Tanger, Maroc, le 31 mars 2026 – La Commission économique pour l’Afrique (CEA), en partenariat avec l’Union internationale des télécommunications et le Gouvernement du Royaume du Maroc, a organisé un évènement parallèle intitulé « Améliorer les flux commerciaux de l’Afrique grâce à des infrastructures et des opérations portuaires optimisées », lors de la cinquante-huitième session de la Conférence de la CEA réunissant les ministres africains des finances, de la planification et du développement économique.
Cet évènement a rassemblé des représentants de divers ministères, des autorités de gestion des ports et des corridors maritimes, des institutions financières, des autorités de régulation et des experts du secteur privé afin d’examiner les enjeux cruciaux liés aux infrastructures portuaires et à leur impact sur le commerce.
Les participants à cette plateforme de haut niveau ont analysé l’influence des infrastructures portuaires sur les coûts de transport et le commerce, et ont partagé leurs expériences et leurs points de vue sur le potentiel transformateur des technologies de pointe dans la gestion portuaire. L’évènement a également permis de diffuser les conclusions des recherches de la CEA sur la relation entre les ports, les coûts du transport maritime et le commerce en Afrique.
Dans son discours d’ouverture, la Secrétaire exécutive adjointe (appui aux programmes) de la CEA, Mme Mama Keita, a souligné que la compétitivité commerciale de l’Afrique est fortement compromise par des systèmes portuaires et de transport inefficaces et coûteux. Elle a insisté sur l’urgence de « moderniser, de digitaliser les ports africains et de renforcer leur connectivité avec l’arrière-pays par le biais du réseau ferroviaire », ajoutant que cela nécessiterait « une mobilisation massive d’investissements ».
En ouverture, le Directeur de la Division de la technologie, de l’innovation, de la connectivité et du développement des infrastructures de la CEA, Robert Lisinge, a présenté les conclusions de l’étude menée par la CEA. Cette étude a identifié l’efficacité portuaire, la qualité des infrastructures et la connectivité ferroviaire comme des facteurs clés du commerce international. Il a également noté que le commerce intra-africain dépend davantage de la capacité physique des ports, notamment de la longueur maximale des navires qu’ils peuvent accueillir, ainsi que de la présence de terminaux de vrac et pétroliers.
Des représentants de l’Agence nationale des ports du Maroc, du port de Tanger Med, des institutions de gestion du corridor, de l’Association de gestion portuaire d’Afrique orientale et australe (PMAESA) et de la Banque mondiale ont souligné le rôle crucial de la numérisation dans l’amélioration des performances portuaires. Le Directeur des terminaux à conteneurs de l’Autorité portuaire de Tanger Med, M. Hicham Kharoufi, a mis en avant le succès du port, fruit d’une vision nationale à long terme, d’une situation stratégique, de partenariats public-privé solides et d’une recherche constante d’efficacité opérationnelle. Il a également souligné que les progrès en matière de connectivité, de digitalisation et de transition énergétique – notamment l’engagement d’un approvisionnement 100 % en énergies renouvelables pour les opérations portuaires – ont transformé Tanger Med en une plateforme logistique mondiale où l’efficacité, la fiabilité et la durabilité se renforcent mutuellement.
Le Responsable mondial du transport maritime et des ports au sein du Groupe de la Banque mondiale, M. Jan Hoffmann et le Directeur exécutif du Secrétariat du corridor trans-Kalahari (TKCS), M. Lesli Mpofu, ont tous deux insisté sur l’importance d’adopter une approche de « guichet unique ». Cela implique la digitalisation et la centralisation de tous les processus administratifs, logistiques et réglementaires liés aux ports au sein d’un système unique et coordonné, afin de rationaliser les opérations et de réduire considérablement les délais pour les acteurs du secteur maritime et commercial. « La modernisation et la digitalisation du transport multimodal recèlent un immense potentiel pour améliorer l’efficacité des corridors, réduire les temps de transit et harmoniser les systèmes douaniers », a déclaré M. Mpofu.
La réunion s’est conclue par les recommandations suivantes :
-
Un système digitalisé unifié et efficace pour optimiser l’ensemble de la chaîne des opérations portuaires.
-
La mise en place d’un réseau de transport routier et ferroviaire performant pour garantir l’efficacité portuaire.
-
Reconnaître que, si l’augmentation du nombre de ports peut améliorer les performances, la collaboration entre les ports de différents pays est tout aussi essentielle.
-
Des actions concrètes pour soutenir les pays et une diffusion plus large de l’étude de la CEA.
Messages clés du rapport de la CEA :
-
Le transport maritime mondial privilégie les ports dotés de liaisons intermodales fiables et bien connectées, tandis que le commerce intra-africain est davantage influencé par les caractéristiques physiques des ports, telles que la longueur maximale des navires qu’ils peuvent accueillir.
-
L’efficacité, la qualité des infrastructures et la connectivité ferroviaire sont des facteurs déterminants du commerce international.
-
La taille d’un port ne suffit pas ; une porte d’entrée performante vers l’arrière-pays est essentielle à la compétitivité mondiale.
-
Les installations Ro-Ro et les liaisons ferroviaires peuvent réduire les coûts de transport de 17 à 38 %.
-
La concurrence portuaire est importante : la présence de plusieurs ports au sein d’un même pays peut réduire les coûts par tonne-kilomètre de 24 %.
-
Une baisse de 1 % des coûts de transport entraîne une augmentation d’environ 0,24 % des échanges commerciaux.
Publié par :
La Section de la communication
Commission économique pour l’Afrique
BP 3001
Addis-Abeba (Éthiopie)
Tél. +251 11 551 5826
Adresse électronique : eca-info@un.org
