Vous êtes ici

Le Pacte pour l’avenir doit produire des résultats concrets pour les Africains, déclare Claver Gatete (CEA)

13 octobre, 2026
Pact for the Future must produce measurable results for Africans, says ECA’s Gatete

Addis-Abeba, le 13 octobre 2026 (CEA) – Le Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Claver Gatete, a exhorté les pays africains à traduire les engagements du Pacte pour l’avenir en programmes de développement dotés de financements adéquats et assortis de résultats mesurables, lors d’une réunion à New York avec des dirigeants africains et de hauts responsables des Nations Unies.

S’exprimant lors d’une réunion de haut niveau le 22 septembre, en marge de la quatre-vingt-unième session de l’Assemblée générale des Nations Unies, M. Gatete a plaidé pour un alignement plus étroit entre le Pacte, l’Agenda 2063 de l’Union africaine et les plans et budgets nationaux de développement, tout en abordant les questions de la dette, des coûts élevés de l’Union et des autres obstacles à l’investissement.

Adopté en septembre 2024, le Pacte définit 56 actions couvrant le développement durable, la paix et la sécurité, la science et la technologie, la jeunesse et les générations futures, ainsi que la gouvernance mondiale.

La réunion a permis d’évaluer les progrès accomplis deux ans après l’adoption du Pacte et les défis à relever avant l’examen de 2028.

S’appuyant sur ses échanges à travers le continent, M. Gatete a décrit la situation de jeunes entrepreneurs aux activités numériques prometteuses mais ayant peu accès à des capitaux abordables, celle de responsables gouvernementaux contraints de choisir entre le service de la dette et le financement des services publics essentiels, et celle des agriculteurs confrontés à des problèmes d’irrigation, d’assurance et d’accès aux marchés.

« C’est donc là qu’accélérer la mise en œuvre doit faire la différence », a-t-il déclaré.

Il a présenté trois priorités, insistant sur la nécessité d’aligner le Pacte sur les plans de développement existants, de mobiliser des financements pour les infrastructures et l’emploi, et de mesurer les progrès accomplis au regard des résultats attendus en matière de développement.

M. Gatete a invité les pays à mettre en perspective les 56 actions du Pacte avec l’Agenda 2063, les objectifs de développement durable et leurs budgets nationaux afin d’identifier les lacunes et les sources de financement.

« L’Afrique doit également présenter des programmes concrets d’investissement, et non pas simplement une liste de besoins », a-t-il affirmé.

Concernant la mobilisation des ressources nationales, M. Gatete a souligné que le ratio impôts/PIB du continent s’élève à 16 %, contre 34 % dans l’Union européenne, arguant que les pays africains doivent redoubler d’efforts pour générer les ressources nécessaires au financement de leur développement.

Il a également appelé à des réformes du système financier international, où la dette et les coûts d’emprunt élevés freinent l’investissement, et à une plus grande influence africaine au sein des institutions qui façonnent les décisions en matière de finance, de fiscalité, de technologie, de paix et de sécurité, notamment le Conseil de sécurité des Nations Unies.

Afin de renforcer la responsabilisation, la CEA a proposé la création d’un groupe d’experts annuel axé sur l’Afrique, établissant un lien entre les engagements du Pacte et l’Agenda 2063, les objectifs de développement durable et les priorités nationales. Ce mécanisme permettrait de suivre les progrès accomplis, d’identifier les lacunes et les besoins de financement, et d’évaluer les résultats au moyen d’indicateurs tels que la création d’emplois, la réduction des coûts pour les entreprises et l’amélioration de la connectivité.

« L’histoire ne s’attardera pas sur la manière dont nous avons décrit l’avenir. Elle s’interrogera sur notre capacité à le financer, à rendre les institutions mondiales plus représentatives et à le concrétiser dans la vie de nos populations », a conclu M. Gatete.

La Présidente namibienne Nandi-Ndaitwah, dont le pays a co-facilité les négociations sur le Pacte, a souligné la responsabilité des pays africains dans sa mise en œuvre. Elle a cité les investissements de la Namibie dans l’éducation, l’entrepreneuriat des jeunes et la transformation numérique, et a appelé à une mobilisation accrue des ressources nationales, à la lutte contre les flux financiers illicites et à une participation africaine renforcée à la coopération fiscale internationale.

La Vice-Présidente de la Commission de l’Union africaine Selma Malika Haddadi, a reconnu les progrès accomplis dans la mise en œuvre de certains engagements du Pacte, mais a mis en garde que cette mise en œuvre n’était pas encore à la hauteur des ambitions de l’accord.

« Notre tâche est de continuer à participer activement à la construction du système multilatéral, non pas en nous contentant de siéger à la table des négociations, mais en influençant directement l’ordre du jour des discussions », a-t-elle déclaré.

La CEA continuera de collaborer avec la Commission de l’Union africaine, la Banque africaine de développement, les États membres et d’autres partenaires afin d’élaborer des programmes d’investissement et d’appuyer leur mise en œuvre en vue du réexamen prévu du Pacte en 2028.

La réunion, présidée par le Président Nandi-Ndaitwah et organisée conjointement par la Namibie, la Zambie, l’Union africaine et les partenaires des Nations Unies, dont la CEA, a également rassemblé le Président kenyan William Ruto, le Président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, la Vice-Présidente ougandaise Jessica Alupo, des ministres africains et de hauts responsables de l’ONU.

Publié par :
Section de la communication
Commission économique pour l’Afrique
B.P. 3001
Addis-Abeba
Éthiopie
Tél : +251 11 551 5826
Email : eca-info@un.org