Kigali, Rwanda, le 20 février 2026 (CEA) - La Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) a organisé un dialogue multisectoriel de deux jours à Kigali afin de lever les obstacles persistants au commerce régional et d’accélérer la mise en œuvre des protocoles relatifs à l’Union douanière et au Marché commun. Cette réunion a rassemblé de hauts responsables gouvernementaux, des experts techniques et des dirigeants du secteur privé des huit États partenaires pour discuter de mesures concrètes permettant de traduire les cadres juridiques régionaux en gains économiques tangibles.
Dans son discours d’ouverture, le Directeur du Bureau de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) en Afrique de l’Est, M. Andrew Mold, a présenté une communication intitulée « Défis actuels à la réalisation des objectifs de la Stratégie d’industrialisation de la CAE 2012-2032 : la route est-elle encore longue » ? Il a souligné que, malgré une vision claire définie par la région pour la construction d’un secteur manufacturier moderne, compétitif et dynamique, celle-ci peine encore à atteindre plusieurs objectifs de développement à long terme.
La stratégie d’industrialisation de la CAE (2012-2032) fixe des objectifs ambitieux, notamment celui de porter les exportations de produits manufacturés à 60 % du commerce total de marchandises et d’accroître la valeur ajoutée locale de 8,6 % à 40 % au cours de la prochaine décennie. Cependant, M. Mold a souligné certains obstacles à la réalisation de ces objectifs, notant que « ces dernières années, le secteur manufacturier dans la région a stagné, voire diminué en pourcentage du PIB ». Il a noté qu’environ 60 % de la production manufacturière de la région est concentrée dans le secteur agroalimentaire, les boissons alcoolisées représentant à elles seules près d’un tiers de ce total. Par conséquent, la demande non satisfaite est de plus en plus comblée par des producteurs étrangers.
Témoignant de ces pressions concurrentielles, M. Mold a également observé que la part combinée des importations en provenance de Chine et d’Inde a atteint environ 35 % du total des importations de la région, malgré l’existence du tarif extérieur commun de la CAE. Il a insisté sur la nécessité d’élaborer des stratégies pour reconquérir le marché régional afin de réduire l’écart croissant entre la demande intérieure et la production locale. Prenant le Kenya en exemple, il a souligné que le pays exporte 45 % de ses marchandises vers les marchés africains, contre seulement 21 % vers l’Europe, ce qui se traduit par un excédent commercial important de 1,2 milliard de dollars des États-Unis avec le continent.
« L’objectif de cette approche de reconquête des marchés est de transformer la CAE en un marché intégré, inclusif et compétitif, capable de libérer tout le potentiel industriel de la région », a-t-il déclaré.
Construire un marché régional résilient
Le dialogue s’est déroulé en présence du Ministre rwandais du commerce et de l’industrie, M. Prudence Sebahizi, et de la Secrétaire générale de la CAE, Mme Veronica Nduva. M. Sebahizi a réaffirmé l’engagement du Rwanda à réduire les coûts logistiques et à renforcer les systèmes numériques afin de garantir que les échanges commerciaux se déroulent « au rythme des affaires ».
Les participants ont insisté sur la nécessité d’harmoniser les réglementations, de renforcer la volonté politique et de coordonner les investissements dans les infrastructures pour libérer le potentiel des chaînes de valeur régionales et améliorer la compétitivité.
Le dialogue s’est conclu par un appel au Conseil des ministres de la CAE à adopter des mécanismes d’application plus stricts et à accélérer la mise en œuvre des mesures correctives commerciales régionales afin de protéger les industries locales et de promouvoir une concurrence loyale au sein du bloc.
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