apporte son appui, technique et financier, à 13 pays partenaires en Afrique subsaharienne. Il est mis en œuvre grâce à l’engagement des Ministères de l’éducation et services éducatifs déconcentrés, des écoles normales de formation des enseignants, des facultés et départements de linguistiques ou sciences de l’éducation des universités, ainsi que des écoles primaires.

Les résultats pour les populations sont tangibles : 46 langues nationales africaines outillées, 230.000 enseignants impactés, et 11,5 millions d’élèves touchés.

Ces résultats encourageants nous rappellent toutefois que les progrès accomplis doivent être consolidés et amplifiés. Ils appellent à un engagement renouvelé des Etats, à un renforcement des partenariats et à une coopération accrue entre organisations régionales et internationales.  

Afin de célébrer les valeurs qui sous-tendent cette action, l’IFEF a organisé cette année la 2ème édition du « concours de contes en langues nationales » sur le thème « Vive la diversité linguistique ! », dont les résultats ont été publiés le 21 février 2026.  

Quatre contes ont été primés :

un conte en kabiyè porté par la classe de CM2 de l’École primaire publique Tchaloudè au Togo ;
un conte en dioula porté par la classe de CE2 de l’École primaire publique de Kong en Côte d’Ivoire ; un conte en soso porté par la classe de CM2 de l’École primaire publique de Gangan en Guinée ; et un conte en fulfulde porté par la classe de CM1 de l’École EPPPM Meskin G2 au Cameroun.

Ce concours a mis en lumière celles et ceux qui incarnent l’avenir des langues. Car partout où des élèves apprennent, racontent, chantent et créent dans leurs langues maternelles, ils font de celles-ci des outils d’apprentissage, d’expression et de fierté.

C’est avec un réel plaisir que nous vous livrons les extraits des contes lauréats.

Investir dans les langues maternelles, c’est investir dans la paix, la cohésion sociale et dans l’avenir du continent.

Et comme on dit en Tshiluba qui est ma langue maternelle : [Ndi munu twasakidila]

Ce qui veut dire en français: Je vous remercie.