Addis-Abeba, le 22 mai 2026 – « L’Afrique ne se transformera pas sans sa jeunesse, et la jeunesse africaine ne transformera pas le continent sans opportunités ». Tel était le message central de la Directrice du Bureau sous-régional de la CEA en Afrique australe, Mme Eunice G. Kamwendo, lors d’un webinaire préparatoire au Forum africain de l’impact des politiques publiques sur le développement, organisé le 14 avril 2025 sur le thème « Libérer les chaînes de valeur régionales : autonomiser les entreprises dirigées par les jeunes en Afrique pour leur succès dans le cadre de la ZLECAf ».
Organisé par le Bureau sous-régional de la CEA en Afrique australe, en collaboration avec le Forum de la jeunesse d’Afrique australe, ce webinaire a réuni des décideurs politiques, des représentants du secteur privé, des organisations de jeunes, des entrepreneurs et des partenaires au développement afin d’examiner comment la Zone de libre-échange continentale africaine peut devenir un véritable moteur pour l’entrepreneuriat des jeunes, l’industrialisation et la création d’emplois.
En ouvrant la session, la Directrice de l’IDEP, Mme Karima Bounemra Ben Soltane, a déclaré que le Forum africain de l’impact des politiques publiques sur le développement se positionne comme une plateforme orientée vers l’action, axée sur la mise en œuvre, des résultats mesurables et des solutions de développement à grande échelle. Elle a souligné que l’Afrique doit créer environ 15 millions d’emplois par an pour tirer parti de son Dividende démographique, ce qui place l’emploi des jeunes et le développement des entreprises au cœur du programme de transformation du continent.
Les intervenants ont insisté sur le fait que la jeunesse de la population africaine représente à la fois une opportunité et un risque. Bien que le continent possède la population la plus jeune du monde, de nombreux jeunes restent prisonniers du chômage, du sous-emploi et d’activités informelles de subsistance. Les participants ont mis en garde que, sans soutien ciblé, les entreprises dirigées par des jeunes auront du mal à profiter des opportunités offertes par la ZLECAf.
Le Directeur exécutif des stratégies de politique commerciale et industrielle, M. Saul Levin, a déclaré que les jeunes entrepreneurs manquent souvent des conditions nécessaires à la création d’entreprises compétitives, notamment de capital, d’expérience professionnelle, de réseaux de marché, de compétences techniques et d’institutions de soutien. Il a noté que de nombreuses petites entreprises restent concentrées dans des secteurs à faible productivité, ce qui limite leur capacité à s’intégrer aux chaînes de valeur régionales.
Le Président du Conseil des entreprises de la SADC, M. Khulekani Mathe, a souligné que les économies nationales demeurent le fondement d’une intégration régionale réussie. Il a plaidé pour des programmes de développement des fournisseurs plus robustes, permettant de connecter les entreprises dirigées par des jeunes aux grandes entreprises, d’améliorer les normes de qualité et d’aider les petites entreprises à passer des marchés nationaux aux chaînes de valeur régionales.
Des expériences commerciales concrètes ont donné vie à la discussion. La Fondatrice de Wingy General Dealers en Zambie, Mme Tasha Chitika, a partagé les enseignements tirés du commerce transfrontalier de sel iodé provenant de Namibie et du Botswana. Elle a mis en lumière l’accès à des informations fiables sur le marché, les coûts de transport élevés, les intermédiaires, les contraintes de change et les inefficacités aux frontières comme autant de défis majeurs pour les jeunes commerçants. Elle a également mentionné la logistique de retour, le paiement mobile et le certificat d’origine de la SADC comme des outils pratiques susceptibles de réduire les coûts et d’améliorer le commerce transfrontalier.
De Namibie, Mme Katrina Amupolo, du Conseil namibien de promotion et de développement des investissements, a souligné l’importance des partenariats écosystémiques impliquant les gouvernements, les acteurs du secteur privé, les institutions financières et les partenaires au développement. Elle a présenté le développement des fournisseurs, les initiatives de contenu local, l’appui à la préparation à l’exportation, l’assistance à la certification et les plateformes numériques comme des outils essentiels pour connecter les entreprises dirigées par des jeunes aux chaînes de valeur émergentes.
Les participants ont convenu que la mise en œuvre de la ZLECAf devait s’accompagner d’interventions concrètes, notamment le financement du commerce axé sur les jeunes, les garanties de crédit, l’appui à la certification des normes, les systèmes de paiement numérique, les plateformes d’intelligence de marché, le mentorat et l’amélioration des infrastructures frontalières.
En clôture de la session, la réunion a réaffirmé l’engagement de la CEA à passer du dialogue à un soutien axé sur la mise en œuvre en faveur de l’entrepreneuriat des jeunes, du développement des fournisseurs et de l’intégration des chaînes de valeur régionales.
Les conclusions du webinaire alimenteront les préparatifs du premier Forum africain de l’impact des politiques publiques sur le développement, prévu en juin 2026 à Addis-Abeba, où la CEA et ses partenaires proposeront des solutions pratiques pour garantir que les jeunes entrepreneurs africains ne soient pas de simples spectateurs, mais des acteurs clés de la transformation commerciale et industrielle du continent.
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